Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...
La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits et particulièrement de traductions du merveilleux Blog, si passionné et si riche de NOCTOC. qui m'a permis de transcrire ses textes . Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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L'EXIL des CHYPRIOTES en ASIE MINEURE et en SYRIE


Au cours du VIIe siècle un état très inhabituel de «neutralité» ou co-domination fut inauguré pour Chypre entre Byzantins et Arabes, qui instituait une répartition égale du paiement des impôts payés par les Chypriotes entre eux. A Chypre, de cette époque, il y avait des fonctionnaires byzantins en même temps qu'un commandement musulman, (Wali), nommé par les Arabes.

Néanmoins, cet équilibre a été brusquement interrompu en 691 à en raison de l'événement le plus important de Chypre qui a eu lieu sous le règne de l'empereur Justinien II.



A cette époque, pour une "étrange" raison l'empereur a ordonné le transfert de la population de Chypre à Cyzique" , une ville antique de Propontide (mer de Marmara), entre Panormos et Artaki (Hellespont). Il est maintenant clair que la raison de ce transfert de la population chypriote à Cyzique s’est fait surtout en vue de priver le trésor des Arabes des impôts chypriotes, et les détourner à de nombreuses fins importantes (pour l'époque) au service de l’Empire Byzantin : militaire, marine / construction navale et autres, sous le commandement des généraux Karavisianoi.

L’ action malavisée (comme elle fut caractérisée), de Justinien de transférer un grand nombre de Chypriotes à Cyzique eut comme conséquence une action similaire faite par le calife arabe Abd Al-Malik, qui a ensuite transféré le reste de la population chypriote de Chypre vers la Syrie. Cette action signifiait que le calife considérait comme cette partie de la population de Chypre comme ses sujets eu égard à la fiscalité et à d’autres obligations envers lui.

Probablement, l’élite des Chypriotes a été transférée à Cyzique pour le service naval et militaire. En tête de ceux qui furent transférés de Chypre à Cyzique fut l’Archevêque chypriote Mgr Jean et les autres évêques de Chypre. La région de l'Hellespont où s’établirent les Chypriotes prit le nom de Nouvelle Ioustinianoupolis ou Nouvelle ville de Justinien. C’est en raison de cette réinstallation, que l'actuel Archevêque de Chypre a aussi à ce jour le titre d'Archevêque de la Nouvelle-Justinienne et de tout Chypre.


La réinstallation des Chypriotes à (qui fut vécue par beaucoup comme un exil, mais était une pratique courante au Moyen Age) n'a pas duré longtemps, mais a coûté de nombreuses vies à cause de beaucoup de souffrances. Une nouvelle confirmation du traité de 688 entre les Byzantins et les Arabes, qui a probablement été signée en 705, lorsque Justinien est remonté sur le trône (au lieu de 698 à 699 comme on le pensait jusqu'à récemment) a permis le retour des Chypriotes de Cyzique dans leur patrie, mais aussi le retour à l'île des Chypriotes qui avaient été transférés en Syrie.

Avec le retour des Chypriotes dans leur patrie, les Arabes furent également de retour et se réinstallèrent sur l'île (les prisonniers des Byzantins et les autres). Le statut de «neutralité» pour Chypre, fut appliqué à nouveau et il s’en suivit équilibre et coexistence. La prédominance de conditions de paix rendit les échanges entre Chypre et les Arabes beaucoup plus faciles. Chypre servit alors de point de transit.

(Adaptation et version en français de Maxime Le minime d'après NOCTOC")

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