Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...
La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits et particulièrement de traductions du merveilleux Blog, si passionné et si riche de NOCTOC. qui m'a permis de transcrire ses textes . Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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CHYPRE décrite par le géographe antique STRABON


Sur le site passionnant de Philippe Remacle on peut lire la traduction du texte que le géographe grec de l'Antiquité STRABON a consacré à Chypre dans une traduction française de l'archiviste paléographe et géographe Amédée TARDIEU 1822-1893

En voici quelques extraits :"[1] Λοιπὸν δὲ τὴν πρὸς νότου παρακειμένην τῇ χερρονήσῳ ταύτῃ περιοδεῦσαι νῆσον τὴν Κύπρον. ....

XIV, 6 - Chypre
1. Pour compléter la description de la presqu'île, nous n'avons plus qu'à tracer le périple de l'île de Cypre qui la borde au midi. Nous avons déjà eu occasion de dire que la mer qui se trouve enveloppée par l'Egypte, la Phénicie, la Syrie et la côte comprise entre la Syrie et la Pérée, rhodienne pouvait être considérée comme la réunion de trois bassins distincts, la mer d'Egypte, la mer de Pamphylie et le golfe d'Issus. Or c'est juste au centre de cette mer qu'est située l'île de Cypre ; car, en même temps qu'elle avoisine la Cilicie Trachée par sa partie septentrionale, laquelle est aussi la plus rapprochée du continent, elle confine par sa côte orientale au golfe d'Issus, par sa côte occidentale à la mer de Pamphylie, et par sa côte méridionale à la mer d'Egypte. La mer d'Egypte, qui communique à l'ouest avec la mer de Libye et la mer Carpathienne, se trouve avoir au midi et au levant l'Egypte même et la côte qui lui fait suite en remontant jusqu'à Séleucie et jusqu'à Issus, et au nord l'île de Cypre et le bassin Pamphylien. [....]

5. On connaît dans l'île de Cypre la situation respective de chaque localité. Disons maintenant que, sous le rapport de la fertilité, Cypre n'est inférieure à aucune autre île. Elle produit du vin et de l'huile en abondance et du blé en quantité très suffisante. Ajoutons qu'elle possède, à Tamassus, des mines de cuivre d'une très grande richesse donnant en même temps de la couperose et du verdet, deux substances fort utilement employées en médecine. Si ce que dit Eratosthène est vrai, toutes les parties basses de l'île anciennement étaient tellement boisées que les arbres envahissaient tout et ne laissaient pas à proprement parler de place à la culture. L'exploitation des mines, à vrai dire, enraya un peu le mal en nécessitant de fréquents abatis d'arbres pour cuire et fondre le cuivre et l'argent ; puis à ce premier remède vint s'ajouter le développement des constructions navales, une fois que la navigation maritime eut commencé à offrir une sécurité suffisante même pour de grandes escadres. [...]

6. Primitivement, chacune des villes de l'île de Cypre avait son tyran ; mais, après que les Ptolémées furent devenus les maîtres de l'Egypte, ils ne tardèrent pas à étendre leur domination sur l'île entière, et ils l'y maintinrent avec l'aide des Romains eux-mêmes, qui en plusieurs circonstances leur envoyèrent des secours. Toutefois Ptolémée, le dernier roi de Cypre et l'oncle paternel de la reine Cléopâtre qu'on a vue de nos jours gouverner l'Egypte, ayant paru aux Romains, ses bienfaiteurs, coupable d'abus de pouvoir et d'ingratitude, fut détrôné par eux ; après quoi ils prirent eux-mêmes possession de l'île et en composèrent une nouvelle province dont ils confièrent l'administration à un préteur. [...]
A partir de ce moment, Cypre devint ce qu'elle est encore aujourd'hui, une province romaine administrée par un préteur. Il y eut seulement une courte période pendant laquelle Antoine livra Cypre à Cléopâtre et à sa soeur Arsinoé ; mais il fut renversé et toutes les dispositions qu'il avait prises se trouvèrent renversées du même coup.

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