Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...

La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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Affichage des articles dont le libellé est Chypre occupée. Afficher tous les articles
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FAMAGOUSTE ville fantôme



La Turquie a lancé sa propre recherche de pétrole et de gaz dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) de la République de Chypre.




La position de l’UE vient corroborer celle de la France affirmée par le Président Emmanuel Macron le 14 juin dernier lors du Sommet à La Valette réunissant les chefs d’Etat du sud de l’UE : "La Turquie doit mettre fin à ses activités illégales dans la Zone Economique Exclusive de Chypre" .
Malgré les avertissements de la France et de l'Union européenne, la Turquie reste sur sa position et continue les recherches.
Récemment, le 4 octobre, la Turquie a envoyé le navire de forage Yavuz au bloc 7 de sa Zone Economique Exclusive (ZEE) et plateau continental; or, les licences d'exploitation de cette zone ont été attribuées aux géants énergétiques français et italien, Total et Eni.
La France a critiqué l'arrivée du navire de forage Yavuz de la Turquie dans la ZEE de Chypre comme une violation de la souveraineté de la République de Chypre et du droit international.
« Ce mouvement hostile est susceptible d'encourager une escalade des tensions en Méditerranée orientale », le porte-parole adjoint du ministère de la France pour les affaires européennes et étrangères. Il a ajouté que le ministre de la France des affaires européennes et étrangères a discuté de la question avec son homologue chypriote et avait exprimé pleine et entière solidarité de la France. Le Conseil des affaires étrangères de l'UE qui traitent ces développements lors de sa réunion le 14 Octobre, a-t-il ajouté.


ΑΜΜΟΧΩΣΤΟΣ - FAMAGOUSTE

Varosha, "perle de Chypre" 

Dans les années 70, c'était LA destination tendance pour passer ses vacances en bord de mer sur l'île de Chypre. Mais, depuis une quarantaine d'années, la ville de Famagouste et ses hôtels de luxe sont laissés à l'abandon.

Durant ses années fastes, tout le monde connaissait Varosha, "perle de Chypre", le quartier balnéaire de la ville de Famagouste au nord-est de Chypre. Les stars s'y donnaient rendez-vous en été, dans les plus beaux hôtels et palaces construits face au littoral. Elizabeth Taylor, Brigitte Bardot, Richard Burton... tous les grands noms du cinéma et de la jet-set internationale profitaient de vacances à Chypre sur les bords de la Méditerranée.

Mais les paillettes firent place aux barbelés, lorsque la Turquie envahit le nord de l'île en 1974, séparant Chypre en deux parties. Famagouste, qui se trouve au milieu de la frontière Nord-Sud de Chypre, fut alors vidée de ses habitants, devenant une de ces villes fantôme où la nature a vite repris ses droits.

Face à une mer d'un bleu translucide, le contraste avec les immeubles de béton laissés à l'abandon est saisissant. La plage, autrefois parsemée de parasols colorés et fréquentée par le beau monde, est aujourd'hui entrelacée de fils barbelés où les panneaux d'interdiction d'entrer obligent les badauds à faire demi-tour.
Depuis, Famagouste est devenue une ville fantôme, interdite d'accès mais elle manque à ses anciens habitants, quelque 45 000 personnes qui ont dû quitter leur ville natale.

"Famagouste sera ouverte", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. La Turquie annonce qu'il est question de reconstruire une ville centrée sur le développement écologique, avec de nouveaux hôtels et de rouvrir le port de Famagouste au commerce international.

La République de Chypre et les réfugiés de la ville contestent cette ouverture sous l'autorité de la Turquie.
Famagouste appartient à ses anciens habitants!
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1er octobre, Jour de l'Indépendance de Chypre.





Chypre s'est forgé une âme. Cette âme fut l'hellénisme. Vers 1230 avant J.C, les Mycéniens fuient la Grèce continentale, s'installent à Chypre. Des colons Achéens suivirent leurs traces quelques années plus tard. Ils introduisirent à Chypre la langue grecque qui fut adoptée par le peuple Chypriote. Dès le IIème siècle avant J.C, l'île était hellénisée. 
Les grandes catastrophes naturelles eurent lieu vers 1075 avant J.C. Le peuple Chypriote devait reconstruire de très nombreuses villes. Pour son bonheur et son malheur, le sous-sol de Chypre était riche en cuivre. Le commerce se développa avec les pays méditerranéens, des comptoirs commerciaux s'installèrent sur les côtes de l'île. Cette richesse excita l'envie des grandes puissances de l'époque, il était plus intéressant de conquérir le pays que d'acheter le cuivre.
Vers 1900 avant notre ère, les Phéniciens s'installent à Chypre, étendent leur pouvoir sur tout le pays, pour mettre sous leur contrôle les mines de cuivre. Vers 750-745 avant J.C, les Assyriens font la conquête de Chypre, puis vers 570 avant notre ère, le pays est conquis par le Roi d'Egypte : Amasis. Face à l'oppression égyptienne, les Chypriotes deviennent plus conscients de leur identité Grecque.
En 545, les Egyptiens cèdent Chypre aux Perses qui opprimèrent sans merci le peuple Chypriote. Leur domination durera deux cents ans. La majorité des Chypriotes firent de leur culture grecque le symbole de la résistance au despotisme oriental. Le goût de la lutte naquit en eux. En 499, les Chypriotes se sont révoltés contre les Perses. La victoire leur échappe et les Perses firent payer cher au peuple, par des crimes et des destructions à grandes échelles.



Les Chypriotes ont acquis le sentiment de leur identité grecque



Au cours des 5ème et 6ème siècles avant notre ère, les Chypriotes qui avaient alors acquis une conscience nationale et le sentiment de leur identité grecque, combattirent vaillamment contre les Perses pour reconquérir leur liberté. 

C'est au milieu de toutes ces luttes que les Rois pro Grecs de Chypre adoptèrent les principes de la démocratie grecque, le mode de vie et l'art grec. Une vague immense d'hellénisme recouvrit Chypre. La domination perse prit fin, Alexandre le Grand fit sa célèbre expédition en Orient, il fut soutenu par les Rois du pays.
En 332, la victoire d'Alexandre assura la suprématie grecque en Méditerranée orientale et Chypre fut enfin libérée. L'époque romaine 50 avant jusqu'à 330 après J.C, Chypre fut intégrée à la province de Cilicie. Les Romains exploitent au maximum les richesses de l'île. Ce fut aussi le temps où le christianisme fut introduit à Chypre.
C'est sous la domination de Byzance qui dura près de huit siècles que l'hellénisme et le christianisme se développèrent à cette époque. D'importantes constructions, églises, basiliques, furent réalisées. La prospérité régnait sur l'île. 
Vers le milieu du 8ème siècle, les Arabes du désert firent irruption en Méditerranée orientale. Chypre, bien que bien protégée par la mer, ne fut pas épargnée. Les Arabes pillèrent les villes, détruisant au nom du prophète Mahomet, les basiliques, et toutes représentations religieuses. Ils massacrèrent un très grand nombre de Chypriotes, en dévastant tout sur leur passage.
Les Arabes se retirèrent de Chypre, à la condition que l'île leur paie un tribu annuel. Ainsi, les pauvres Chypriotes se trouvaient doublement taxés, à la fois par l'empire de Byzance et les Arabes. Dix ans plus tard, en 653, les Arabes envahissent une nouvelle fois l'île, et massacrèrent ceux des habitants qui ne s'étaient pas enfuis pour se cacher dans des cavernes ou des montagnes. La terrible occupation arabe durera trente ans. 
L'Empereur Byzantin, Nicéphore Phocas II en 965, reconquit Chypre, infligeant une défaite cuisante aux Arabes et aux Egyptiens. Ainsi, Chypre redevient une province byzantine à part entière. La troisième croisade menée par Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, et de Philippe Auguste, roi de France en 1191, modifia de nouveau les données politiques du pays.
C'est à cette époque que Richard Cœur de Lion se marie avec sa fiancée Bérangère à Limassol, après son débarquement à Chypre, il devient le maître de l'île, après avoir massacré quelques milliers de Chypriotes. Chypre fut vendue par Richard aux Templiers qui vendirent quelques mois après, le pays au Comte Guy De Lusignan, seigneur du Poitou. C'était le début de l'époque France en 1193, qui dura plus de trois siècles.
En 1499, les Génois, puis les Vénitiens envahissent eux aussi Chypre. Ses richesses et ses positions commerciales en Méditerranée sont la cause de nouveaux malheurs. Le peuple est terriblement opprimé. En dépit de la longue présence de la dynastie latine, les Chypriotes restent fidèles à leur identité.


1571-1878, l'époque turque

Chypre est demeurée trois cents ans sous la domination ottomane. C'est à cette époque, que les conquérants turcs s'établirent dans l'île, ainsi que des Turcs venant d'Anatolie. Les Chypriotes turcs, demeurant à Chypre actuellement, sont les descendants de l'envahisseur de l'époque. Trois siècles de domination qui ont apporté, misères, catastrophes au peuple chypriote, de nombreuses destructions d'églises et de monuments d'une incomparable richesse.
En 1877, un nouvel épisode de la guerre qui opposait la Russie à la Turquie, la Grande Bretagne accepte de protéger la Turquie en échange de quoi, Chypre lui fut cédée. Elle passa ainsi très paisiblement de la domination Turque à celle de la Grande Bretagne. Les Chypriotes étaient heureux, espérant inaugurer une ère de liberté et de progrès. Mais, l'île était dépeuplée et misérable.
Au cours de la seconde guerre mondiale, les Chypriotes se rangèrent aux côtés de l'Angleterre et furent nombreux à s'engager comme volontaires dans l'armée anglaise. L'aspiration du peuple pour l'indépendance de leur pays était grande. Devant le refus britannique de leur accorder, ce qu'elle accordait aux autres pays de l'empire, ils prirent les armes dès le ler avril 1955 pour conquérir leur indépendance. Après cinq ans de lutte, l'Angleterre accepta devant une situation qui empirait, de négocier.
L'Angleterre, la Grèce, la Turquie, se réunirent en février 1959 pour aboutir aux accords de Zurich en vertu desquels fut fondée la République de Chypre. Le drapeau de Chypre fut hissé sur les édifices publics, dans la nuit du 15 au 16 août 1960. Chypre devenait indépendante après des siècles de soumissions. 


Mgr Makarios III, Sir Hugh Foot et le Dr Küçük, lors de la signature du traité de Londres en février 1960.



Le gouvernement chypriote a fixé le 1er octobre pour fêter le début de l’indépendance de l’île.
Conclusion

En 1960, la République est née, comptant 80% de Grecs (450 000), 16% de Turcs (125 000) et 4% d’Arméniens, de Maronites et de Latins. Les Grecs sont arrivés à Chypre vers 2 000 avant Jésus Christ. Les Turcs sont arrivés en 1571 après Jésus Christ. Beaucoup de Chypriotes turcs sont de d'ascendance grecque et sont devenus musulmans pour éviter les massacres.
La Grèce, durant 400 ans d’esclavage pendant lesquels elle fut rayée de la carte, jusqu’à son soulèvement le 25 mars 1821 pour libérer une partie de la terre grecque en créant l’Etat grec en 1828. Beaucoup de régions grecques se sont unies à la Mère Patrie, la Grèce, plus tard comme le Dodécanèse, la Macédoine, la Thrace, l’île de Crète, les îles Ioniennes mais pas encore Chypre. Chypre a été occupée pendant 800 ans. C’est grâce à la lutte armée de l’E.O.K.A qu’elle a obtenu son indépendance en 1960.
Quand la lutte de l’E.O.K.A contre les Britanniques commença en 1955 pour la liberté et l’union avec la Grèce, les Turcs, les 6 et 7 septembre, massacrèrent les Grecs à Constantinople. Les Britanniques trouvèrent le moment opportun pour convoquer la Turquie et la Grèce qui tomba dans le piège. Le Royaume Uni donna des droits à la Turquie sur Chypre, tout en violant le traité de Lausanne.
En 1923, la Turquie renonce, lors de la signature du traité de Lausanne, à tous ses droits sur Chypre qui sera déclarée colonie de la couronne britannique, en 1925. C’est à ce moment que la Turquie a commencé son plan d’envahissement de l’île de Chypre, lequel a eu lieu en 1974.
Mais cette lutte pour l’Enosis (l’union) n’a pu aboutir et, le 11 février 1959, Chypre devient un Etat indépendant suite à la signature du traité de Zurich. Huit jours plus tard, les deux représentants respectifs des Chypriotes grecs et turcs, l’archevêque de Chypre, Mgr Makarios III et le Dr Fazil Küçük, acceptent la naissance de la République indépendante de Chypre.
Un traité est signé à Londres entre le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie, en février 1960, et ces trois pays se portent garants de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de Chypre. La domination britannique prend définitivement fin, le 15 août à minuit, et la république est officiellement proclamée le 16 août. 
En 1960, les Anglais quittent l’île de Chypre qui devient alors une République, avec, pour Premier Président, l’Archevêque Makarios III et, pour vice-président, le Chypriote turc, le Dr Küçük.


Une photo explosive du journal anglais en 1964, montrant des manifestants à Londres
 brandissant déjà le panneau « La seule solution est la répartition de Chypre » !


La République de Chypre est née.
Les Chypriotes grecs, malgré leur lutte pour l’union avec la Grèce, ont fini par accepter, tout doucement, la République de Chypre car ils n’ont pas eu le choix, suite à la signature du traité de Zurich : c’était soit la République de Chypre, soit la répartition de l’île.
A partir de là, la Turquie a poursuivi son plan et l’objectif fut de dresser les Chypriotes turcs contre les Chypriotes grecs. Nous avons plusieurs exemples en ce domaine mais, nous allons vous en citer un témoignage d’un officier de l’armée turque qui avait pour ordre de se rendre à Chypre afin de provoquer l’explosion de minarets. De 1960 à 1974, les deux communautés ont rencontré des problèmes.
Les Chypriotes turcs, qui vivaient en parfaite harmonie depuis des années avec les Chypriotes grecs, après l’invasion de 1974, sont devenus, eux aussi, les otages de la Turquie car ils sont devenus minoritaires à cause des colons venus de Turquie. D’ailleurs, de nombreux Turcs ont fait savoir que, même s’il n’y avait pas de Chypriotes turcs à Chypre, l’invasion aurait eu quand même lieu.
La lutte de tous les Chypriotes est la liberté de leur île et de sauvegarder la REPUBLIQUE DE CHYPRE.
La Turquie, en revanche, poursuit son plan qui consiste à dominer Chypre. Les Chypriotes ne sont pas les seuls à devoir se méfier de la Turquie. Très nombreux sont ceux qui pensent que la Turquie sera bientôt un pays très puissant qui dominera au Proche Orient et même en Europe. 
Le souhait des Turcs est le retour de l’Empire Ottoman.

BON ANNIVERSAIRE A CHYPRE ET VIVE LA REPUBLIQUE !

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FAMAGOUSTE NOSTALGIE

 Victoria Hislop se tient devant le filet qui scelle les hôtels et les immeubles dans le centre touristique de Famagouste


Famagouste sur la côte est de Chypre, était autrefois l'une des stations les plus glamours de la Méditerranée. Ses kilomètres de sable clair et sa mer turquoise en faisait une destination pour la jet-set des années soixante-dix, attirant des milliers de visiteurs chaque année. 

Avec les touristes, la population forte de 40.000 habitants connaissait une vie riche en culture, art, musique et théâtre qui était la meilleure de l'île. Avec le port plus profond de Chypre, Famagouste traitait plus de 80 pour cent de la cargaison de l'île, dont une grande partie composée d'un vaste tonnage d’agrumes cueillis dans les vergers locaux.

Le quartier moderne, où se trouvaient les hôtels et appartements de luxe était habité principalement par les Chypriotes grecs, tandis que la ville fortifiée qui contenait les trésors historiques de Famagouste - y compris de nombreuses églises byzantines et une spectaculaire cathédrale du 14ème siècle, de l'époque franque - était habitée par les Chypriotes turcs. 

Mais il y aura 40 ans ce mois-ci, le règne de Famagouste comme paradis pour les insulaires et les touristes s’est interrompu d’une manière abrupte et prématurée.

Suite à un coup d'Etat militaire grec en Juillet 1974 les forces turques ont envahi Chypre, sous le prétexte de rétablir l'ordre constitutionnel et de protéger la minorité chypriote turque. Après une brève période de cessez-le feu, Famagouste a été bombardée et les chars turcs ont alors avancé. 

Le 14 Août, la population chypriote grecque a fui dans la terreur, dans des voitures, des autobus, à pied, en n'emportant que les vêtements qu'ils portaient. Ils s'attendaient à l'aide d'une puissance étrangère, mais rien n’est venu, et leur exil a duré des semaines, puis des mois, puis des décennies. 

Ma première visite à Chypre c’était quatre étés après la guerre. J'avais répondu à une petite annonce dans Time Out pour un voyage par voie de terre à Chypre, ne réalisant pas que j'allais dans une zone sous occupation de l'armée. J'avais 18 ans et j’étais très naïve. Il a fallu la vue des bâtiments grêlée de balles pour que je me me dise que ça allait être une fête étrange. Il y a 40 000 soldats turcs dans le nord de Chypre aujourd'hui, mais en 1978 il y avait beaucoup plus. 

Je me suis retrouvée sur une île où les Turcs avaient effectivement tiré un trait sur ​​Chypre divisant le nord du sud, coupant Famagouste et d'autres villes de leurs populations chypriotes grecques. Lors d’un de mes voyages à travers le nord de l'île avec des soldats qui étaient en congé, je me souviens avoir vu au loin une grande ville moderne et l’on m’a dit que c'était là qu’étaient les plus belles plages. J'ai demandé si nous pouvions y aller. « Non, m’a-t-on dit. C'est hors de limites. » 

Cette ville était Famagouste, une ville qui est devenue un symbole de la division de l'île. 

L'année de ma première visite, la frontière a été entièrement scellée, et elle est restée ainsi pendant encore 25 ans. Puis, en 2003, les autorités turques ont ouvert pour permettre aux gens de visiter leurs anciennes maisons. Beaucoup les ont trouvé occupées par les Chypriotes turcs ou des colons venus de Turquie. Cela a été une expérience traumatisante dans tous les sens, nombreux sont ceux qui ont trouvé leurs maisons détruites ou modifiées jusqu’à être rendues méconnaissables.

Aujourd'hui, une partie de Famagouste encore reste entièrement bouclée par des barbelés rouillés, farouchement gardée par les troupes turques. Connue sous le nom de Varosha, cette partie représente environ 20 pour cent de Famagouste : c’était une zone touristique de premier ordre, comprenant l'étendue de sable doré, derrière laquelle se dressent des squelettes d'hôtels et d’appartements bombardés et abandonnés, et des rues avec des magasins, des restaurants, des hôtels pillés. 

La ville fantôme est fortement gardée par des soldats, et des panneaux agressifs qui indiquent clairement que c'est une zone interdite. Grâce à d'énormes trous dans le filet plastique il y a une vue montrant de manière provocante la déréliction qui se trouve derrière. Les mauvaises herbes poussent entre les pavés, les vitres sont brisées, l'atmosphère y est étrange et sinistre. 

Les deux dernières années, je suis allée au nord et au sud de Chypre régulièrement à la recherche d'un roman. Pendant cette période, j'ai vu d'importants travaux de construction en cours dans la région environnant Varosha, ce la qui rend méconnaissable aux anciens habitants. Une importante population de colons de la Turquie continentale y vivent, en suivant leur mode de vie et leur culture très différente, même de celle des Chypriotes turcs. 

l est douloureux pour les Chypriotes grecs de voir leur ville en cours de reconstruction. Il y a à propos de Cette situation suscite beaucoup de colère, mais aussi de la tristesse. La plus grande tristesse, bien sûr, est que des dizaines de milliers de personnes ont perdu tout ce qu'ils avaient. Mais il y a également le regret que l'harmonie dans laquelle Chypriotes grecs et turcs ont vécu a été détruite. Erato Kantouna, fille de l'ancien maître du port de la ville, rappelle que son père était très ami avec de nombreux Chypriotes turcs. Ils étaient collègues, me dit-elle. »Et certains d'entre eux ne parlaient que grec.

Beaucoup de Chypriotes turcs que j'ai rencontrés ont exprimé leur frustration de façon semblable. Serdar Ataï, qui fait partie d'une société commune civique qui encourage la coopération entre les deux communautés, m'a dit comment il se sent vivre à Famagouste. "Nous sommes en captivité, comme otages", dit-il, ils ont promis que tout serait OK, mais notre avenir est captif. Pouvez-vous imaginer ce traumatisme? C'est poids très lourd pour les gens qui vivent ici. Ils se réveillent à un horizon sombre. "

Nous sommes allés à la boutique de Serdar pour récupérer la clé de la belle église du 14ème siècle de Agios Georgios Exorinos. A l'intérieur, plusieurs choses ont attiré mon attention - plus évidemment les fresques défigurées, avec les visages et la croix atrocement rayées. Il y a eu de nombreux cas de vandalisme culturel dans les églises grecques orthodoxes du nord. 

Mais quelque chose d'autre se distingue: dans le coin était un "epitafios", que l’on transporte dans les rues le vendredi saint. Cette année, pour la première fois depuis 1958, un office orthodoxe a eu lieu dans l'église. Des milliers de Chypriotes grecs ont traversé la frontière pour participer à ce moment profondément symbolique. 

Le Week-end dernier, j'ai assisté à un rassemblement pour célébrer les 40 ans depuis que les gens de Famagouste ont perdu leurs maisons. Pour rejoindre l'événement, j’ai pris une route qui est parallèle à la ligne de démarcation divisant Chypre. Tous les quelques kilomètres il y avait un poste de garde sur une colline, à partir duquel les soldats turcs regardaient vers le bas pour nous surveiller.

Une occasion semblable a eu lieu chaque année depuis la division de l'île et se déroule dans Dherynia, un village dans le district de Famagouste à proximité de la "frontière". De là, la ville fantôme est clairement visible dans la lumière du jour, ses hôtels de plusieurs étages se détachant sur la ligne d'horizon. La nuit, il disparaît. Il n'y a pas de lumières à l'intérieur de ces bâtiments. 

Dans la nuit de la journée du Souvenir de Famagouste, je marchais à côté d'une foule de plusieurs centaines de personnes du centre culturel de Famagouste occupé à travers le village pour présenter une déclaration au poste de contrôle des Nations Unies. Une lettre, adressée au Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui demandait le retour de Famagouste à ses habitants légitimes. Avec leurs drapeaux flottant au vent, ils ont chanté des chansons sur leur ville perdue pour les troupes de l’ONU. C'était une manifestation pacifique, mais empreinte d’amertume et de chagrin. 

De retour au centre culturel, 1200 d'entre nous (y compris un certain nombre de Chypriotes turcs et trois membres du groupe parlementaire britannico-chypriote de tous les partis) a écouté les discours, d’entre autres, le président de Chypre, Nicos Anastasiades. Il a souhaité la bienvenue aux Chypriotes turcs pour l'événement et a déclaré que la solution à la question chypriote ne devrait pas avoir de gagnants ou de perdants, mais seulement des citoyens européens heureux. Il leur a demandé de travailler avec les Chypriotes grecs afin d'avoir un pays libre. 

«Le temps est contre nous, a-t-il dit. Non seulement pour les Chypriotes grecs mais pour les Chypriotes turcs.» Ces derniers sont maintenant une minorité par rapport aux colons venus de Turquie. 

Des spectateurs désabusés m'ont dit que les mêmes choses sont dites chaque année, et que les négociations vont certainement durer pendant très longtemps. La découverte de vastes réserves de gaz dans les eaux de Chypre pourrait toutefois s'avérer un catalyseur pour une sorte de règlement.

La soirée s'est poursuivie, avec des chansons extrêmement émouvantes sur la ville dont la silhouette se dessinait sous le clair de lune, et je me demandais si les amplificateurs les portaient aussi loin que les soldats qui gardaient la ville. 

« Nous sommes partis avec la certitude que nous allions bientôt revenir, croyant que le monde civilisé ne saurait jamais accepter ce crime contre Chypre » m’a dit Alexis Galanos, le maire en exil, et il a ajouté « Nous avons eu tort. »

Famagouste est connu pour les Grecs sous le nom Ammohostos, qui signifie «enfouie dans le sable ». J'espère que la question de son retour légitime ne rencontrera pas ce sort. 

Le roman de Victoria Hislop, "The Sunrise", est publié le 25 Septembre par Headline (£ 19,99)
(version  française par Maxime le minime de la source)
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Le Saint Monastère de la Panagia Apsinthiotissa à CHYPRE

Le Saint Monastère de la Panagia Apsinthiotissa, situé dans un paysage de rêve sur les flancs verts de la montagne de Pentadaktylos, était une dépendance du monastère du Saint-Sépulcre de Jérusalem . Il est  désormais depuis 1974 sous occupation turque 



Le monastère a été construit en 1100 et il était considéré un des joyaux des complexes byzantins importants de Chypre mais après l'invasion turque en 1974,  il  a été pillé par les trafiquants turcs et laissé aux ravages du temps. Ils ont tout pillé, et même les fresques en ont été extraites des murs pour être vendues. On en a récemment identifié lors d'une vente en Allemagne. Dans ce lieu jadis sacré, on peut malheureusement maintenant constater avec consternation et horreur toutes sortes de déchets incongrus et d'excréments d'animaux qui jonchent le sol ainsi que des graffiti blasphématoires qui recouvrent les murs…



Selon la tradition locale, le monastère a pris son nom d'un buisson, l'absinthe, qui obturait l'ouverture de la grotte, dans laquelle un moine avait caché une icône miraculeuse de la Toute Sainte pour la sauver de la fureur destructrice des iconoclastes.
Des années après, avec la restauration des icônes, les résidents de la zone environnante ont vu une étrange lumière très brillante qui émanait de la montagne... ils ont alors trouvé l'icône et construit le monastère. Depuis le monastère est connu  comme le monastère de l'absinthe (Apsinthiotissa)  ou simplement Psithia. Le monastère connut alors une grande fortune, puis il est devenu sous la domination ottomane, une dépendance de Jérusalem et une partie du monastère de Saint Chrysostomou Koutsovendis, qui était l'exarchat central officiel du Saint-Sépulcre à Chypre. 



  


(version  française par Maxime le minime de la source)
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Le premier office depuis 1957 en l'église d'Ayios Georgios Eksorinos dans la partie occupée de Famagouste


Des centaines de fidèles ont afflué à l'église médiévale d'Ayios Georgios Eksorinos dans la partie occupée de Famagouste hier, pour le premier office grec-orthodoxe en 56 ans, c'est le plus grand rassemblement de fidèles gréco-chypriotes dans un office qui s'est tenu dans les territoires occupés depuis 1974 .
Ayios Georgios Eksorinos, situé dans la ville fortifiée, avait été abandonné depuis 1957 en raison d'une flambée de violence inter-communautaire.

L'Officiant était l'évêque Vasilios de Constantia - Famaguste, en présence du maire Alexis Galanos et du conseil municipal. Dans son sermon, Mgr Vasilios a fait largement référence à un célèbre ouvrage de l'écrivain médiéval Leontios Machairas, qui avait fourni suffisamment de preuves du rôle de premier plan de la ville dans le développement de l'Eglise orthodoxe grecque à Chypre. Famagouste, a rappelé l’évêque, est appelée la «ville d’une église pour chaque jour » car 365 temples ont été construits dans ses murs. C’était , a souligné Mgr Vasilios, un centre financier et commercial de la région et c’est devenu un axe de l'évolution politique de l'île pendant une longue période, pendant et après l'époque médiévale.
Compte tenu de la série continue de conquêtes de Chypre par les chrétiens de différents dogmes Famagouste est marquée par de nombreux joyaux architecturaux d'importance historique, comme la cathédrale Saint-Jean où les rois de Chypre et de Jérusalem ont été couronnés, ainsi que Saint-Georges des Grecs.

 L' évêque de Famagouste a félicité les organisateurs pour leur initiative de rouvrir l'église pour la première fois depuis 1957 et a déclaré que « c'est le premier mais ce n’est pas le dernier office qui aura lieu ». Sur une base pratique et en dépit des difficultés politiques, la municipalité de Famagouste et un comité de l'Eglise ont pris la responsabilité d'organiser les offices sur une base régulière, avec la participation volontaire de la population locale qui veut voir une autre pièce rare du patrimoine culturel préservé et rendu à la vie religieuse.

 Ayios Georgios Eksorinos, une imposante structure d'influence architecturale évidente, a été construit au 14ème siècle, pendant la domination vénitienne et a été transformé en salle de concert. C'est l'une des églises les mieux conservées dans le nord occupé, mais elle nécessite cependant d'importants travaux de conservation, en raison des dommages causés par l'humidité concernant les icônes et les fresques .(source)
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Des icônes dérobées saisies par le gouvernement néerlandais retournent à Chypre


Le gouvernement néerlandais a saisi quatre icônes volées à un monastère dans le nord de Chypre et les remettra aux autorités chypriotes, selon Walk of Truth, une organisation qui milite pour la préservation du patrimoine culturel. "Les Pays-Bas devraient être félicités pour cela", a déclaré Tasoula Hadjitofi, fondateur du Walk of Truth. Les icônes du 16ème siècle dépeignant les quatre apôtres, évalués à environ 200.000 dollars, ont été prises depuis le monastère médiéval Antiphonitis en 1975. Les efforts juridiques de l'Eglise de Chypre pour récupérer les icônes ont échoué en 2002 après sept ans. Un changement dans la législation néerlandaise en 2007 a ​​permis au gouvernement de saisir les œuvres d'art. Une icône du 16ème siècle représentant Saint-Marc, l'un d'une série de quatre icônes dérobées dans un monastère du nord de Chypre lors l'invasion turque en 1974. 



Le gouvernement chypriote dit que pas moins de 100 églises orthodoxes et grec-arméniennnes dans le nord de Chypre ont été pillées ou saccagées après l'invasion turque de 1974. Il estime que plus de 15.000 icônes sont manquantes. Certains objets ont été récupérés en Europe occidentale et aux États-Unis. Les quatre icônes des saints dérobées ont été achetées par un couple de Néerlandais âgé à un concessionnaire arménien qui  visitait leur maison à Rotterdam. Lorsque le couple a essayé de vendre aux enchères les icônes dans les années 1990, les employés de Christie international ont averti  qu'elles avaient pu être volées. Les oeuvres ont été découvertes dans l'appartement de Munich d'Aydin Dikmen, un marchand d'art d'origine turque, en 1997. Elles furent alors évaluées à 30 millions de marks (17 millions $), s une mosaïque arrachée du mur de l'église Kanakaria de 6thcentury et une fresque de l'église Antiphonitis faisaient aussi partie du lot. (source)







Tasoula Hadjitofi (1959) est née à Famagouste, Chypre. En 1974, elle et sa famille ont été forcés de fuir leur domicile en raison de l'invasion turque de Chypre et le déclenchement de la guerre. Après ses études en informatique au Royaume-Uni, elle est devenue entrepreneur aux Pays-Bas. Elle a créé sa propre entreprise, Octagon Professionals International BV, spécialisée dans la fourniture de services informatiques et de personnel professionnel à des clients dans toute l'Europe et en Asie. Tasoula est surtout connue pour son travail dans la lutte contre le trafic d'art à travers le monde. En 1987, Mme Hadjitofi a été nommée consul honoraire de Chypre aux Pays-Bas. Tandis qu'elle à ce poste,  des marchands d'art lui ont proposé d'acheter des objets volés dans sa Chypre natale (pendant et après la guerre.) Cet incident l'a incitée à lancer une recherche sur le trafic d'art qui l'a conduite à une lutte de plus de 27 ans passant par les marchands, les détectives et les avocats, pour récupérer le patrimoine culturel et religieux pillé dans sa patrie. Cette initiative a abouti à l'impulsion et la coordination de la "Case Munich," de 1997 à des opérations d'infiltration des plus importants trafics d'art de l'histoire européenne. Cela a abouti à la conclusion (découverte) de 5000 objets cachés dans des doubles plafonds, de faux planchers, et des planchers dans les appartements de Aydin Dikmen, un archéologue turc vivant à Munich. À ce jour, les objets restent sous la garde de la police bavaroise bloqués dans les procédures judiciaires. En 2010, elle fonde Walk of Truth, une organisation non-gouvernementale dont la mission est de sensibiliser à l'importance de la préservation du patrimoine culturel dans les zones de conflit.










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La Grèce appelle la Turquie à retirer ses troupes de Chypre





"J'invite la Turquie à faire les gestes nécessaires et à transformer les mots en actes", a déclaré M. Droustas, en visite à Chypre. "J'appelle la Turquie à retirer ses troupes d'occupation de Chypre".
"Nous souhaitons envoyer un message: le problème chypriote est la première priorité de la politique étrangère grecque", a-t-il assuré après avoir rencontré le président chypriote Demetris Christophias.
De son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Grigoris Délavekouras, a réitéré jeudi après-midi, lors d'un point de presse juste une heure après l'arrivée de la délégation grecque à Athènes de Nicosie, que tant que "le problème de Chypre n'est pas réglé, aucun progrès ne peut être fait dans les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE)".
Des pourparlers de paix ont été lancés sous l'égide de l'ONU en 2008 en vue d'une réunification de l'île, qui soulagerait la Turquie dans ses négociations pour adhérer à l'UE bloquées par un différend sur la République turque de Chypre du Nord (RTCN), uniquement reconnue par Ankara.
Chypre est divisée depuis le 20 juillet 1974, lorsque la Turquie a envahi le nord de l'île à la suite d'un coup d'Etat fomenté par des nationalistes chypriotes-grecs soutenus par la junte des colonels alors au pouvoir à Athènes et visant à rattacher le pays à la Grèce.
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A la suite d'une décision collégiale Jennifer annule son anniversaire dans la partie occupée de Chypre





Jennifer devait donner un concert à Chypre le 24 juillet prochain, le jour de son 41e anniversaire... Mais cela a finalement été annulé ! En effet, son attachée de presse a déclaré que cette annulation été due à la "situation politique" de Chypre : "Jennifer Lopez ne pourrait sciemment soutenir tout Etat, pays, institution ou régime associé à une quelconque violation des droits de l'Homme"."Après un examen attentif de la situation à Chypre, la décision a été prise de ne pas participer au concert. Cela a été une décision collégiale, qui reflète notre sensibilité à la situation politique de la région".
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À l'attention de Madame Jennifer Lynn Lopez




(Née le 24 juillet, 1969)
Chère Madame Lopez,
Je vous écris en ma qualité de Présidente des Mères Déplacées de Chypre, en tant qu’une femme et pardessus tout en tant qu’une mère. Depuis cette partie du monde nous suivons et admirons votre carrière à succès, mais aussi votre étonnante force à élever vos enfants et votre détermination à leur offrir les justes valeurs de la vie.
Néanmoins, nous fûmes réellement attristées et choquées en apprenant que vous visiterez la région de la République de Chypre occupée par l’armée turque, pour prendre part aux célébrations de l’anniversaire de l’invasion illégale de notre pays par la Turquie, qui nous a privées de nos foyers et de nos droits fondamentaux au sein de notre propre pays. Depuis le 20 juillet 1974, lorsque laTurquie envahit notre île, un tiers de la population de l’île de Chypre, c’est à dire 200.000 personnes – probablement la proportion de personnes Déplacées Internes/Réfugiées la plus élevée dans un seul pays – furent chassées par la force de leurs foyers et 37% du territoire souverain de la République de Chypre passa sous occupation militaire turque. En contravention de toutes les Résolutions des Nations Unies et de toutes les Décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme condamnant la Turquie pour sa présence illégale sur l’île, les Chypriotes grecs furent empêchés de retourner dans leurs foyers et propriétés depuis leur expulsion massive.
Les personnes déplacées qui devinrent en fait des refugiés dans leurs propre pays, subirent en plus de la perte de leurs propriétés et leurs biens, la perte de leurs êtres chers, nombreuses desquelles sont encore portées disparues, vue que la Turquie refuse de rendre des comptes concernant leur sort. Certains membres de notre mouvement, qui à l’époque étaient adolescentes, furent violées par les soldats turcs et capturées comme prisonnières de guerre – quant aux autres membres, nous fûmes violées à même notre âme et en souffrons toujours.
La Turquie a déraciné notre enfance et nos rêves, pourtant nous ne perdons pas espoir. Nous avons à présent nos propres familles et enfants et nous luttons pour les élever avec les moyens limités dont nous disposons loin de nos foyers. MAIS NOUS N’OUBLIONS PAS LA TRAGÉDIE DU 20 juillet 1974.
Sur votre site internet vous dites: «Quant à moi, je suis Catholique,» (Lopez dit sur Southern Florida’s NBC 6); nous aimerions vous informer qu’au mois de juin de l’année courante, Sa Sainteté le Pape Bénédicte XVI visita la République de Chypre, toutefois il refusa de visiter les régions occupées par l’armée turque, ne pas donnant suite à une invitation «officielle» qui lui fut adressée. Ceci devrait être instructif sur ce que cet « état » représente pour la Chrétienté et l’humanité. Nous, en tant que Chrétiennes et en tant que femmes ayant souffert des atrocités commises par la Turquie, vous exhortons à ne pas réaliser ce voyage à Chypre et à ne pas participer à ces célébrations.
Le fait que vous êtes mondialement célèbre, transforme cette « fête pour votre anniversaire » en un piège adroitement camouflé au profit de la Turquie et produira un impact négatif direct au détriment de mon pays et de nous-mêmes, dans la mesure où la propagande turque vous utilise dans un effort de se forger une fausse « normalité » et une fausse « légitimité » pour le pseudo-état hors la loi qui n’est reconnu que par la Turquie.
Lors de Votre Décision, NOUS VOUS PRIONS de considérer QUE:
Le 20 juillet 1974 la Turquie envahit et occupe depuis une partie de Chypre, et, de ce fait, de l’Europe elle-même;
La Turquie perpétra une épuration ethnique et des crimes de guerre contre les Chypriotes grecs.
Nous, les Mères Déplacées Internes et Réfugiées, revendiquons la restauration de nos Droits Humains et le retour en Sûreté à nos FOYERS et PROPRIÉTÉS.
Nous exigeons la détermination du sort et la localisation des personnes portées disparues ainsi que la responsabilisation de la Turquie.
Ces faits constituent la vérité souvent omise dans les discussions au sujet de Chypre pour des raisons de tact et ignorée par les Dirigeants Mondiaux, qui se présentent comme des Défenseurs des Droits de l’Homme. Nous faisons appel à votre qualité de femme, de mère et de chrétienne et nous vous demandons de respecter nos souffrances et ne pas fêter votre anniversaire en compagnie des pilleurs de notre histoire, de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Nous comptons sur votre sensibilité contre les violations des Droits de l’Homme à travers le monde et nous aimerions solliciter votre soutien actif dans notre combat contre l’impérialisme et dans nos efforts de restaurer nos Droits Humains, de la même manière que vous vous étiez battue pour la sensibilisation au sujet des femmes mexicaines assassinées à Ciudad Juarez et en Chihuahua.
Je me mets personnellement à votre disposition pour vous fournir toute information utile de façon objective et pour coopérer avec vous de toutes les manières possibles dans le but d’informer le monde au sujet de ces crimes impunis, perpétrés à Chypre depuis 1974. Nous sommes confiants que vous prendrez la décision juste.
Dans l’espoir de votre réponse,
Sincèrement votre,
Markella Isaïa-Chakka
Présidente
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J’ai hérité la guerre (1) extraits du Blog "les carnets éphémères"



"Hériter de la guerre, s’approprier un clivage dont on n’a pu être le témoin,
 se forger sa propre opinion, mais pas complètement par soi-même.
 Voilà ce qui pourrait relier ces dix jeunes, encore ados, déjà adultes."


Ils parlent de leur guerre
Georges Anthonio est chrétien maronite et  étudiant en science politique à Beyrouth.
Shadi est musulman sunnite. Il travaille pour Greenpeace à Beyrouth.
Farah est musulmane chiite.
David vit à Jérusalem, il vient d’avoir son bac et va commencer la fac.
Irit vient de Yavné, au sud de Tel-Aviv. Elle vient d’effectuer ses deux ans de service militaire
Or est prof d’hébreu pour les étrangers, à Jérusalem. 
Cristina grec-orthodoxe a grandi à Chypre mais vit désormais à Londres
Andri grec-orthodoxe commence des études d’art.
Christos grec-orthodoxe est serveur du Starbucks Coffee de la rue Ledra de Nicosie
Maria grec-orthodoxe  est la patronne de Christos




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