Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...
La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits et particulièrement de traductions du merveilleux Blog, si passionné et si riche de NOCTOC. qui m'a permis de transcrire ses textes . Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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Les minorités chrétiennes à Chypre

Extrait du site du Patriarcat latin de Jérusalemhttp://www.lpj.org/

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La Constitution de 1960 reconnaît que Chypre est formée des deux ethnies grecque et turque. Trois minorités sont également reconnues : les Maronites, les Arméniens et les Latins (catholiques latins). Au moment de l'indépendance, ces trois groupes minoritaires ont été invités à choisir auquel des deux groupes ethniques ils souhaitaient appartenir ; les trois ont choisi le grec. Maronites, Arméniens et Latins ont le droit d'élire un représentant au Parlement. Ce représentant n'a pas le droit à la parole, si ce n'est en commission ou lorsqu'il y est invité.
1. Les Maronites
Les Maronites ont débarqué à Chypre aux VIIème et VIIIème siècles. Dans le passé, ils formaient une part importante de la population de l'île, comptant jusqu'à soixante villages, avec leur église et leurs institutions. Puis leur nombre a diminué peu à peu, jusqu'à n'atteindre guère plus de cinq mille personnes.
À l'heure actuelle, Chypre ne compte plus que quatre villages maronites, situés dans le nord-ouest et en partie occupés par les Turcs : Kormakiti, Assomatos, Karpasha Ayía et Marina.
Au cours de l'invasion de 1974, la plupart des Maronites, en particulier les jeunes, ont fui leurs villages et se sont installés dans le sud de l'île où ils ont peu à peu refait leur vie. Ne sont restés dans les villages que les plus âgés, à l'exception d'Agia Marina qui a été complètement abandonné. Jusqu'à la division de l'île, ceux qui s'étaient installés dans le sud ont eu la permission de retourner dans leurs villages, les Turcs les considérant comme une communauté à part. Aujourd'hui, le passage est beaucoup plus facile pour tout le monde.
Depuis 1988, Chypre des Maronite est un diocèse appartenant au Patriarcat maronite du Liban. S.E. Mgr Joseph Soueif est l'archevêque maronite actuel de Chypre. Né en 1962, il a été élu archevêque de Chypre des Maronites le 29 octobre 2008, et consacré le 6 décembre suivant. Il a succédé à Mgr Boutros Gemayel.
Les paroisses maronites sont actuellement au nombre de huit : trois dans le nord, trois à Nicosie, une à Larnaca et une à Limassol. Elles sont desservies par cinq prêtres diocésains (quatre Chypriotes et un Libanais) et trois moines Antonins (deux Chypriotes et un Libanais). Ces derniers ont leur monastère à Kotsatis, village situé à environ 15 km de Nicosie où vivent de nombreux Maronites ; ils ont aussi la charge de la paroisse locale. Trois moniales Antonines libanaises sont au service de l'archevêque. Elles vivent dans un couvent qui vient d'être construit.
A Chypre, la liturgie maronite est célébrée en arabe et en araméen, mais aujourd'hui de nombreuses parties sont traduites en grec.
2. Les Arméniens orthodoxes
Les Arméniens ont vécu à Chypre pendant des siècles. Ceux qui y vivent actuellement sont venus de l'Arménie et de la Turquie après le génocide de 1915-1923. Ils sont environ deux mille et vivent principalement à Nicosie, Larnaca et Limassol.
Avec l'occupation turque de l'île, ils ont perdu à Nicosie l'église, le couvent, l'école et les maisons situées derrière l'église de la Sainte-Croix. Ils avaient aussi un monastère sur les pentes de la montagne Pentadattilo, dans le nord de l'archipel du même nom. Il y a deux ans environ, les Turcs ont voulu en faire un hôtel ou un établissement du même genre. Il a fallu de nombreuses protestations et jusqu'à l'intervention du Saint-Siège pour que les travaux soient suspendus.
Actuellement, les Arméniens orthodoxes possèdent trois églises et trois écoles à Nicosie. Depuis 1997, un évêque arménien vit à Nicosie : Mgr Varoujan Hergelian, vicaire du Catholicossat de Chypre pour la Cilicie, avec siège à Beyrouth. Avant lui, un prêtre était le vicaire général.
À Nicosie, les Arméniens possédaient l'école Melkonian, célèbre non seulement à Chypre et au Moyen-Orient, mais aussi aux Etats-Unis. Cet établissement, financé par les deux frères Melkonian, a été construit en 1924-1926. En 2005, l'UGAB (Union Générale Arménienne de Bienfaisance), dont dépend l'école, a décidé de la fermer, vraisemblablement pour estimer le terrain qui, se trouvant au centre de Nicosie, a une très grande valeur. En presque quatre-vingt ans, plus de 1500 jeunes Arméniens ont été diplômés de l'école Melkonian.
Le représentant des Arméniens au Parlement est M. Vartkes Mahdessian, Chypriote arménien.
3. Les Latins
Les catholiques latins ont une longue histoire à Chypre. Elle commence avec l'occupation de l'île par les Templiers à la fin du Xe siècle, se poursuit avec l'établissement du Royaume de Lusignan (1191-1489) puis la domination vénitienne (à partir de 1489). La présence latine se termine brutalement avec l'invasion ottomane de l'île en 1571. Les Turcs n'autorisèrent à rester sur l'île que les orthodoxes et les maronites. Par conséquent, tous les religieux et religieuses latins furent forcés d'abandonner leurs monastères et leurs églises, qui furent soit convertis en mosquées, soit occupés par les orthodoxes. De nombreux fidèles latins quittèrent l'île. Parmi ceux qui restèrent, beaucoup devinrent orthodoxes et même musulmans, en raison des pressions et difficultés en tous genres.
En 1593, les Franciscains de Terre Sainte obtinrent du sultan d'Istanbul le droit de retourner à Chypre. Ils s'installèrent dans l'île après le passage de saint François, lorsque celui-ci alla rencontrer le sultan d'Egypte (1219). La tradition veut que le saint ait laissé deux ou trois frères sur l'île. Ce qui est certain, c'est que les Franciscains vivaient à Chypre à la fin du XIIIe siècle. Pendant des siècles, Chypre a été pour les Frères de la Custodie de Terre Sainte un lieu de refuge.
Les Latins natifs de Chypre sont peu, et leur nombre est en baisse continuelle, principalement en raison des mariages mixtes. Mais vers la fin du XXe siècle, l'Église latine, a été enrichie de nouveaux fidèles en provenance de l'Asie : Philippins, Sri lankais, Indiens, etc. Il s'agit surtout de femmes, qui travaillent dans les familles chypriotes, auprès des ambassades ou à l'ONU. S'y ajoutent de nombreux étudiants en provenance d'Asie, et plus récemment d'Afrique, en particulier du Nigeria et du Cameroun.
Le tourisme, surtout européen et moyen-oriental, est en plein essor dans île. Naturellement, les établissements et sites touristiques se trouvent le long de la côte sud. Les paroisses de Limassol, Paphos et Larnaca sont directement concernées par le phénomène. Chypre reçoit entre 2.5 et 3 millions de touristes chaque année.
Il est difficile de déterminer le nombre exact des fidèles latins de Chypre. Essayons de donner ici quelques chiffres :
1. Les Chypriotes autochtones latins sont au nombre de 350, semble-t-il.
2. D'après les listes électorales, les Latins pouvant voter sont au nombre de 600. Il y a donc des Chypriotes autochtones qui ont acquis la citoyenneté du pays. Selon les calculs officiels, aux 600 électeurs latins, il faut ajouter au moins 300 ou 400 membres de leur famille. On atteint le chiffre d'un millier de personnes environ.
3. A cela il faut ajouter un groupe important – sans doute 2000 personnes – de techniciens, professeurs et hommes d'affaires occidentaux installés à Chypre pour quelques années.
4. Beaucoup de retraités, en provenance de Grande-Bretagne généralement, vivent en permanence à Chypre. Ils sont installés principalement le long de la côte à Paphos, Limassol, Larnaca, mais aussi dans le nord, à Kyrenia. La majorité appartient à la Communion anglicane, mais il y a aussi beaucoup de catholiques parmi eux. Il est difficile de proposer un chiffre.
5. Il y a enfin les travailleurs étrangers. Ceux-ci viennent principalement des Philippines, du Sri Lanka et de l'Inde. Les Philippins, au nombre de 7000 environ, sont presque tous catholiques. Les Sri lankais sont généralement bouddhistes, mais Chypre étant un pays chrétien, de nombreux catholiques arrivent de cette autre île. Ils sont environ 1500. La communauté catholique indienne n'est pas très grande : peut-être 200 ou 300 personnes. Ceux-ci viennent principalement du sud de l'Inde, région où les catholiques sont nombreux. Le nombre de clandestins ne peut être évalué. Dernièrement, de nombreux Africains en provenance du Cameroun, du Nigeria et du Congo ont commencé à arriver à Chypre. Beaucoup d'entre eux sont catholiques, mais il n'est pas encore possible de savoir leur nombre exact. En conclusion, on peut dire que le nombre de travailleurs étrangers catholiques est de 9000 ou 10000 personnes, peut-être plus.
La communauté latine dispose d'un représentant au Parlement. De 1960 à 1976, il s'agissait de John Pietroni ; de 1976 à 1991, de Félix de Cirilli Nores ; depuis 1991, c'est Benito Mantovani.
Fra Umberto Barato, o.f.m.
Vicaire patriarcal à Chypre

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