Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...

La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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L' ÂME DE CHYPRE au long des siècles

 source

Vers 1230 avant J.C, les Mycéniens fuient la Grèce continentale, s'installent à Chypre. Des colons Achéens suivirent leurs traces quelques années plus tard. Ils introduisirent à Chypre la langue grecque qui fut adoptée par le peuple Chypriote. Dès le IIème siècle avant J.C, l'île était hellénisée. Les grandes catastrophes naturelles eurent lieu vers 1075 avant J.C. Le peuple Chypriote devait reconstruire de très nombreuses villes. Pour son bonheur et son malheur, le sous-sol de Chypre était riche en cuivre. Le commerce se développa avec les pays méditerranéens, des comptoirs commerciaux s'installèrent sur les côtes de l'île. Cette richesse excita l'envie des grandes puissances de l'époque, il était plus intéressant de conquérir le pays que d'acheter le cuivre. Vers 1900 avant notre ère, les Phéniciens s'installent à Chypre, étendent leur pouvoir sur tout le pays, pour mettre sous leur contrôle les mines de cuivre. Vers 750-745 avant J.C, les Assyriens font la conquête de Chypre, puis vers 570 avant notre ère, le pays est conquis par le Roi d'Egypte : Amasis. Face à l'oppression égyptienne, les Chypriotes deviennent plus conscients de leur identité Grecque. En 545, les Egyptiens cèdent Chypre aux Perses qui opprimèrent sans merci le peuple Chypriote. Leur domination durera deux cents ans. La majorité des Chypriotes firent de leur culture grecque le symbole de la résistance au despotisme oriental. Le goût de la lutte naquit en eux. En 499, les Chypriotes se sont révoltés contre les Perses. La victoire leur échappe et les Perses firent payer cher au peuple, par des crimes et des destructions à grandes échelles. Au cours des 5ème et 6ème siècles avant notre ère, les Chypriotes qui avaient alors acquis une conscience nationale et le sentiment de leur identité grecque, combattirent vaillamment contre les Perses pour reconquérir leur liberté. C'est au milieu de toutes ces luttes que les Rois pro Grecques de Chypre adoptèrent les principes de la démocratie grecque, le mode de vie et l'art grec. Une vague immense d'hellénisme recouvrit Chypre. La domination perse prit fin, Alexandre le Grand fit sa célèbre expédition en Orient, il fut soutenu par les Rois du pays. En 332, la victoire d'Alexandre assura la suprématie grecque en Méditerranée orientale et Chypre fut enfin libérée. L'époque romaine 50 avant jusqu'à 330 après J.C, Chypre fut intégrée à la province de Cilicie. Les Romains exploitent au maximum les richesses de l'île. Ce fut aussi le temps où le christianisme fut introduit à Chypre. C'est sous la domination de Byzance qui dura près de huit siècles que l'hellénisme et le christianisme se développèrent à cette époque. D'importantes constructions, églises, basiliques, furent réalisées. La prospérité régnait sur l'île. Vers le milieu du 8ème siècle, les Arabes du désert firent irruption en Méditerranée orientale. Chypre, bien que bien protégée par la mer, ne fut pas épargnée. Les Arabes pillèrent les villes, détruisant au nom du prophète Mahomet, les basiliques, et toutes représentations religieuses. Ils massacrèrent un très grand nombre de Chypriotes, en dévastant tout sur leur passage. Les Arabes se retirèrent de Chypre, à la condition que l'île leur paie un tribu annuel. Ainsi, les pauvres Chypriotes se trouvaient doublement taxés, à la fois par l'empire de Byzance et les Arabes. Dix ans plus tard, en 653, les Arabes envahissent une nouvelle fois l'île, et massacrèrent ceux des habitants qui ne s'étaient pas enfuis pour se cacher dans des cavernes ou des montagnes. La terrible occupation arabe durera trente ans. L'Empereur Byzantin, Nicéphore Phocas II en 965, reconquit Chypre, infligeant une défaite cuisante aux Arabes et aux Egyptiens. Ainsi, Chypre redevient une province byzantine à part entière. La troisième croisade menée par Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, et de Philippe Auguste, roi de France en 1191, modifia de nouveau les données politiques du pays. C'est à cette époque que Richard Cœur de Lion se marie avec sa fiancée Bérangère à Limassol, après son débarquement à Chypre, il devient le maître de l'île, après avoir massacré quelques milliers de Chypriotes. Chypre fut vendue par Richard aux Templiers qui vendirent quelques mois après, le pays au Comte Guy De Lusignan, seigneur du Poitou. C'était le début de l'époque France en 1193, qui dura plus de trois siècles. En 1499, les Génois, puis les Vénitiens envahissent eux aussi Chypre. Ses richesses et ses positions commerciales en Méditerranée sont la cause de nouveaux malheurs. Le peuple est terriblement opprimé. En dépit de la longue présence de la dynastie latine, les Chypriotes restent fidèles à leur identité…>. SUITE

« Du doux pays de Chypre » : reflets de la littérature chypriote à la BULAC

Dans le prolongement de la table ronde « Au-delà de la Ligne verte : les Arts, bâtisseurs du vivre ensemble dans la société chypriote ? », laissez-vous guider par Mariéva Chalvin et Nicolas Pitsos, chargés de collections pour les domaines turc et grec de la BULAC, à travers l’histoire culturelle et littéraire de Chypre et au sein du fonds chypriote de la bibliothèque, une collection unique en France reflétant la diversité linguistique du pays.

Photos : Maxime Ruscio / BULAC


Cyprus Insula, dans Olfert Dapper, Description exacte des isles de l’archipel, et de quelques autres adjacentes ; dont les principales sont Chypre, Rhodes, Candie, Samos, Chio … Enrichie de plusieurs cartes des isles, et de figures en taille-douce…, A Amsterdam, chez George Gallet, 1703, collections de la BULAC, cote BIULO RES MON Fol 404.

Yurdunu sevmeliymiş insan
yurdunu sevmeliymiş insan
Öyle diyor hep babam
öyle diyor hep babam

Benim yurdum ikiye bölünmüş ortasından 
benim yurdum ikiye bölünmüş ortasından 
hangi yarısını sevmeli insan?
hangi yarısını sevmeli insan?

Poème de Neşe Yaşın dans sa version originale turque (Sümbül ile Nergis, 1978).

Λένε πως ο άνθρωπος πρέπει την πατρίδα ν’ αγαπά
λένε πως ο άνθρωπος πρέπει την πατρίδα ν’ αγαπά
έτσι λέει κι ο πατέρας μου συχνά
έτσι λέει κι ο πατέρας μου συχνά

Η δική μου η πατρίδα έχει μοιραστεί στα δυο
η δική μου η πατρίδα έχει μοιραστεί στα δυο
ποιο από τα δυο κομμάτια πρέπει ν’ αγαπώ;
ποιο από τα δυο κομμάτια πρέπει ν’ αγαπώ;

traduction en grec

Il paraît qu’il faut aimer son pays
Il paraît qu’il faut aimer son pays
C’est ce que dit toujours mon père
C’est ce que dit toujours mon père

Mon pays est coupé en deux
Mon pays est coupé en deux
Laquelle de ces moitiés doit-on aimer ?
Laquelle de ces moitiés doit-on aimer ?

traduction en français par Mariéva Chalvin

Ode à la réconciliation chypriote, ce poème de Neşe Yaşın a été mis en musique par le compositeur Marios Tokkas.


La période antique

En raison de son emplacement géographique, l’île de Chypre a toujours été un point de rencontre de différentes cultures. Influencée dans un premier temps par la civilisation minoenne, l’île voit l’installation de comptoirs mycéniens puis phéniciens, donnant lieu à une mosaïque humaine et culturelle. Passée sous la domination assyrienne, Chypre connaît une brève période d’indépendance au tournant du VIe siècle av. J.-C., avant de tomber dans l’orbite de l’influence égyptienne puis de passer sous la domination perse. C’est pendant cette période que voit le jour et se diffuse l’arcadochypriote, un dialecte du grec ancien également parlé en Arcadie (dans le Péloponnèse) et en Pamphylie (dans la partie sud-ouest de la Turquie de nos jours)1.

La période byzantine, franque et vénitienne

Entrée dans l’œkoumène des royaumes hellénistiques, l’île se romanise progressivement tout en se christianisant. Intégrée dans l’Empire romain d’Orient (plus largement connu sous le nom d’Empire byzantin), elle est conquise par les croisés de la deuxième croisade, dirigés par Richard Cœur de Lion en 1191. Ce dernier lègue Chypre à la dynastie des Lusignans, originaire du Poitou2. L’île reste entre leurs mains jusqu’en 1489, date à laquelle elle est annexée dans l’empire maritime de la Sérénissime3. Le dialecte gréco-chypriote moderne élaboré pendant cette période n’est pas une évolution de l’arcadochypriote, mais de la koinè, le grec de l’époque hellénistique.

Les prémices de la littérature chypriote moderne d’expression hellénophone commencent à se manifester durant la période médiévale. L’adaptation en dialecte chypriote de récits romanesques tels que Διήγησις Απολλωνίου της Τύρου (Récit d’Apollon de Tyr) en témoigne. Au milieu du XVe siècle, Léonce Machairas rédige sa Chronique de Chypre, dont la BULAC conserve une édition bilingue de 1882, avec le texte original en grec (Χρονικον κυπρου) et sa traduction en français4. De cette période datent aussi des poèmes d’amour conçus en dialecte gréco-chypriote, influencés par les courants littéraires de la Renaissance italienne et plus particulièrement par l’œuvre de Pétrarque5.

Leontiou Machaira, Chronikon Kyprou, Paris : E. Leroux, 1882, collections de la BULAC, cote BIULO COL.1890(2).

La période ottomane

En 1571, les Vénitiens sont chassés par les Ottomans, qui deviennent les maîtres de l’île6. Au cours de cette séquence historique qui s’étend jusqu’en 1878, la société chypriote s’organise autour du concept du millet. Ce terme désigne la formation de communautés sur la base d’appartenance religieuse, de sorte à ce que la vie sociale de chaque sujet ottoman chypriote soit définie par son intégration au sein d’un millet et à l’intérieur d’une corporation professionnelle. Deux communautés confessionnelles sont majoritairement représentées, celle regroupant des chrétiens du rite byzantin et celle réunissant des musulmans. Les frontières entre les deux communautés n’étant pas étanches, on constate le phénomène de bi-confessionnalisme, chez des Chypriotes qui se proclament chrétiens lorsqu’ils doivent assurer le service militaire (réservé aux musulmans) et musulmans lorsqu’il s’agit de payer des taxes supplémentaires dues par les non-musulmans.

Jusqu’au début du XIXe siècle au moins, la plupart des tensions sur l’île semblent plutôt émaner des revendications sociales et économiques (révoltes urbaines ou insurrections paysannes contre les fardeaux fiscaux) que d’une quelconque rivalité intercommunautaire fondée sur des critères d’appartenance religieuse. Le nombre de villages mixtes7 et l’existence de conseils où les membres sont élus à partir de listes conçues sans distinction de religion sont une preuve supplémentaire de la bonne qualité des relations intercommunautaires sur l’île8.

À l’époque ottomane, la littérature turcophone sur l’île est surtout de la poésie classique, dite du « Divân ». À la fin du XVIIe siècle, le tekke (couvent) de la confrérie mevlevie (ordre musulman soufi fondé au XIIIe siècle par Jalal al-Din Rumi, aussi dit Mevlânâ) à Lefkoşa et le tekke Hala Sultan de Larnaca sont des centres culturels et littéraires importants qui forment les premiers poètes turcophones de l’île. La plupart des poètes d’expression turque restent liés au mevlevisme jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Le plus ancien que l’on connaisse est Siyahi Dede. Esrar Dede, dont la BULAC possède un recueil (Dīvān-ı belāġat ʿünvān-ı Esrār Dede Efendi), est également un autre poète soufi reconnu. Mais le plus réputé est le mufti Hasan Hilmi Efendi (1782-1847), qui n’est pas représenté à ce jour dans les collections de la BULAC.

« Antique fragments at Limisso », dans Luigi MAYER. Views in the Ottoman Empire, chiefly in Caramania, a part of Asia Minor hitherto unexplored; with some curious selections from the islands of Rhodes and Cyprus, and the celebrated cities of Corinth, Carthage, and Tripoli: from the original drawings in the possession of Sir R. Ainslie, taken during his embassy to Constantinople by Luigi Mayer: with historical observations and incidental illustrations of the manners and customs of the natives of the country, Londres, R. Bowyer, 1803.

L’héritage littéraire grécophone de cette période comprend des ouvrages tels que le récit du pèlerinage à Jérusalem, à la fin du XVIe siècle, de Markantonis Degkrès, un Chypriote de confession chrétienne (Proskynitarion ton Ieorosolymon) ou encore l’histoire chronologique de l’île de Chypre9 rédigée par l’archimandrite Kyprianos et imprimée à Venise en 1788 par l’imprimerie fondée par Nikolaos Glykys10.

Cyprianus, Ιστορία της Κύπρου (Histoire de Chypre), Venise, 1788, collections de la BULAC, cote BULAC RES MON 4 1182.

En 1847, le premier roman de la littérature chypriote grécophone de l’ère moderne est publié à Athènes. Il s’agit de Θέρσανδρος (Thersandros) d’Epameinondas Fragkoudis. Né à Lemesos, il poursuit ses études à l’Académie Ionienne de Corfou. De retour à Chypre, il est nommé directeur de l’École grecque de Nicosie avant d’aller à Constantinople où il devient rédacteur du journal Τηλέγραφος του Βοσπόρου (Tilegraphos tou Vosporou). Parti s’installer à Bucarest, il continue sa collaboration avec plusieurs journaux grécophones, tels qu’Αμάλθεια (Amaltheia) de Smyrne, Νέα Ημέρα (Nea Imera) à Trieste ou I’Ενωσις (Enosis) à Ermoupoli11.

Reproduction en fac-similé de la page de titre de la première édition (1847) du roman Θέρσανδρος(Thersandros) d’Epameinondas Fragkoudis. Collections de la BULAC, cote BULAC MON 16 1195.

La période de l’administration britannique

1878 marque le début de l’ère britannique pour l’île. Pourtant, l’île ne devient officiellement colonie britannique qu’après la fin de la Grande Guerre. L’administration coloniale britannique ne remet pas fondamentalement en cause le système du millet ottoman12. Elle ne fait qu’y greffer sa propre politique de « Divide and Rule », en institutionnalisant les différences ethno-religieuses. En témoignent d’une part la mise en place d’un conseil législatif dont la composition est redevable du poids démographique de chaque communauté confessionnelle, et d’autre part la conception d’un système scolaire séparé avec des écoles en langue grecque et des écoles en langue turque. C’est pendant cette période que des velléités indépendantistes voient le jour, surtout parmi les Chypriotes grécophones13.

De leur côté, les Chypriotes turcophones commencent, dans les années 1930, à s’auto-désigner « chypriotes turcs », sous l’influence des idées nationalistes-kémalistes. Ces entreprises identitaires se heurtent au parti communiste chypriote qui tient un discours anticolonialiste tout en refusant les clivages ethno-religieux. Une partie des Chypriotes grécophones partisans de l’Enossis (c’est-à-dire du rattachement de l’île à l’Etat grec) répondent à l’intransigeance britannique avec la création au mois d’avril 1955 d’une organisation, l’EOKA (Εθνική Οργάνωση Κύπριων Αγωνιστών = Organisation nationale des combattants chypriotes), sous le commandement d’un vétéran de la guerre civile grecque, le colonel Grivas14.

Afin de contrecarrer l’influence de ce mouvement insurrectionnel composé de Chypriotes grécophones, les Anglais décident de mettre en place une force de police auxiliaire, essentiellement composée de Chypriotes turcophones, réputés loyaux à la Couronne. À partir de ce moment, des policiers chypriotes turcophones et des membres de l’EOKA vont fatalement s’affronter. 

De son côté, la Turquie revient sur le règlement de la question chypriote, en proposant une division de l’île (Taksim) comme alternative à l’Enossis. Pour réaliser ses objectifs géopolitiques, Ankara assiste la communauté turco-chypriote dans la création d’une organisation paramilitaire, le TMT (Türk Mukavemet Teşkilatı, Organisation de la Résistance turque). Cette organisation est en réalité la réplique de l’EOKA : elle défend la communauté turco-chypriote autant qu’elle la purge de ses membres communistes et anti-nationalistes.

À partir de juin 1958, les affrontements inter et intra-communautaires se multiplient, d’abord à Nicosie, puis dans toute l’île ; on assiste aux premiers déplacements de populations.

Collections de la BULAC, cote Br.8.341(2).

La génération de l’entre-deux-guerres est influencée par les courants modernistes et l’éclosion des mouvements sociaux. Regroupés autour de la revue Αβγή (Aurore), les écrivains grécophones de cette période partagent une idéologie progressiste, qui se manifeste aussi bien dans le domaine linguistique et la bataille opposant le grec démotique à une version archaïsante du grec moderne, que dans les débats politiques ou les interrogations esthétiques.

Dans Τζιυπριώτικα τραγούδια(Chansons chypriotes), Dimitris Lipertis brosse le tableau d’une société rurale conservatrice. Glafkos Alithersis est le premier écrivain chypriote à utiliser le grec « standard » pour rédiger ses poèmes. Son recueil Μαθητικά τετράδια(Cahiers d’élève) est publié à Alexandrie en 1957. Tefkros Anthias, quant à lui, est persécuté par l’administration britannique, à la fois pour ses idées marxistes et son action anti-coloniale. Dans son Ημερολόγιο C.D.P. (Journal intime C.D.P.), il retrace son expérience d’incarcération sous le régime britannique. La lutte pour l’indépendance et pour le changement social sont des sujets présents dans l’œuvre de Thodosis Pieridis (1908-1968), Kypriakī symfōnia (1956).

Un autre représentant de cette période, Giorgos Filippou Pieridis, raconte dans son roman Οι Βαμβακάδες (Les marchands de coton) le dur labeur des ouvriers du coton à Alexandrie, où il a grandi et travaillé dans des sociétés de commercialisation de ce produit pilier de l’économie égyptienne suite aux réformes introduites par Méhémet Ali.

Sélection bibliographique « …du doux pays de Chypre » dans le catalogue de la BULAC.

Nikos Nikolaïdis, auteur de l’ouvrage Πέρ’ απ’ το καλό και το κακό, traduit en français sous le titre Par-delà le bien et le mal, explore dans son œuvre les zones d’ombre de l’inconscient, tout en étudiant en parallèle, dans la vie de ses personnages, les effets dévastateurs d’un environnement social déprimant. Avec sa nouvelle Ο Αγνωστος (1944), Nikos Vrachimis introduit le monologue intérieur dans la littérature chypriote. Loukis Akritas (1909-1965), proche du président Makarios, publie en 1936 Ο Κάμπος (Le champ), roman inspiré de ses propres expériences de la plaine de Messaoria, brossant un tableau réaliste des conditions de vie des paysans pendant la première période de l’occupation britannique.

Sélection bibliographique « …du doux pays de Chypre » dans le catalogue de la BULAC.

Kaytaz-zâde Mehmed Nâzım Efendi (1857-1924), quant à lui, est non seulement poète, mais aussi l’auteur de deux romans dont Yâdigâr-ı Muhabbet (le premier roman chypriote en turc, publié pour la première fois en 1894) et d’une pièce de théâtre.

Les chypriotes turcophones, à la suite de la Turquie, commencent à utiliser l’alphabet latin à partir de 1929, mais publient très peu entre 1923 et 1955 en raison de la répression anglaise. Dans les années 1930 et 1940, des auteurs tels que Hikmet Afif Mapolar (poète, nouvelliste et romancier très prolifique, auteur de Potuğun pembesi et Mermer kadın), Pembe Marmara, Urkiye Mine Balman ou encore le poète Osman Türkay commencent cependant à écrire.

Sélection bibliographique « …du doux pays de Chypre » dans le catalogue de la BULAC.

C’est dans les années 1950 que l’on voit émerger Özker Yaşın, Taner Baybars, Kutlu Adalı (qui fut d’abord nationaliste turc, puis partisan d’une identité chypriote dépassant le clivage grec-turc et qui fut assassiné pour cela), Neriman Cahit ou encore Fikret Demirağ.

La période de la République chypriote

Dans ce contexte de confrontations intercommunautaires et intracommunautaires, les gouvernements britannique, grec et turc signent l’accord de Zurich qui prévoit l’indépendance de l’île. En août 1960, Chypre devient un État indépendant mais sous tutelle. La constitution de ce nouvel État est imposée par les trois puissances garantes, la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie, sans consultation directe des citoyens chypriotes. Elle pérennise la séparation des deux communautés en deux corps électoraux distincts. Les uns élisent le président, les autres le vice-président, sans que cela puisse donner lieu à des négociations de type transversal, susceptibles de favoriser des alliances fondées sur la proximité idéologique et non sur des « identifications » ethno-religieuses.

L’organisation politique de la nouvelle République ainsi conçue et mise en place montre assez vite ses limites et se heurte à des revendications antagonistes des deux communautés. Les dysfonctionnements institutionnels et les affrontements intercommunautaires se multiplient.

Makarios, le premier président chypriote élu, soutient tout au long de cette période la position de l’indépendance complète et sans conditions ou attaches privilégiées à un pays quelconque. Il essaye de rapprocher les communautés gréco-chypriote et turco-chypriote et se prononce de manière claire et nette contre l’Enossis. En revanche, des bandes armées organisées par Grivas attaquent de nouveau, à partir de 1967, des villages chypriotes turcophones. Dans un tel contexte, la Turquie se prépare à intervenir.

Le prétexte est donné en juillet 1974, quand la garde nationale chypriote et l’armée grecque cantonnée dans l’île renversent l’archevêque Makarios, suite à un coup d’état fomenté et orchestré par la junte grecque. Conformément à l’accord de 1959, le gouvernement d’Ankara intervient. Suite à une deuxième invasion turque en août, la ligne verte ou ligne Attila, qui désigne désormais la ligne de démarcation entre les deux parties de l’île, est tracée. Elle est suivie d’un déplacement de populations grécophones vivant dans le Nord vers le Sud et l’inverse pour des populations turcophones15.

Suite à cette division géographique et territoriale survient la division politique avec la proclamation en 1983 de la République turque de Chypre du Nord, que seule la Turquie reconnaît.

Une division supplémentaire voit le jour au niveau symbolique, comme le constate l’anthropologue chypriote Yiannis Papadakis16. Celui-ci observe, au sein des deux communautés, une construction nationaliste du passé associée à une mémoire sélective concernant les séquences traumatisantes des années avant et après l’invasion de 1974.

Malgré leurs représentations et perceptions divergentes de l’histoire, les deux communautés entament des négociations sous l’égide de l’ONU dès le lendemain de 1974, afin d’arriver à réaliser la réunification de l’île sur le principe d’un État fédéral bi-communautaire et bi-zonal17. En 2004, la République de Chypre adhère officiellement à l’Union européenne. Les négociations pour une solution viable de la « question chypriote » se poursuivent18.

Les expériences traumatisantes des tensions intercommunautaires, du coup d’État et de l’invasion turque ou du déplacement forcé de populations sont des sujets récurrents dans la littérature chypriote d’expression grécophone. Nikos Kranidiotis (1911-1997), proche du président Makarios et co-éditeur de la revue Κυπριακα γραμματα (Lettres chypriotes), fait partie de cette génération19. Giórgos Filíppou Pierídis (1904-1999) évoque la tragédie de la division de l’île dans son œuvre Ο καιρός της δοκιμασίας (Le temps de l’épreuve) (1978). Kyriákos Charalampídīs (1940-….) met en avant le drame des personnes portées disparues dans Θόλος (Tholos, 1989). Pour sa part, Lina Solomidou (1924-2008) essaie de reconstituer les événements du coup d’État et de l’invasion turque à travers des entretiens avec les témoins. Rina Katselli, première femme chypriote à siéger au Parlement, aborde la question des personnes déplacées dans Πρόσφυγας στον τόπο μου (Réfugié dans mon propre pays). De son côté, Manos Kralis (1914-1989) parle des conséquences tragiques de l’invasion dans son ouvrage Γεύση Θανάτου (Gefsi Thanatou, 1974).

Sélection bibliographique « …du doux pays de Chypre » dans le catalogue de la BULAC.

Au-delà des traces de la question chypriote, les écrivains explorent les chemins de l’écriture elliptique ou de la narration polycentrique, à l’instar d’Ivi Meleagrou (1928-2019) dans Ανατολική Μεσόγειος (Méditerranée orientale) (1969). Enfin, le poète et écrivain prolixe Kṓstas Montīs (1914-2004) mêle dans son œuvre Ο αφέντης Μπατίστας και τ΄άλλα (Le seigneur Battista et autres destin) des éléments autobiographiques et historiographiques avec des récits et des légendes populaires.

  • Collections de la BULAC, cote BIULO BR.G.3021.
  • Ce poème de Kṓstas Montīs (traduit ci-dessous) fait référence à la lutte anticoloniale à Chypre sous administration britannique.

Et tout d’un coup la liberté

nous prit aux épaules

et sans hésiter, nous nous sommes jetés

sur la pente ardue.

Kṓstas Montīs, « Révolution chypriote ».

Dans les années 1960, dans le contexte d’une société militarisée et sans liberté d’expression, la poésie turcophone est marquée par deux courants principaux : les « poètes abstraits » – influencés par le courant turc du « second renouveau » (ikinci yeni), le dadaïsme et le surréalisme, et dont les figures de proue sont Kaya Çanca, Fikret Demirağ ou encore Mehmet Kansu (également auteur d’essais et de nouvelles) -, s’opposent à la poésie nationaliste, représentée notamment par Özker Yaşın. Cette seconde école produit des poèmes au ton épique, héroïque, souvent romantique, ayant souvent recours à une rhétorique du « nous » contre « eux ». On y trouve certains motifs récurrents tels que la Turquie comparée à une mère, ou encore l’évocation d’Erenköy (Tilirga), où les chypriotes turcs (y compris certains étudiants revenus spécialement de Turquie pour cela, comme le poète Süleyman Uluçamgil) se sont battus contre les chypriotes grecs.

Hikmet Afif Mapolar, qui continue à écrire, et Numan Ali Levent sont d’autres poètes marquants des années 1960.

Sélection bibliographique « …du doux pays de Chypre » dans le catalogue de la BULAC.
Collections de la BULAC, cote 15CY 842.17 YAS S. 
Le titre en turc, Sınırdışı saatler, est transcrit dans l’alphabet grec, Σηνηρδησ̇ι Σαατλερ.

Les années 1970 voient l’avènement de la « poésie socialiste », dont le principal représentant est Fikret Demirağ. Deux autres poètes importants de cette période sont Osman Türkay, qui écrit aussi en anglais, et Zeki Ali.

Après 1974 apparaît un « front du rejet » contre la partition de l’île, le militarisme et le nationalisme turc, dont font notamment partie Neşe Yaşın (Rose falling into night), Mehmet Yaşın (dont la BULAC possède un recueil de poèmes en langue originale, ainsi que le roman Sınırdışı saatler et deux recueils traduits en français : Constantinople n’attend plus personneet La rencontre de Sapho et Rûmî), Hakkı Yücel et Filiz Naldöven (dont un recueil de poésie intitulé Mağma mavera est disponible à la bibliothèque, et qui écrivait aussi des pièces de théâtre). Ces poètes défendent une identité chypriote, plutôt qu’une identité turque ; paradoxalement, ils ont plus de succès en Turquie que leurs prédécesseurs. Ils influencent également Fikret Demirağ. Cependant, la plupart des autres écrivains et poètes de cette décennie emploient encore une tonalité nationaliste.

Dans les années 1980 émergent Özden Selenge, qui écrit sur la disparition de la vie rurale, Feriha Altıok, Ümit İnatçı, et Tamer Öncül.

Les « poètes hybrides » de la décennie suivante, nés après la partition de Chypre, souffrent encore cependant de ses conséquences. Leur poésie est anarcho-érotique ; ils revendiquent une certaine hybridité et rejettent les étiquettes nationales. On trouve notamment parmi eux Gür Genç (Yolyutma, Yağmur yüzünden), mais également Jenan Selçuk (Haz, Kaza), Faize Özdemirciler (Rumca Küstüm Türkçe Kırıldım) et Rıdvan Arifoğlu.

Sélection bibliographique « …du doux pays de Chypre » dans le catalogue de la BULAC.

À partir du milieu des années 1990, Bekir Kara commence à publier des pièces de théâtre, des nouvelles et un roman (Unutma – Bellekteki izler). C’est aussi à cette période que paraissent les premiers romans de Mehmet Yaşın et Derviş Zaim (ce denier, auteur de Ares harikalar diyarında et Rüyet, est également cinéaste20) ainsi que deux recueils de poèmes de Raşit Pertev : Gür Yapraklar Işıklar İçinde et Kâni-Veran. Cette dernière œuvre, entièrement écrite en parler turco-chypriote populaire et illustrée de photographies anciennes, évoque la ville de Larnaca pendant la guerre de 1964-1974. Pertev est également romancier, nouvelliste et dramaturge.

Aujourd’hui, les auteurs turcophones les plus reconnus à Chypre sont Emre İleri, Senem Gökel (poésie), Mehmet Arap (nouvelle), Cengiz Erdem (roman) alors que du côté grécophone, on peut évoquer les noms de Elli Paionidou (poétesse), Tefkros Michailidis (romancier), Rina Katselli (écrivaine de pièces de théâtre) ou Kyriakos Charalambidis (poète).

Quel classement pour la littérature chypriote à la BULAC ?

Comment classer ces œuvres littéraires dans une bibliothèque comme la BULAC, où les critères linguistiques recoupent parfois les critères géographiques ? Les deux langues principales de l’île étant le grec et le turc (avec l’anglais comme troisième langue officielle, car l’île fait partie du Commonwealth), ces ouvrages auraient pu être intégrés respectivement dans les domaines grec (15GR) et turc (23TR), selon un découpage linguistique. La BULAC a cependant opté pour un classement majoritairement géographique de ses collections et un fonds chypriote a été constitué, dont les ouvrages en libre accès sont cotés 15CY21.

Ces considérations taxonomiques soulèvent la question de la définition même de la littérature chypriote. Une œuvre relève-t-elle de la littérature chypriote lorsqu’elle est écrite par un natif de Chypre ? Lorsqu’elle est publiée à Chypre ? Qu’en est-il lorsque l’auteur est originaire de Turquie mais réside depuis longtemps à Chypre, comme Burcu Karagöz ? Et que penser de Taner Baybars, locuteur natif du turc, né à Chypre mais ayant vécu la plus grande partie de sa vie hors de l’île et ayant écrit en anglais, ou de Tefkros Michailidis, né à Chypre mais installé depuis longtemps en Grèce ? À l’occasion de la préparation de la table ronde de mai 2019 intitulée « Au-delà de la Ligne verte : les Arts comme bâtisseurs du vivre ensemble dans la société chypriote ? » et de la rédaction de ce billet, il est d’ailleurs apparu que des œuvres d’auteurs chypriotes turcophones avaient été cotées en 23TR et des œuvres d’auteurs chypriotes grécophones en 15GR.

Profil éditorial des 55 titres de littérature chypriote présents en libre accès sous la cote 15CY22

Littérature chypriote grécophone cotée 15CY
langue de publicationlieu d’édition
français-grec19Besançon15
grec8Athènes6
français5Nicosie5
anglais1Nancy3
grec-anglais1Paris2
Montpellier2
Sèvres1
Littérature chypriote turcophone cotée 15CY
langue de publicationlieu d’édition
turc18Nicosie11
anglais1Famagouste6
français1Istanbul4
Ankara2
Saint-Pourçain-sur-Sioule1

L’analyse statistique de la collection littéraire chypriote de la BULAC mériterait deux commentaires supplémentaires.

D’une part, on constate une présence importante de traductions en français depuis l’œuvre originale en grec et d’éditions bilingues en grec et en français. Ce phénomène est dû en grande partie à l’activité éditoriale de la maison Praxandre (du nom du fondateur légendaire de la ville de Kyrenia/Girne) à Besançon et aux travaux d’Andreas Chatzisavvas, professeur de littérature chypriote à l’Université de Nancy.

D’autre part, les essais et anthologies en rapport avec la littérature chypriote se focalisent très souvent uniquement sur la composante hellénophone de cette création. Il est vrai que la diffusion des œuvres des auteurs chypriotes d’expression turque est rendue difficile par le contexte géopolitique et l’enclavement de la partie nord de l’île, majoritairement turcophone ; elles sont donc peu connues en dehors de Chypre et de la Turquie, et passent d’abord par cette dernière lorsqu’elles s’exportent. De nombreux chypriotes turcophones sont d’ailleurs directement publiés par des maisons d’édition basées en Turquie. 

Enfin, la présence dans les collections de la BULAC d’un ouvrage tel que Σύγχρονοι Τουρκοκύπριοι ποιητές : Απόπειρα επικοινωνίας (Poètes contemporains turco-chypriotes : tentative de communication), proposant des traductions en grec de poèmes écrits par des poètes chypriotes turcophones, reflète la volonté d’une partie de la société chypriote actuelle d’œuvrer en faveur d’une meilleure connaissance mutuelle de la littérature insulaire au-delà des lignes de démarcation et des barrières linguistiques. Ce type d’initiative éditoriale fait prendre conscience à l’ensemble des citoyens chypriotes de la diversité ou au moins de la dualité linguistique de leur patrimoine littéraire.

Cette tendance saurait être un élément fondamental dans le rapprochement entre les deux parties de l’île séparées depuis 1974 par la ligne verte et elle pourrait contribuer à une réunification effective de la société chypriote autour de la notion de chypriotisme, c’est-à-dire d’une conception citoyenne de la nation, en opposition avec des entreprises identitaires basées sur des critères ethno-religieux.

Les gens dans le cas de Chypre, ne doivent pas être compris comme un ethnos, une communauté d’origine, de langue et de culture, mais comme un démos, c’est-à-dire des citoyens dans une démocratie libérale, déjà existante ou en voie de l’être.

Pavlos Tzermias, « A United Cyprus as a Factor of Stability in the Eastern Mediterranean », Mediterranean Quarterly, 8 (1), 1997, p. 29.

Pour aller plus loin

Ressources sur la littérature chypriote turcophone
  • Neşe Yaşın, « Turkish and Turkish Cypriot poetry », İzinsiz Gösteri, 2006 [en ligne].
  • Harid Fedai, « Çağdaş Kıbrıs Türk Edebiyatı », CYPNET’s North Cyprus [en ligne].
Ressources sur la littérature chypriote grécophone
  • Une anthologie de la littérature chypriote :
    • Premier tome, du XIe au XIXe siècle : Λεύκιος Ζαφειρίου, Αλέξανδρος Μπαζούκης, Γιώργος Μύαρης, Κείμενα Κυπριακής Λογοτεχνίας Τόμος Α ́, Είδος: Ποίηση / Διήγημα, 2015 [en ligne].
    • Second tome, au XXe siècle : Λεύκιος Ζαφειρίου, Αλέξανδρος Μπαζούκης, Γιώργος Μύαρης, Κείμενα Κυπριακής Λογοτεχνίας Τόμος B ́, Είδος: Ποίηση / Διήγημα, 2017 [en ligne].

Citer ce billet : Nicolas Pitsos, "« Du doux pays de Chypre » : reflets de la littérature chypriote à la BULAC," dans Le Carreau de la BULAC, 9 juin 2020, https://bulac.hypotheses.org/30370. Consulté le 2 octobre 2020
  1. Voir Charalampos P. Symeōnidīs, Istoria tīs Kypriakīs dialektou : apo ton 7° aiōna pro Christou eōs simera, Leykōsia : Kentro Meletōn Ieras Monīs Kykkou, 2006. [↩]
  2. Voir Jean Richard, Chypre sous les Lusignans : documents chypriotes des archives du Vatican (XIVe et XVe siècles, Beyrouth : Presses de l’Ifpo, 2014. Les Assises sont rédigées en gréco-chypriote pendant cette période. Ce document est à la fois intéressant du point de vue de l’histoire juridique mais il constitue également une source précieuse pour l’étude du gréco-chypriote au XIVe siècle. À la BULAC, on retrouve une traduction en anglais de l’original. Voir The assizes of the Lusignan Kingdom of Cyprus / transl. from the Greek by Nicholas Coureas, Nicosie, Cyprus Research Centre, 2002. [↩]
  3. Voir Βάσος Καραγιώργης, Λουκία Λοΐζου-Χατζηγαβριήλ, Χρύσα Μαλτέζου, Κύπρος : πετράδι στο στέμμα της Βενετίας (Chypre : joyau de la couronne de Venise), Leukōsia : Fondation Anastasios G. Leventēs, 2003. [↩]
  4. On trouve un manuscrit de cette chronique dans les collections de la Bibliothèque Marciana à Venise. [↩]
  5. Voir Thémis Siapkaras-Pitsillidès, texte établi et traduit avec le concours de Hubert Pernot, Le pétrarquisme en Chypre : poèmes d’amour en dialecte chypriote d’après un manuscrit du XVIe siècle, Paris : Société d’édition Les Belles lettres, 1975. [↩]
  6. Mehmet Mahfuz Söylemez, Ibrahim Çapak et Halil Ortakcı (dir.), Osmanlı döneminde Kıbrıs : actes du colloque international, Osmanlı döneminde Kıbrıs, 2015, Istanbul : Bağcılar Belediyesi, 2016. [↩]
  7. Il y avait 346 villages en 1891 selon Richard A. Patrick dans son ouvrage Political geography and the cyprus conflict, 1963-1971, University of Waterloo, 1976, p.12. [↩]
  8. Voir Hakan Yavuz, « The evolution of ethno-nationalism in Cyprus under the ottoman and british systems », Cyprus review, 1994, p. 57-79. [↩]
  9. Cyprianus, Ιστορία της Κύπρου (Histoire de Chypre), Venise, 1788, collections de la BULAC, cote BULAC RES MON 4 1182. [↩]
  10. Né à Yanina en 1619, Nikolaos Glykys vient s’installer à Venise en 1647 afin de poursuivre ses activités commerciales. Après avoir racheté l’imprimerie d’Orsino Albrizzi, il acquiert l’apanage de l’impression d’ouvrages importants en langue grecque. Son sceau est formé d’une abeille entourée des initiales de son prénom (N) et de son nom de famille (ΓΛ). [↩]
  11. Voir le billet de Nicolas Pitsos sur la presse grécophone comme presse allophone. [↩]
  12. Comme l’explique Athanassia Anagnostopoulou dans son article « Chypre de l’ère ottomane à l’ère britannique (1839-1914), le rôle de l’Eglise orthodoxe chypriote », Etudes balkaniques, 1998, 5, p. 147, l’administration coloniale s’appuie même sur l’Eglise pour contrer l’influence du parti communiste chypriote fondé en 1926 et interdit en 1933, qui renaît sous le nom d’AKEL (Ανορθωτικό Κόμμα του Εραζόμενου Λαού, Parti réformateur des travailleurs) en 1939. [↩]
  13. Pour une « lecture » britannique des événements de cette période, notamment pendant les années 1950, voir les mémoires de Lawrence Durrell, l’écrivain et diplomate britannique qui assumait à Nicosie le poste d’officier chargé des relations publiques du Royaume-Uni. Lawrence Durrell, Citrons acides, Paris : le Livre de poche, 1994. [↩]
  14. Né à Chypre mais formé en Grèce et officier de l’armée grecque, le colonel Grivas est l’ancien chef de l’organisation d’extrême droite X farouchement anticommuniste, qui a joué un rôle obscur pendant l’Occupation et la guerre civile. [↩]
  15. Voir Jacques Lacarriere, Voúla Loúvrou (trad.), Λευκωσία : η νεκρή ζώνη(Nicosi : zone morte), Athī́na, Ekdóseis Olkós, 2003. [↩]
  16. Rebecca Bryant, Yiannis Papadakis, Cyprus and the politics of memory : history, community and conflict, London, New York : I.B. Tauris, 2012. [↩]
  17. Ces démarches sont relayées par plusieurs acteurs au sein de la société civile. Voir Alexandre Lapierre, Les dynamiques du rapprochement communautaire à Chypre depuis 1974, 2016. [↩]
  18. Andrekos Varnava and Hubert Faustmann, Reunifying Cyprus : the Annan Plan and beyond, London : I.B. Tauris, 2009. [↩]
  19. Voir Nikos Kranidiotis ; éd. bilingue sous la dir. d’Andréas Chatzisavas, Le capitaine Panagos : et autres nouvelles, Nancy : Presses universitaires de Nancy, 1994. [↩]
  20. Avec son ami, le réalisateur chypriote grécophone Panikkos Chryssanthou, ils se sont engagés dans un cinéma de réconciliation et de fraternisation entre les deux parties de l’île. [↩]
  21. Le fonds chypriote de la BULAC compte plus de 750 documents comprenant notamment des récits de voyage, pour le fonds ancien, mais aussi des ouvrages d’histoire, de linguistique, de sciences politiques ainsi que des œuvres littéraires. On y trouve également des guides touristiques, des monographies illustrées et diverses ressources en sciences humaines et sociales. [↩]
  22. Données recueillies en avril 2020. [↩]

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De nouveaux projets facilitant la réunification de Chypre ??

Programme d'aide en faveur de la communauté chypriote turque: la Commission adopte un deuxième programme d'action pour 2020
La Commission adopte aujourd'hui un deuxième programme d'action concernant l'aide à la communauté chypriote turque. Ce deuxième programme d'action porte sur un montant de 31,6 millions d'euros et vise à soutenir de nouveaux projets facilitant la réunification de Chypre. Il vient s'ajouter aux 5 millions d'euros déjà approuvés plus tôt cette année. Elisa Ferreira, commissaire à la cohésion et aux réformes, a déclaré à ce propos : « Les projets relevant du programme d'aide visent à améliorer les infrastructures, à soutenir le développement économique, à favoriser la réconciliation et à rapprocher les Chypriotes turcs de l'Union européenne. Je suis convaincue qu'ils contribueront aux efforts déployés en faveur d'une réunification de Chypre, qui est l'un des principaux objectifs de notre aide. » Parmi les priorités du programme figurent le soutien à la préparation et au financement de projets d'infrastructure clés, ainsi que le soutien en faveur de la protection de l'environnement. D'autres mesures sont prévues pour améliorer le réseau électrique utilisé par la communauté chypriote turque et pour mettre en place un plan de relance économique, assorti d'un soutien à court et long termes, axé sur une économie plus verte, durable et résiliente, en réponse à la crise économique causée par la pandémie de COVID-19. Un soutien sera également apporté à l'amélioration de la sécurité sanitaire des aliments, à la fourniture de données statistiques, à l'enseignement spécialisé et à l'apprentissage tout au long de la vie. En vue de renforcer la confiance entre les communautés turque et grecque à Chypre, le programme continuera de fournir un financement important au Comité des personnes disparues et au comité technique sur le patrimoine culturel. Un communiqué de presse est disponible ici. (Pour plus d'informations: Tim McPhie – Tél.: +32 229 66712; Veronica Favalli – Tél.: +32 229 87269)

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1er Avril Fête Nationale de Chypre




Le déclenchement de la lutte armée de l'Organisation Nationale des Combattants Chypriotes (EOKA) en 1955 n'est pas une révolution spontanée. Le refus catégorique et permanent du gouvernement Britannique de discuter le profond désir de la population pour l'autodétermination et l'ENOSIS a conduit l'Hellénisme de Chypre aux choix les plus difficiles et périlleux.


La lutte pacifique que les diverses délégations menaient à travers le monde libre se trouvait devant l'indifférence des grandes puissances ; des lettres échangées entre Mgr Makarios et le gouverneur britannique n'ont abouti à rien, la réponse britannique aux revendications chypriotes étant "jamais". A. Papagos, alors 1er ministre de Grèce, de son côté appuyant ouvertement la cause chypriote, s'engage à une action auprès des autorités britanniques, toujours sans résultats.


Le choix d'une lutte armée s'imposait de plus en plus, seul moyen pour faire sentir la présence d'un peuple qui réclame sa liberté et mettre en évidence le problème "CHYPRE" dont les Britanniques refusent l'existence.


L'idée d'une lutte armée, écrit M. Nikos Kranidiotis, a été conçue par le général Grivas Digenis et quelques Chypriotes exilés en Grèce, ainsi que quelques anciens militaires, qui ont réussi à convaincre Mgr Makarios, retissant au départ, et profitant d'une de ses visites à Athènes ont rédigé le statut de l'Organisation à l'image de la "Société des amis" ainsi qu'un serment dont l'objectif était "l'ENOSIS".


Le général Grivas a fait plusieurs voyages à Chypre pour étudier de près les lieux et rencontré des personnalités de l'île ainsi que Mgr Makarios. Les Chypriotes étaient conscients de la puissance de l'Angleterre et ne prétendaient ni la vaincre ni l'intimider, leur objectif étaient de mieux faire sentir leur présence.


Après plusieurs mois de préparation tout était prêt pour le coup d'envoi et Mgr Makarios donne sa bénédiction après avoir convaincu Grivas que l'EOKA doit se borner à des actes contre les bâtiments officiels et des installations militaires sans faire de victimes. La date est déjà fixée. Des groupes de sabotage sont mis sur pied dans les principales villes ainsi que des groupes de guérillas dans les villages de montagne. En même temps des organisations parallèles étaient constituées ici et là ainsi que les premières cellules de l'EOKA dans les écoles secondaires


Le lycéen Evagoras Palikiaridis, pendu par les Anglais à l'âge de 17 ans 1/2. Malgré la loi britannique qui ne condamne pas les mineurs.

1955 - 1959

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril plusieurs explosions simultanées dans toutes les grandes villes contre des bâtiments officiels ont alerté les Anglais. C'est le début de la lutte armée, une lutte qui va continuer pendant presque quatre ans et qui va marquer un tournant dans l'histoire de Chypre.
En août de la même année, une conférence organisée par les Anglais réunit les gouvernements britannique, grec et turc au sujet de Chypre ; conférence à laquelle les Chypriotes n'étaient pas invités et qui se termine d'ailleurs par un désastre.
Les Anglais instaurent un couvre-feu quasi permanent et quelques mois plus tard considérant Mgr Makarios comme responsable de cette situation l'arrêtent et le déportent aux Seychelles. Nombreuses sont les victimes, des condamnés à la peine capitale ont été pendus et enterrés dans la prison de Nicosie ; les premiers étaient Karaolis et Dimitriou et ont suivi Mihaïl, Zakos, Patatsos, Mavrommatis, Panaghidis, Koutsoftas et le plus jeune Pallikaridis. D'autres ont été tués dans des embuscades comme Drakos, Afxentiou, Lenas, Matsis.
Il faut souligner ici que pendant tout ce temps les Turcs de l'île ont servi aux Anglais comme indicateurs avec le soutien de l'Etat turc que, comme on l'a déjà vu, les Anglais ont fait rentrer dans le jeu pour contester les revendications de la communauté grecque de l'île.
Sur le plan international, la situation est devenue explosive. L'unité de l'OTAN fut menacée à un certain moment où la Grèce et la Turquie, toutes deux membres de l'alliance, étaient au bord de la guerre. Le danger écarté, et après avoir exclu l'ENOSIS les Anglais, sous la pression internationale, proposent l'indépendance de Chypre.
A partir de cette période, l'Angleterre a garanti Chypre. Mais cela n'a pas empêché la Turquie d'envahir et d'occuper 40% de l'île, en 1974, sans que l'Angleterre n'intervienne.

ΣΗΚΩ ΕΥΑΓΟΡΑ ΝΑ ΜΑΣ ΠΕΙΣ ΕΛΛΗΝΙΚΗ ΙΣΤΟΡΙΑ! κάντε κλίκ




Les "tombeaux emprisonnés" dans la prison centrale de Nicosie où sont enterrés 13 héros de l'EOKA parmi lesquels 9 jeunes gens qui avaient été pendus et 4 autres tombés lors de la bataille.
Les Anglais, refusant de rendre les dépouilles aux familles, les ont inhumés dans la prison.

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FAMAGOUSTE ville fantôme



La Turquie a lancé sa propre recherche de pétrole et de gaz dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) de la République de Chypre.




La position de l’UE vient corroborer celle de la France affirmée par le Président Emmanuel Macron le 14 juin dernier lors du Sommet à La Valette réunissant les chefs d’Etat du sud de l’UE : "La Turquie doit mettre fin à ses activités illégales dans la Zone Economique Exclusive de Chypre" .
Malgré les avertissements de la France et de l'Union européenne, la Turquie reste sur sa position et continue les recherches.
Récemment, le 4 octobre, la Turquie a envoyé le navire de forage Yavuz au bloc 7 de sa Zone Economique Exclusive (ZEE) et plateau continental; or, les licences d'exploitation de cette zone ont été attribuées aux géants énergétiques français et italien, Total et Eni.
La France a critiqué l'arrivée du navire de forage Yavuz de la Turquie dans la ZEE de Chypre comme une violation de la souveraineté de la République de Chypre et du droit international.
« Ce mouvement hostile est susceptible d'encourager une escalade des tensions en Méditerranée orientale », le porte-parole adjoint du ministère de la France pour les affaires européennes et étrangères. Il a ajouté que le ministre de la France des affaires européennes et étrangères a discuté de la question avec son homologue chypriote et avait exprimé pleine et entière solidarité de la France. Le Conseil des affaires étrangères de l'UE qui traitent ces développements lors de sa réunion le 14 Octobre, a-t-il ajouté.


ΑΜΜΟΧΩΣΤΟΣ - FAMAGOUSTE

Varosha, "perle de Chypre" 

Dans les années 70, c'était LA destination tendance pour passer ses vacances en bord de mer sur l'île de Chypre. Mais, depuis une quarantaine d'années, la ville de Famagouste et ses hôtels de luxe sont laissés à l'abandon.

Durant ses années fastes, tout le monde connaissait Varosha, "perle de Chypre", le quartier balnéaire de la ville de Famagouste au nord-est de Chypre. Les stars s'y donnaient rendez-vous en été, dans les plus beaux hôtels et palaces construits face au littoral. Elizabeth Taylor, Brigitte Bardot, Richard Burton... tous les grands noms du cinéma et de la jet-set internationale profitaient de vacances à Chypre sur les bords de la Méditerranée.

Mais les paillettes firent place aux barbelés, lorsque la Turquie envahit le nord de l'île en 1974, séparant Chypre en deux parties. Famagouste, qui se trouve au milieu de la frontière Nord-Sud de Chypre, fut alors vidée de ses habitants, devenant une de ces villes fantôme où la nature a vite repris ses droits.

Face à une mer d'un bleu translucide, le contraste avec les immeubles de béton laissés à l'abandon est saisissant. La plage, autrefois parsemée de parasols colorés et fréquentée par le beau monde, est aujourd'hui entrelacée de fils barbelés où les panneaux d'interdiction d'entrer obligent les badauds à faire demi-tour.
Depuis, Famagouste est devenue une ville fantôme, interdite d'accès mais elle manque à ses anciens habitants, quelque 45 000 personnes qui ont dû quitter leur ville natale.

"Famagouste sera ouverte", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. La Turquie annonce qu'il est question de reconstruire une ville centrée sur le développement écologique, avec de nouveaux hôtels et de rouvrir le port de Famagouste au commerce international.

La République de Chypre et les réfugiés de la ville contestent cette ouverture sous l'autorité de la Turquie.
Famagouste appartient à ses anciens habitants!
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Une exposition de photos offre un aperçu rare de Chypre du passé


Bouli Hadjioannou



Plus de 500 photographies offrant un panorama de Chypre du passé seront exposées à Nicosie plus tard ce mois-ci.

L'exposition fait suite à l'acquisition des archives photographiques personnelles de Camille Enlart, archéologue et historienne de l'art française, par la Fondation du Musée des Costas et Rita Severis, Centre d'arts visuels et de recherche (CVAR).

Peut-être l'archive la plus importante de Chypre médiévale, ces photographies décrivent les monuments, la topographie et les scènes de la vie quotidienne sur l'île en 1896-1911.

Sur la base des conclusions de ses visites, Camille Enlart a écrit le célèbre livre "L'Art Gothique et la Renaissance en Chypre" (1899) qui a été traduit en anglais par Sir David Hunt et publié sous le titre "L'art gothique et la Renaissance". à Chypre en 1987.

Les archives ont été assemblées lors des missions d’Enlart à Chypre en 1896 et 1901 et consistent en 543 photographies, dans des albums de la période aux coins en demi-vélin. Parmi celles-ci, 470 photographies sont signées, montées sur du papier fort et portent des inscriptions manuscrites d'Enlart lui-même au verso.

Quinze autres photographies ont été remises à Enlart par des amis et des collègues tels que Mavrokordato, le capitaine Young, Tano, Luigi Baldassarre, Bellamy, Berthaud, E Deschamps et le comte Jean de Kergorlay. La collection comprend également 28 photographies non signées.

Les archives offrent un panorama de la Chypre médiévale avec des illustrations de monuments, dont beaucoup ont été détruits au XXe siècle et pour lesquels ces photographies restent le seul témoignage visuel. De plus, il y a des scènes de la vie quotidienne dans les villes et villages de Chypre de 1896, par exemple le bazar de Nicosie, la foire de St Barnabas, les vendeurs de thym, etc.

Dans la mesure du possible, les monuments ont été rephotographiés, c'est-à-dire récemment pris dans la même perspective.



Les archives ont été achetées aux enchères en France. L’acquisition a été rendue possible grâce au soutien généreux des amis de CVAR venus de l’étranger et de la région: le petit-fils du grand homme, Christian Enlart, qui estimait que ces archives devraient revenir à Chypre et plus particulièrement au Centre des arts visuels et de la recherche, le Dr Ayla. Gurel, le Dr Marios Sarris et d’autres qui souhaitent rester anonymes.

"Le Centre d'arts visuels et de recherche est fier d'avoir de tels supporters et lui est très reconnaissant", a-t-il déclaré dans un communiqué de presse précisant les détails de l'exposition, qui restera ouverte du 15 octobre au 22 décembre, du mardi au dimanche 9h30. 17h00

Entrée: 5 €

Des programmes éducatifs gratuits seront proposés aux enfants des écoles primaires et des visites guidées aux étudiants des écoles secondaires.

L'exposition est parrainée par les services culturels du ministère de l'éducation, l'OPAP et les subventions EEA & Norway Read More!

L'ÉGLISE DE CHYPRE SAISIT LA COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L'HOMME AU NOM DE L'ÉGLISE UKRAINIENNE





Tout comme Sa Béatitude l'archevêque Chrysostome de Nouvelle Justiniane et de Chypre a pris l'initiative d'essayer de résoudre la crise en Ukraine, l'Église chypriote prend l'initiative de défendre légalement le clergé souffrant et fidèle de l'Église canonique ukrainienne.

L'Eglise a lancé la collecte de signatures en Europe pour porter plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme en faveur de l'Eglise dirigée par Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine, a déclaré Son Eminence le métropolite Isaïe de Tamasos lors des événements à Kiev hier en l'honneur du cinquième anniversaire de l'intronisation du Métropolite Onuphre comme Primat, rapporte le Département des relations extérieures de l'Église ukrainienne.

Le Métropolite Isaïe n'était qu'un des nombreux hiérarques qui ont pris la parole pour défendre le Métropolite Onuphre et l'Église canonique pendant les célébrations.

"Nous, pour notre part, poursuivons notre lutte et commençons à recueillir des signatures de toute l'Europe pour faire appel à la Cour européenne des droits de l'homme afin de rétablir la justice," a expliqué le Métropolite Isaïe dans son discours qu'il a lu après la Divine Liturgie, au président Vladimir Zelensky et au gouvernement ukrainien.

"Des milliers de citoyens ukrainiens orthodoxes ont été expulsés de leurs églises et subissent la persécution et la violence de leurs concitoyens. Nous, orthodoxes du monde entier, et en particulier les peuples orthodoxes européens, sommes très préoccupés par ces violations des droits religieux de l'homme qui sont commises en Ukraine contre nos frères."

Plus de 200 paroisses ont été illégalement forcées à entrer dans l'"Église orthodoxe d'Ukraine" (OCU) depuis janvier. Alors que le primat de l'OCU, "le métropolite" Epiphane Doumenko, continue de mentir sur cette réalité, proclamant que toutes les paroisses ont été volontairement transférées par amour, Siméon Chostatsky, l'ancien hiérarque canonique de Vinnitsa qui a rejoint la structure schismatique en décembre, a reconnu que les églises sont bien saisies dans l'Eglise canonique et que les fidèles canoniques ont raison de défendre leurs lieux saints.

L'Église chypriote proteste contre ces persécutions contre l'Église canonique ukrainienne et contre des millions de chrétiens orthodoxes dans le monde, a ajouté le Métropolite Isaïe dans son discours. "Nous sommes tous membres de l'unique Corps du Christ notre Dieu. Et quand un membre du corps souffre, tous les membres de ce Corps ressentent de la douleur ", a dit le hiérarque chypriote.

De telles violations dans un État qui se considère démocratique, comme l'Ukraine, devraient être impossibles, a dit le Métropolite Isaïe, appelant ainsi le Président " à entendre notre voix et à corriger cette injustice ". Que toutes les Eglises soient rendues à leurs propriétaires orthodoxes légitimes et que chacun serve son Dieu dans un esprit de liberté et de respect des droits de l'homme, sans interférer dans la foi des autres".

Il s'est également dit confiant que le président Zelensky, en tant que " personne démocratique qui aime son peuple, fera tout ce qui est juste et correct pour que les Ukrainiens voient leur président comme un père et un défenseur de leurs droits ".

Le Métropolite Isaïe était également à Kiev en juillet 2017 pour la fête de Saint Antoine des Grottes de Kiev. Il a exprimé le même sentiment à l'époque, en disant : "Le Corps du Christ est un, et quiconque est relié au corps du Christ est relié à Lui. Je dois dire que quiconque est en union et en unité avec l'Église orthodoxe ukrainienne [du Métropolite Onuphre] est en union avec nous. C'est la seule église canonique d'Ukraine."

Le discours de Son Éminence le Métropolite Nikiforos de Kykkos, également de l'Église chypriote, au Métropolite Onuphre a également été lu pendant les célébrations. Il a souhaité à Sa Béatitude beaucoup d'années et de diligence dans le service du troupeau ukrainien en ces temps difficiles et a souligné que l'octroi de l'autocéphalie ne doit pas être une action unilatérale d'une Église locale, réalisée par des moyens non canoniques.

"Nous croyons fermement que seul un Concile œcuménique pan-orthodoxe ou le consentement unanime de tous les primats des Églises autocéphales orthodoxes locales est l'organe canonique de toute Église autocéphale (pour l'autocéphalie d'Église)," écrit le Métropolite Nikiforos.

Dans un communiqué publié plus tôt en février, le Métropolite Nikiforos a déploré la manière précipitée avec laquelle la nouvelle église ukrainienne a été créée et octroyée l'autocéphalie et a déclaré qu'il est impossible d'être en communion avec les schismatiques non-ordonnés. Il a ajouté que le patriarche Bartholomée avait promis un jour de ne pas faire exactement ce qu'il avait fait en Ukraine - reconnaître les schismatiques ukrainiens et leur accorder unilatéralement l'autocéphalie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
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Le métropolite de Kykkos sur l'octroi de l'autocéphale en Ukraine


Le métropolite de Kykkos (Église de Chypre) : « Les agissements anti-canoniques en Ukraine menacent l’orthodoxie universelle




« Nous vous souhaitons du fond du cœur de nombreuses et bonnes années afin que vous continuiez votre ministère avec amour fraternel pour le bien du troupeau de la terre ukrainienne qui est amie et partage la même foi, elle qui en ces jours subit de dures épreuves en raison d’actes extérieurs illégaux qui violent la tradition canonique éternelle de notre Église orthodoxe, ayant pour résultat non pas l’unité de l’Église locale d’Ukraine, mais sa désintégration catastrophique ». Ces agissements, selon le hiérarque « ont une influence malheureuse non seulement sur l’unité de l’Église locale d’Ukraine, provoquant un schisme destructeur, menaçant tout le corps de l’Orthodoxie universelle, pour la plus grande satisfaction de ses ennemis ». Le hiérarque rappelle que l’autocéphalie « doit être octroyée conformément à nos saints canons et notre tradition ecclésiale orthodoxe séculaire, et non par des actes unilatéraux et arbitraires, qui dès le début sont anti-canoniques, et comme tels nécessitent un remède canonique. Nous croyons fermement que seul un Concile œcuménique panorthodoxe ou l’accord unanime de tous les Primats des Églises orthodoxes locales autocéphales constitue l’organe canonique d’octroi de l’autocéphalie à une Église».

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Le statut de deux bases militaires britanniques sur l’île de Chypre


L’occupation par des bases militaires britanniques dans la République de Chypre est décriée par le gouvernement. À dr., le ministre de la Justice chypriote, Costas Clerides.
L’occupation par des bases militaires britanniques dans la République de Chypre est décriée par le gouvernement. À dr., le ministre de la Justice chypriote, Costas Clerides.
«La décision de la Cour internationale de justice est un ‘legal tool’ qui peut être utilisé par le gouvernement chypriote pour négocier le statut de deux bases militaires britanniques sur l’île de Chypre.» Ce sont là les propos de Costas Clerides, Attorney General de Chypre, après l’avis consultatif rendu à La Haye, aux Pays-Bas, au sujet de la souveraineté des Chagos, lundi.
La République de Chypre, située sur l’île de Chypre, dans la Méditerranée, a un différend avec les Britanniques au sujet de la présence de deux bases anglaises sur son territoire, soit Akrotiri et Dhekelia, qui font partie du British Overseas Territory. (BOT). Lors de l’Indépendance, obtenue en août 1960 des Britanniques, un accord a été signé entre la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni pour qu’il y ait un seul pays sur l’ensemble de l’île.
Sauf qu’en juillet 1974, la Turquie occupe militairement la partie nord de l’île (38 % du territoire), à majorité turcophone, créant une partition du pays. Cela a depuis donné une «République turque de Chypre du Nord» non reconnue par la communauté internationale mais uniquement par la Turquie. Le territoire restant (62 %) est connu comme la République de Chypre, auquel il faut cependant soustraire 3,7 % de superficie, qui est occupée par les casques bleus des Nations unies (la ligne verte, qui sépare le Nord turcophone du Sud chypriote), et aussi, les deux bases militaires britanniques sur l’île.
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Un monument bien aimé restauré : le monastère historique d'Apostolos Andreas à Karpasia



Le travail de restauration a enfin commencé sur l'un des sites les plus sacrés de Chypre

Par Evie Andreou

Les différends politiques ont finalement été mis de côté lorsque des rénovations, datant de plusieurs années, ont finalement commencé sur l'un des monuments les plus symboliques et les plus aimés de Chypre, le monastère historique d'Apostolos Andreas à Karpasia.

Des années de différends et de désaccords entre les Chypriotes grecs et turcs, ainsi que des experts sur la manière dont le complexe devait être restauré, signifiaient que c'est non sans risque que la menace d'un effondrement de la structure pouvait ignorée.

Enfin, en septembre, l'Église de Chypre et la fondation religieuse chypriote turque Evkaf ont signé deux accords de contribution d'une valeur de 2,5 millions d'euros chacun avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui supervise le projet. L'USAID a également fait don de 25 000 euros.


Un travailleur de la construction allume une bougie devant une icône de l'apôtre André dans une chapelle du 15ème siècle au monastère Apostolos Andreas à Chypre
Moins de deux mois après avoir remis les clés du comité technique bi-culturel sur le patrimoine culturel - les facilitateurs de la restauration - des journalistes des deux côtés de la frontière ont été invités mardi par le PNUD à rejoindre le comité du patrimoine et visiter le monastère.

Après près de 30 ans d'interdiction, le monastère situé à l'extrémité de la péninsule de Karpas est accessible aux Chypriotes grecs depuis l'ouverture des checkpoints en 2003, mais ses murs en ruines et son plafond affaissé font de ce lieu saint un lieu empreint de mélancolie.

Le monastère tire ses racines du saint apôtre André lui-même puisque, selon la tradition, le monastère a été construit là où un navire transportant le saint s'est échoué sur des rochers lors d'un voyage en Terre Sainte. L'eau de source naturelle coule du site que les habitants considèrent bénite (ayazma) et possédant des pouvoirs de guérison.

Une petite chapelle a été construite près du rivage au 15ème siècle, tandis que l'église principale du monastère a été érigée en 1867. Le manque de travaux d'entretien depuis l'invasion de 1974 et les additions de mauvaise qualité du 20ème siècle signifiait que le monastère était littéralement en danger de s'effondrer.

L'église est maintenant un chantier de construction et les journalistes invités ont été contraints de porter un casque et une veste de sécurité.

Après un long voyage de trois heures à travers un paysage changeant, des vastes champs de la plaine de Mesaoria à la splendeur côtière de la péninsule de Karpasia, nous sommes arrivés au monastère.

Mais avant de négocier l'échafaudage de la construction, nous avons dû  relever le défi d'ânes sauvages, qui font l'objet  d'une attraction touristique presque autant que le monastère lui-même. Une banane emballée pour une collation, est devenue un régal pour deux jeunes ânes et un membre du groupe a essayé de prendre un selfie avec l'un d'entre eux. Ce n'était pas une tâche facile car ils continuaient à fuir et de diriger vers la prochaine personne dont ils espéraient obtenir  à manger.


Les ânes sauvages sont presque autant une attraction que le monastère

Se détournant de cette distraction, les journalistes ont rencontré des membres du PNUD, des membres du Comité du patrimoine et des ingénieurs de projet qui attendaient à l'église et qui étaient impatients de nous montrer tout ce qui était autour de nous.

"Je suis très heureux de voir des Chypriotes grecs et des Chypriotes turcs travailler ensemble pour restaurer ce monastère, et ce patrimoine, c'est notre devoir de protéger et de transmettre tout cela à nos enfants", a déclaré Andreas Pirishis, co-coordinateur des Comités techniques bicommunautaires.

Après avoir reçu l'ordre de rester sur le chemin et de toujours suivre les instructions des ingénieurs, nous avons été autorisés à entrer dans l'église, en petits groupes à la fois.

Au-dessus de l'église, un bâtiment a été ajouté en 1914 pour accueillir les pèlerins qui y passaient la nuit. Les salles seront transformées en archives et conserveront des objets religieux.

Collée sur le mur de cette addition ultérieure est un morceau de papier altéré, dactylographié et daté du 10 avril 1962.

Un avis aux pèlerins daté de 1962


"Tous les pèlerins sont invités à ne pas écrire ou mettre des clous sur les murs, et à jeter tout ce dont ils n'ont pas besoin dans les poubelles, à  pas poser les matelas sur les planchers et ne pas laisser leurs voitures devant les chambres".

Le bout de papier déchiré rappela aux plus jeunes journalistes les histoires de la maison ou de l'école des nombreuses familles avant l'invasion qui organisaient un pèlerinage au monastère.

S'y rendre n'était pas une tâche facile car le monastère se trouve sur le point le plus au nord-est de l'île, à près de trois heures de route de Nicosie, même aujourd'hui.

Selon le point de départ, cela pourrait prendre deux à trois jours.

Lefki Yiakoumi, âgée de 83 ans, originaire de Kseros, un village du district de Morphou, se souvient bien du pèlerinage.

«Quand j'étais enfant, je me souviens que même les gens se rendaient à pied au monastère d'Apostolos Andreas, de même pour le monastère de Kykkos», a-t-elle dit.

Les quelques chanceux qui possédaient une voiture emmaient avec eux autant de personnes que la voiture pouvait transporter, mais la plupart des gens voyageaient en bus et au moins jusqu'aux années 1950, les promenades à dos d'âne n'étaient pas inhabituelles.

Le monastère Apostolos Andreas était important non seulement parmi les Chypriotes grecs mais aussi les Chypriotes turcs. Au cours de ces pèlerinages, de nombreux Chypriotes turcs demandaient à leurs voisins chrétiens d'allumer une bougie à l'église en leur nom, ils cherchaient aussi de l'aide pour des maux ou apportaient des offrandes au monastère.

"Nous pensons que ce monument n'est pas seulement le patrimoine culturel des Chypriotes grecs mais aussi des Chypriotes turcs et de toute l'humanité", a déclaré Ali Tuncay, co-président du comité technique du patrimoine.

"C'est très important pour nous. Beaucoup de Chypriotes turcs viennent ici pour faire un vœu ", a-t-il dit.

Avant les travaux de restauration, toutes les icônes et objets d'église ont été enlevés et stockés et certains d'entre eux ont été utilisés pour créer un lieu de culte temporaire dans l'une des pièces du complexe du monastère.

"Nous avons mis en place une église temporaire ici jusqu'à ce que les travaux de rénovation soient terminés. C'est ici que nous célébrerons la fête le 30 novembre ", a déclaré le père Zacharias Georgiou, le seul prêtre qui sert l'église et les Chypriotes grecs qui sont restés enclavés dans le village voisin de Rizokarpaso après l'invasion il y a quarante ans. .

Père Zacharias Georgiou

Il est originaire d'Ayia Triada, un village proche de Rizokarpaso, et est arrivé au monastère en juin 1961. Lors de notre visite, il était assis sur une chaise à la porte latérale de l'église de fortune, profitant de la fraîche brise marine.

"Nous espérons que tout se passe bien, c'était notre souhait de rénover le monastère. Si ces travaux n'avaient pas été faits, il serait tombé en ruines", a-t-il dit.

Les travaux sont menés par deux entreprises de construction, l'une chypriote grecque, l'autre chypriote turque.
"Les deux entrepreneurs ont construit une coopération; C'est la première fois que cela se passe à Chypre et nous espérons qu'à l'avenir nous allons développer ce modèle et étendre la restauration des autres monuments, des églises et des mosquées qui sont notre culture commune », a déclaré Glafkos Constantinides, membre de le comité du patrimoine.

La première partie de la restauration en quatre phases devrait durer 19 mois, et le comité du patrimoine espère que cette coopération deviendra un exemple pour toute la région.

"J'espère que cela donnera un exemple à notre région déchirée par l'extrémisme religieux et le fanatisme. Des personnes de nationalités et de religions différentes peuvent travailler ensemble pour le bien commun et créer l'espoir d'un endroit pacifique et meilleur », a déclaré Takis Hadjidimitriou, chef du comité du patrimoine.

(version française par Maxime le minime de l'article d'Evie Andreou  sur le site Cyprus Mail on line) Read More!

Dans le Village de Kakopetria église Agia Theotokos


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Chypre… Athènes et Ankara dans l'impasse

Plus de 40 ans après la partition de Chypre, les négociations entre Athènes et Ankara dans l'impasse

Plus de 40 ans après la partition de Chypre, les négociations entre Athènes et Ankara dans l'impasse
Lors des négociations qui se sont tenues à Genève sur la réunification de l'île, le chef de la diplomatie grecque, Nikos Kotzias, a appelé la Turquie à en finir avec «l'occupation» de la partie nord de l'île. Ankara refuse tout retrait définitif. 
«Une solution juste du problème chypriote signifie avant tout d'en finir avec les causes qui l'ont provoqué, c'est-à-dire l'occupation, la présence de troupes d'occupation et l'existence d'un système de garanties qui a été violé», a déclaré le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias. Il a tenu ces propos devant la presse grecque à Genève, à l'issue de négociations qui s'y déroulaient pour tenter de réunifier l'île de Chypre, divisée entre communautés grecque et turque depuis 42 ans. 



«Notre position reste [...] le règlement du retrait de l'armée turque», a pour sa part déclaré le président chypriote Nicos Anastasiades, en référence aux quelque 30 000 soldats stationnés dans la partie nord de l'île depuis 1974.
Achevée vendredi 13 janvier sans solution, la conférence de Genève avait réuni autour des parties chypriotes les puissances «garantes» de l'île depuis son indépendance : la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, ex-puissance coloniale. 
L'enjeu était de discuter de la sécurité d'une île réunifiée, membre de l'Union européenne. 
Avant l'ouverture de cette réunion, Athènes avait rappelé qu'elle s'opposait à tout droit d'intervention unilatérale pour un pays tiers et réclamait un cadre pour le retrait progressif des troupes turques.   

Hors de question pour Erdogan de retirer ses troupes de Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait quant à lui précédemment réaffirmé que le retrait total des troupes turques de Chypre était «hors de question» pour Ankara. Il a également évoqué des différends sur la présidence tournante d’une Chypre fédérale divisée en deux entités – grecque et turque – jugeant «inacceptable» que les Grecs assurent la présidence pendant quatre mandats contre un seul pour les Turcs.
Selon lui, l’idée avait été émise d’accorder deux mandats aux Grecs pour chaque mandat turc : «Ça, c’est juste. Si nous voulons une paix juste et globale, c’est ainsi qu’il faut procéder», avait-il martelé. Indiquant qu’Ankara n’était pas d’humeur à faire des concessions, il a ajouté : «A part ça, nous leur avons dit [à Genève] que personne ne devait rien attendre de nous.» 
Chypre est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l'île.
Depuis, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud de l'île, où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent dans le nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) autoproclamée n'est reconnue que par Ankara.
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L’avenir de Chypre se joue à Genève cette semaine


Le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades et l’émissaire de l’ONU Espen Barth Eide, ancien ministre norvégien des Affaires étrangères, à leur arrivée à l'ONU le 9 janvier 2017. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
Le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades et l’émissaire de l’ONU Espen Barth Eide, ancien ministre norvégien des Affaires étrangères, à leur arrivée à l'ONU le 9 janvier 2017. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi) 
Le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades, et le dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci affichaient tous les deux un large sourire à leur arrivée lundi matin au Palais des Nations. Les deux dirigeants ont entamé un marathon diplomatique pour essayer de trouver un accord sur la réunification de l’île, scindée en deux depuis plus de quarante ans. L’ONU, qui joue les facilitateurs, faisait preuve, à l’ouverture de ces pourparlers, d’un optimisme prudent.
«Les dirigeants montrent beaucoup de courage, beaucoup de volonté. Cela va être difficile, mais pas impossible. Nous sommes à un moment de vérité», a déclaré l’émissaire de l’ONU Espen Barth Eide, ancien ministre norvégien des Affaires étrangères. Le diplomate n’a pas caché que l’engagement en coulisse de la Turquie, de la Grèce et de la Grande-Bretagne pourrait jouer un rôle déterminant. Les discussions continuent d’achopper sur des points sensibles. Les deux délégations chypriotes ont démarré leurs entretiens en abordant la question du nombre de Chypriotes grecs qui sont fondés à réclamer une propriété dans la partie nord de l’île après l’invasion turque en 1974.
A la différence des précédentes rencontres, qui s’étaient achevées sans résultat, les deux parties ont devant elles une liste resserrée des points qui font toujours blocage. Le plan de travail établi pour la semaine, avec la tenue jeudi d’une conférence internationale, laisse supposer que d’un côté comme de l’autre on n’exclut pas d’arriver à un accord «historique». Même si elle soulève un vent de colère et d’indignation parmi les défenseurs des droits de l’homme, la participation du président turc à un ultime round de discussions consacré aux questions de sécurité est toujours dans l’air. Recep Tayyip Erdogan doit venir retrouver le premier ministre grec, Alexis Tsipras, et la première ministre britannique, Theresa May. Il est peu vraisemblable qu’il ait prévu de se déplacer pour entériner un échec.
La pression mise sur les épaules de Nicos Anastasiades et Mustafa Akinci est énorme. L’Union européenne – dont Chypre est membre – a annoncé que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et la cheffe de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, allaient également se rendre jeudi à Genève. Antonio Guterres est également annoncé. Le Portugais, qui occupe depuis quelques jours seulement le poste de secrétaire général de l’ONU, va y faire son baptême du feu. A la veille de la reprise des pourparlers, il a exprimé l’espoir que «toutes les parties démontreraient la créativité nécessaire à la recherche de solutions innovantes». 
Selon Espen Barth Eide, l’enjeu sécuritaire dépasse les seuls aspects liés au partage de l’île. «Un accord améliorerait d’autres dynamiques dans la région, notamment en Syrie», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Une analyse que partagerait son homologue sur la Syrie, Staffan de Mistura.
(TDG)(Créé: 09.01.2017, 18h25) Read More!

Acquisition de photos rares sur Chypre au XIX°s




 Evie Andreou
Le Musée des Costas et de la Fondation Rita Severis, Centre d'arts visuels et de recherche, a présenté jeudi son dernier acquis, l'archive photographique personnelle de l'archéologue et historien d'art Camille Enlart de ses visites à Chypre à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Les archives - 13 albums avec 543 photographies - "nous pensons que ce sont les photographies les plus importantes que nous avons acquises, mais aussi les archives les plus importantes du Chili au 19ème siècle", a déclaré Costas Severis.

Camille Enlart - b.1862- d.1927 - qui figurait parmi les plus importants historiens de l'art spécialisés dans l'architecture gothique médiévale, a pris ces photographies lors de ses deux missions à Chypre, en 1896 et 1901, a déclaré la directrice exécutive de CVAR, Rita Severis. "Nous croyons que c'est peut-être l'archive la plus importante sur Chypre médiévale, dépeignant les monuments, la topographie et les scènes de la vie quotidienne sur l'île".

Elle a ajouté que, sur la base des résultats de ses visites, Enlart a écrit le célèbre livre L'Art Gothique et la Renaissance en Chypre - publié en 1899 - qui a été traduit en anglais par Sir David Hunt, L'art gothique et la Renaissance à Chypre, en 1987.


Sur les 543 photographies, 470 photographies sont signées, montées sur du papier fort, et portent l'inscription manuscrite d'Enlart lui-même au verso. 45 autres photographies ont été données à Enlart par des amis et des collègues comme le capitaine Young, Tano, Luigi Balthassarre, Bellamy, Berthaud et le comte Jean de Kergorlay. Dans la collection sont également 28 autres photos non signées.

Rita Severis a déclaré que ces photographies restent un témoignage précieux et le seul témoignage visuel de beaucoup des bâtiments dépeints concernant le passé médiéval de Chypre, autant ont été détruits tout au long du 20ème siècle. "En outre, il y a des scènes de la vie quotidienne dans les villes et les villages de Chypre de 1896 comme par exemple le bazar de Nicosie, la foire de St Barnabas, les vendeurs de thym etc".

Enlart a enseigné l'archéologie médiévale à l'École Spéciale d'Architecture et à l'École du Louvre et a été directeur du Musée de la sculpture au Trocadéro à Paris. Il pratiquait la photographie notamment lors de ses voyages en Espagne, au Portugal, en Scandinavie, en Syrie et à Chypre où il étudie l'épanouissement de l'art gothique hors de France.

Lors de ses principales missions à Chypre en 1896 et 1901, il ramena en France des objets achetés ou trouvés sur l'île. Ses collections - sculptures, peintures, poteries, photographies - sont aujourd'hui préservées, pour la plupart, à Boulogne-sur-Mer, sa ville natale.

Les photographies ne seront pas exposées au musée en ce moment, car elles doivent d'abord être restaurées et numérisées.

Le but, a dit Rita Severis, est d'en savoir plus sur les bâtiments décrits comme tous ne sont pas des sites reconnaissables.

Parmi les objectifs, il est également prévu d'organiser un certain nombre de conférences et ateliers en coopération avec l'Université de Chypre, at-elle dit, sur l'histoire de ces photos et des bâtiments.

L'archive photographique a récemment été achetée aux enchères en France. "L'acquisition a été rendue possible grâce au généreux soutien d'amis venus de l'étranger et du pays; Le petit-fils du grand homme, M. Christian Enlart, a estimé que ces archives devaient revenir à Chypre et au Centre des arts visuels et de la recherche, à Mme Ayla Gurel, au Dr Marios Sarris et à d'autres qui souhaitaient rester anonymes ».
(source)

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CHYPRE LA BELLE ÎLE

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ANTIENNES DE L'AVENT du XIV°s



Capella Romana a produit un nouveau cd de Musique de la Renaissance chypriote faisant contraste entre musique occidentale et byzantine. Les deux églises ont coexisté avec des styles différents d'une musique très sophistiquée. Quelques fois les églises étaient adjacentes
Les antiennes font partie du GrandAvent, les derniers jours de l'Avent analogues à la Semaine Sainte. Chacune de ces antiennes était chantée aux Vêpres à compter du 17 Décembre Une coutume semblable est Las Posadas (espagnol) ou Sim interdiction Gabi (Pilipino). L'Eglise philippine a le privilège de célébrer ces messes avec Gloria et Habit blanc. La messe est à 5h du matin (très fréquent dans les zones tropicales) dans les communautés des États-Unis philippins ont habituellement la messe en soirée.

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DES PROPHÉTIES des Saints sur l'avenir de Chypre… par Mgr Néophyte de Morphou

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Saint Monastère de la TouTe Sainte de Kykkos - CHYPRE

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Restauration du monastère du saint Apôtre André


La première phase d'un projet de réhabilitation du monastère du saint Apôtre André dans le nord occupé touche à sa fin.
Takis Hadjdemetriou, à la tête de la partie chypriote grecque dans le comité technique bicommunautaire sur le patrimoine culturel, a déclaré qu'il pourrait y avoir un léger retard , mais le monastère sera livré en excellent état, et même mieux que la façon dont il était avant 1974. 
Le projet devait se terminer au mois de mai , mais l' achèvement pourrait être repoussé d'un mois. 
La restauration du monastère est un projet bicommunautaire principalement financé par l'Eglise orthodoxe grecque de Chypre et  l'administration religieuse chypriote turque Evkaf. 
Situé sur pointe la plus orientale de l'île, sur la péninsule de Karpas, le monastère avait un besoin urgent de réparations et il a fallu des années pour parvenir à un accord sur sa restauration. Les  équipes  travaillent maintenant sur ​​le noyau du monument, en se concentrant sur ​​l'église la phase suivante concerne la chapelle médiévale et la fontaine.  (source)
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ST THÉOPHILE LE NOUVEAU, MARTYR À CHYPRE





Άγιος Θεόφιλος ο Νέος

Le Saint-Martyr Théophile le Nouveau est né et a grandi à Constantinople sous le règne de Constantin et Irene. Il était commandant des armées romaines et sénateur. Dans une bataille avec les Sarrasins près de Chypre vers l'an 800, son armée ayant été défaite il fut abandonné par les deux autres généraux envieux qui l'accompagnaient, et fut ainsi capturé et fait prisonnier par les ennemis. St Théophile a été emprisonné à Chypre, où il a passé quatre ans. Les Arabes tentèrent d'abord par la flatterie et ensuite les menaces de lui faire renier le Christ mais Théophile est constamment resté fidèle à l'orthodoxie. Il fut donc décapité en l'an 784. 


ἈπολυτίκιονἮχος γ’. Θείας πίστεως.

Τὴν φιλότητα πρὸς τὸν Δεσπότην, καθυπέγραψας, τῷ αἵματί σου, καὶ τὴν πλάνην ἐναπέπνιξας, ἅγιε, ἡμισελήνου γενναίω φρονήματι, ἀνακηρύξας Χριστοῦ τὴν θεότητα, ὅθεν εἴληφας, Θεόφιλε παμμακάριστε, τὸ στέφος τῶν μαρτύρων ἐκ Κυρίου σου.

Κοντάκιον
Ἦχος α’. Τὸν τάφον σου Σωτήρ.

Θαλάσσης νοητῆς, διαπλεύσας τὸ κύτος, λιμένα οὐρανοῦ, εἰς κατάπαυσιν εὖρες, Θεόφιλε ἔνδοξε, ὡς πὲρ ναῦς χριστοσφράγιστος, πλάνην Ἄγαρ δέ, ἐκμυκτηρίσας ἐμφρόνως, ὠμολόγησας, τὴν τοῦ Δεσπότου σου πίστιν, μαρτύρων ἀγλάισμα.
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Église sur le territoire de LARNAKA occupé


Eκκλησια της παναγιας των καθαρων στον κατεχομενο Λαρνακα της λαπηθου γιορταζε το δεκαπενταυγουστο

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