Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...
La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits et particulièrement de traductions du merveilleux Blog, si passionné et si riche de NOCTOC. qui m'a permis de transcrire ses textes . Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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Geronda MOINE JOSEPH Le Chypriote






Nous le connaissions comme un Geronda (père spirituel), simple, humble, avec une grande foi dans le Christ et la Toute Sainte (Vierge Marie). Il était de Rizokarpaso aujourd'hui occupée par les Turcs et est allé au Mont Athos, au moment où il a également été occupé par les Turcs. Il est décédé il y a douze ans à l'âge de cent six ans. Il est resté sur le mont Athos quatre-vingt-six ans. Il n'a quitté la Sainte Montagne qu'une ou deux fois, pour aller en pèlerinage à Jérusalem. Pendant quatre-vingt-six ans, il n'a pas mangé de viande. Pendant quatre-vingt-six ans, il n’a pas vu de femme. Pendant vingt-cinq ans, il n’a pas lavé son assiette. Il était en parfaite santé, c’était un homme intelligent et bon.





Ayant atteint l'âge de cent trois ans, il montait encore sur le toit de sa cellule pour en fixer les tuiles. «La Vierge Marie m’envoie tout ce que je veux» disait-il. «J'ai l'icône de la Panagia Oikonomissa, et Sa Sainteté prend soin de moi ... Là-même, tout à l'heure je voulais de l'eau et vous êtes venus pour m’en apporter».



Un jour, deux jeunes amis qui venaient de se marier sont venus d'Athènes et m’ont demandé s’il y avait encore des pères spirituels (Gérontes) au Mont Athos, comme ceux dont on parle dans les livres du Gerontikon et de la Philocalie. Il en existe, ai-je dit, et je les ai emmenés voir un Geronta, le moine Joseph le Chypriote. Il avait alors cent cinq ans. Il était couché en train de faire une prière. «Ces personnes, ai-je dit, sont d'Athènes et sont venues pour obtenir votre bénédiction ». J'ai vu qu'il n'avait pas envie de converser. Après avoir échangé deux trois mots, il nous a fait signe de nous en aller. En sortant les deux hommes ont dit au Geronta: «Geronta, nous avons beaucoup de problèmes, s'il vous plaît priez pour nous». «Je vais prier, a-t-il répondu, mais je veux de l'argent pour prier pour vous». En entendant ces mots je me me suis senti terriblement honteux, j'étais perdu, je ne savais pas quoi dire. J'ai tenté de justifier sa réaction. Je me demandais pourquoi il avait fait cela. Ils sont allés voir un saint homme et il leur a demandé de l'argent afin de prier pour eux? Cet homme, qui connaissait à peine la valeur de l'argent et qui ne lui a jamais accordé beaucoup d'importance?

Les deux hommes sont partis et je me sentais très triste de ce qui s'était passé. Le lendemain je suis allé le voir et il m'a dit: «Père Moïse, nous n’avons pas récolté beaucoup de vertu ensemble. N'emmène pas me voir des gens pour qu'ils m'honorent. J'ai demandé à Dieu de me faire honneur dans la prochaine vie, pas dans cette présente fausse vie». J'ai été tout surpris. Il s'était donc rabaissé devant ses hôtes en demandant de l'argent qu’il n'avait jamais possédé ni jamais aimé, il m'avait fait honte. Comment oserai-je désormais lui amener des gens ? Il avait volontairement détérioré son image de grand ascète. Il avait détruit sa façade. Lequel d'entre nous peut faire une chose pareille? Il était vraiment humble. Par delà le scandale. Il  ne se souciait que de ce que Dieu pouvait dire à son sujet, pas des gens. Quand j'ai dit cela plus tard à ces amis, ils sont restés sans voix.






(From the book «The talking silence» by Monk Moses of Mount Athos.
Translated from Greek by noctoc 

version française par Maxime le minime)

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