Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...
La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits et particulièrement de traductions du merveilleux Blog, si passionné et si riche de NOCTOC. qui m'a permis de transcrire ses textes . Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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Un monument bien aimé restauré : le monastère historique d'Apostolos Andreas à Karpasia



Le travail de restauration a enfin commencé sur l'un des sites les plus sacrés de Chypre

Par Evie Andreou

Les différends politiques ont finalement été mis de côté lorsque des rénovations, datant de plusieurs années, ont finalement commencé sur l'un des monuments les plus symboliques et les plus aimés de Chypre, le monastère historique d'Apostolos Andreas à Karpasia.

Des années de différends et de désaccords entre les Chypriotes grecs et turcs, ainsi que des experts sur la manière dont le complexe devait être restauré, signifiaient que c'est non sans risque que la menace d'un effondrement de la structure pouvait ignorée.

Enfin, en septembre, l'Église de Chypre et la fondation religieuse chypriote turque Evkaf ont signé deux accords de contribution d'une valeur de 2,5 millions d'euros chacun avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui supervise le projet. L'USAID a également fait don de 25 000 euros.


Un travailleur de la construction allume une bougie devant une icône de l'apôtre André dans une chapelle du 15ème siècle au monastère Apostolos Andreas à Chypre
Moins de deux mois après avoir remis les clés du comité technique bi-culturel sur le patrimoine culturel - les facilitateurs de la restauration - des journalistes des deux côtés de la frontière ont été invités mardi par le PNUD à rejoindre le comité du patrimoine et visiter le monastère.

Après près de 30 ans d'interdiction, le monastère situé à l'extrémité de la péninsule de Karpas est accessible aux Chypriotes grecs depuis l'ouverture des checkpoints en 2003, mais ses murs en ruines et son plafond affaissé font de ce lieu saint un lieu empreint de mélancolie.

Le monastère tire ses racines du saint apôtre André lui-même puisque, selon la tradition, le monastère a été construit là où un navire transportant le saint s'est échoué sur des rochers lors d'un voyage en Terre Sainte. L'eau de source naturelle coule du site que les habitants considèrent bénite (ayazma) et possédant des pouvoirs de guérison.

Une petite chapelle a été construite près du rivage au 15ème siècle, tandis que l'église principale du monastère a été érigée en 1867. Le manque de travaux d'entretien depuis l'invasion de 1974 et les additions de mauvaise qualité du 20ème siècle signifiait que le monastère était littéralement en danger de s'effondrer.

L'église est maintenant un chantier de construction et les journalistes invités ont été contraints de porter un casque et une veste de sécurité.

Après un long voyage de trois heures à travers un paysage changeant, des vastes champs de la plaine de Mesaoria à la splendeur côtière de la péninsule de Karpasia, nous sommes arrivés au monastère.

Mais avant de négocier l'échafaudage de la construction, nous avons dû  relever le défi d'ânes sauvages, qui font l'objet  d'une attraction touristique presque autant que le monastère lui-même. Une banane emballée pour une collation, est devenue un régal pour deux jeunes ânes et un membre du groupe a essayé de prendre un selfie avec l'un d'entre eux. Ce n'était pas une tâche facile car ils continuaient à fuir et de diriger vers la prochaine personne dont ils espéraient obtenir  à manger.


Les ânes sauvages sont presque autant une attraction que le monastère

Se détournant de cette distraction, les journalistes ont rencontré des membres du PNUD, des membres du Comité du patrimoine et des ingénieurs de projet qui attendaient à l'église et qui étaient impatients de nous montrer tout ce qui était autour de nous.

"Je suis très heureux de voir des Chypriotes grecs et des Chypriotes turcs travailler ensemble pour restaurer ce monastère, et ce patrimoine, c'est notre devoir de protéger et de transmettre tout cela à nos enfants", a déclaré Andreas Pirishis, co-coordinateur des Comités techniques bicommunautaires.

Après avoir reçu l'ordre de rester sur le chemin et de toujours suivre les instructions des ingénieurs, nous avons été autorisés à entrer dans l'église, en petits groupes à la fois.

Au-dessus de l'église, un bâtiment a été ajouté en 1914 pour accueillir les pèlerins qui y passaient la nuit. Les salles seront transformées en archives et conserveront des objets religieux.

Collée sur le mur de cette addition ultérieure est un morceau de papier altéré, dactylographié et daté du 10 avril 1962.

Un avis aux pèlerins daté de 1962


"Tous les pèlerins sont invités à ne pas écrire ou mettre des clous sur les murs, et à jeter tout ce dont ils n'ont pas besoin dans les poubelles, à  pas poser les matelas sur les planchers et ne pas laisser leurs voitures devant les chambres".

Le bout de papier déchiré rappela aux plus jeunes journalistes les histoires de la maison ou de l'école des nombreuses familles avant l'invasion qui organisaient un pèlerinage au monastère.

S'y rendre n'était pas une tâche facile car le monastère se trouve sur le point le plus au nord-est de l'île, à près de trois heures de route de Nicosie, même aujourd'hui.

Selon le point de départ, cela pourrait prendre deux à trois jours.

Lefki Yiakoumi, âgée de 83 ans, originaire de Kseros, un village du district de Morphou, se souvient bien du pèlerinage.

«Quand j'étais enfant, je me souviens que même les gens se rendaient à pied au monastère d'Apostolos Andreas, de même pour le monastère de Kykkos», a-t-elle dit.

Les quelques chanceux qui possédaient une voiture emmaient avec eux autant de personnes que la voiture pouvait transporter, mais la plupart des gens voyageaient en bus et au moins jusqu'aux années 1950, les promenades à dos d'âne n'étaient pas inhabituelles.

Le monastère Apostolos Andreas était important non seulement parmi les Chypriotes grecs mais aussi les Chypriotes turcs. Au cours de ces pèlerinages, de nombreux Chypriotes turcs demandaient à leurs voisins chrétiens d'allumer une bougie à l'église en leur nom, ils cherchaient aussi de l'aide pour des maux ou apportaient des offrandes au monastère.

"Nous pensons que ce monument n'est pas seulement le patrimoine culturel des Chypriotes grecs mais aussi des Chypriotes turcs et de toute l'humanité", a déclaré Ali Tuncay, co-président du comité technique du patrimoine.

"C'est très important pour nous. Beaucoup de Chypriotes turcs viennent ici pour faire un vœu ", a-t-il dit.

Avant les travaux de restauration, toutes les icônes et objets d'église ont été enlevés et stockés et certains d'entre eux ont été utilisés pour créer un lieu de culte temporaire dans l'une des pièces du complexe du monastère.

"Nous avons mis en place une église temporaire ici jusqu'à ce que les travaux de rénovation soient terminés. C'est ici que nous célébrerons la fête le 30 novembre ", a déclaré le père Zacharias Georgiou, le seul prêtre qui sert l'église et les Chypriotes grecs qui sont restés enclavés dans le village voisin de Rizokarpaso après l'invasion il y a quarante ans. .

Père Zacharias Georgiou

Il est originaire d'Ayia Triada, un village proche de Rizokarpaso, et est arrivé au monastère en juin 1961. Lors de notre visite, il était assis sur une chaise à la porte latérale de l'église de fortune, profitant de la fraîche brise marine.

"Nous espérons que tout se passe bien, c'était notre souhait de rénover le monastère. Si ces travaux n'avaient pas été faits, il serait tombé en ruines", a-t-il dit.

Les travaux sont menés par deux entreprises de construction, l'une chypriote grecque, l'autre chypriote turque.
"Les deux entrepreneurs ont construit une coopération; C'est la première fois que cela se passe à Chypre et nous espérons qu'à l'avenir nous allons développer ce modèle et étendre la restauration des autres monuments, des églises et des mosquées qui sont notre culture commune », a déclaré Glafkos Constantinides, membre de le comité du patrimoine.

La première partie de la restauration en quatre phases devrait durer 19 mois, et le comité du patrimoine espère que cette coopération deviendra un exemple pour toute la région.

"J'espère que cela donnera un exemple à notre région déchirée par l'extrémisme religieux et le fanatisme. Des personnes de nationalités et de religions différentes peuvent travailler ensemble pour le bien commun et créer l'espoir d'un endroit pacifique et meilleur », a déclaré Takis Hadjidimitriou, chef du comité du patrimoine.

(version française par Maxime le minime de l'article d'Evie Andreou  sur le site Cyprus Mail on line) Read More!

Dans le Village de Kakopetria église Agia Theotokos


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Chypre… Athènes et Ankara dans l'impasse

Plus de 40 ans après la partition de Chypre, les négociations entre Athènes et Ankara dans l'impasse

Plus de 40 ans après la partition de Chypre, les négociations entre Athènes et Ankara dans l'impasse
Lors des négociations qui se sont tenues à Genève sur la réunification de l'île, le chef de la diplomatie grecque, Nikos Kotzias, a appelé la Turquie à en finir avec «l'occupation» de la partie nord de l'île. Ankara refuse tout retrait définitif. 
«Une solution juste du problème chypriote signifie avant tout d'en finir avec les causes qui l'ont provoqué, c'est-à-dire l'occupation, la présence de troupes d'occupation et l'existence d'un système de garanties qui a été violé», a déclaré le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias. Il a tenu ces propos devant la presse grecque à Genève, à l'issue de négociations qui s'y déroulaient pour tenter de réunifier l'île de Chypre, divisée entre communautés grecque et turque depuis 42 ans. 



«Notre position reste [...] le règlement du retrait de l'armée turque», a pour sa part déclaré le président chypriote Nicos Anastasiades, en référence aux quelque 30 000 soldats stationnés dans la partie nord de l'île depuis 1974.
Achevée vendredi 13 janvier sans solution, la conférence de Genève avait réuni autour des parties chypriotes les puissances «garantes» de l'île depuis son indépendance : la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, ex-puissance coloniale. 
L'enjeu était de discuter de la sécurité d'une île réunifiée, membre de l'Union européenne. 
Avant l'ouverture de cette réunion, Athènes avait rappelé qu'elle s'opposait à tout droit d'intervention unilatérale pour un pays tiers et réclamait un cadre pour le retrait progressif des troupes turques.   

Hors de question pour Erdogan de retirer ses troupes de Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait quant à lui précédemment réaffirmé que le retrait total des troupes turques de Chypre était «hors de question» pour Ankara. Il a également évoqué des différends sur la présidence tournante d’une Chypre fédérale divisée en deux entités – grecque et turque – jugeant «inacceptable» que les Grecs assurent la présidence pendant quatre mandats contre un seul pour les Turcs.
Selon lui, l’idée avait été émise d’accorder deux mandats aux Grecs pour chaque mandat turc : «Ça, c’est juste. Si nous voulons une paix juste et globale, c’est ainsi qu’il faut procéder», avait-il martelé. Indiquant qu’Ankara n’était pas d’humeur à faire des concessions, il a ajouté : «A part ça, nous leur avons dit [à Genève] que personne ne devait rien attendre de nous.» 
Chypre est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l'île.
Depuis, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud de l'île, où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent dans le nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) autoproclamée n'est reconnue que par Ankara.
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L’avenir de Chypre se joue à Genève cette semaine


Le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades et l’émissaire de l’ONU Espen Barth Eide, ancien ministre norvégien des Affaires étrangères, à leur arrivée à l'ONU le 9 janvier 2017. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
Le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades et l’émissaire de l’ONU Espen Barth Eide, ancien ministre norvégien des Affaires étrangères, à leur arrivée à l'ONU le 9 janvier 2017. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi) 
Le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades, et le dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci affichaient tous les deux un large sourire à leur arrivée lundi matin au Palais des Nations. Les deux dirigeants ont entamé un marathon diplomatique pour essayer de trouver un accord sur la réunification de l’île, scindée en deux depuis plus de quarante ans. L’ONU, qui joue les facilitateurs, faisait preuve, à l’ouverture de ces pourparlers, d’un optimisme prudent.
«Les dirigeants montrent beaucoup de courage, beaucoup de volonté. Cela va être difficile, mais pas impossible. Nous sommes à un moment de vérité», a déclaré l’émissaire de l’ONU Espen Barth Eide, ancien ministre norvégien des Affaires étrangères. Le diplomate n’a pas caché que l’engagement en coulisse de la Turquie, de la Grèce et de la Grande-Bretagne pourrait jouer un rôle déterminant. Les discussions continuent d’achopper sur des points sensibles. Les deux délégations chypriotes ont démarré leurs entretiens en abordant la question du nombre de Chypriotes grecs qui sont fondés à réclamer une propriété dans la partie nord de l’île après l’invasion turque en 1974.
A la différence des précédentes rencontres, qui s’étaient achevées sans résultat, les deux parties ont devant elles une liste resserrée des points qui font toujours blocage. Le plan de travail établi pour la semaine, avec la tenue jeudi d’une conférence internationale, laisse supposer que d’un côté comme de l’autre on n’exclut pas d’arriver à un accord «historique». Même si elle soulève un vent de colère et d’indignation parmi les défenseurs des droits de l’homme, la participation du président turc à un ultime round de discussions consacré aux questions de sécurité est toujours dans l’air. Recep Tayyip Erdogan doit venir retrouver le premier ministre grec, Alexis Tsipras, et la première ministre britannique, Theresa May. Il est peu vraisemblable qu’il ait prévu de se déplacer pour entériner un échec.
La pression mise sur les épaules de Nicos Anastasiades et Mustafa Akinci est énorme. L’Union européenne – dont Chypre est membre – a annoncé que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et la cheffe de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, allaient également se rendre jeudi à Genève. Antonio Guterres est également annoncé. Le Portugais, qui occupe depuis quelques jours seulement le poste de secrétaire général de l’ONU, va y faire son baptême du feu. A la veille de la reprise des pourparlers, il a exprimé l’espoir que «toutes les parties démontreraient la créativité nécessaire à la recherche de solutions innovantes». 
Selon Espen Barth Eide, l’enjeu sécuritaire dépasse les seuls aspects liés au partage de l’île. «Un accord améliorerait d’autres dynamiques dans la région, notamment en Syrie», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Une analyse que partagerait son homologue sur la Syrie, Staffan de Mistura.
(TDG)(Créé: 09.01.2017, 18h25) Read More!