Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...

La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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Tensions entre Nicosie et Ankara sur le gaz chypriote

La présence d'un navire turc dans les eaux chypriotes pour réaliser des études sismiques a enflammé à nouveau les relations entre Chypre et la Turquie. Le gaz qui dormirait sous la Méditerranée est un espoir pour Nicosie, mais alimente les exigences des Turcs.



par Romaric Godin | 22/10/2014

Plus de modèle économique

Surtout, le « plan de sauvetage » de Chypre, en faisant payer les déposants de plus de 100.000 euros pour le renflouement des banques a réduit à quasiment rien le modèle économique de l'île fondé sur le système bancaire et les dépôts étrangers. C'est dire si l'exploitation des richesses gazières qui se trouvent dans les sous-sols marins au large des côtes chypriotes est attendue avec impatience. En grande partie, ce qui fait « tenir » les Chypriotes durant ces années difficiles, c'est l'attente du gaz.

Création d'une ZEE

Le gaz sous-marin serait en abondance. Conformément au droit de la mer, notamment à la convention de 1982, Nicosie a établi une « zone économique exclusive » pour réaliser les études et l'exploitation de ces richesses. Cette ZEE est divisée en treize blocs d'exploration et d'exploitation qui ont été en partie attribués à des entreprises étrangères. Mais depuis longtemps, la Turquie s'irrite des volontés de Chypre d'exploiter ces richesses.

La résistance d'Ankara

Ankara, rappelons-le, ne reconnaît pas la république de Chypre, membre de l'UE et seule entité reconnue par la communauté internationale. Elle défend les droits de la République turque de Chypre du Nord (RCTN), entité non reconnue par d'autres pays que la Turquie, et occupée militairement par l'armée turque depuis 1974. Surtout, la Turquie n'est pas signataire de la convention de 1982. Le gaz naturel qui dort sous la Méditerranée est le plus fabuleux espoir des Chypriotes. Soumis à une austérité sévère depuis que la crise grecque a rattrapé l'île en mars 2013, le pays connaît une des plus graves récessions de son histoire. Les observateurs ont beau affirmé qu'ils s'attendaient « à pire », les chiffres sont redoutables : le PIB s'est contracté de 2,4 % en 2013 et de 5,5 % en 2014. Cette année, il pourrait encore reculer de 3,2 %, selon le FMI. Le chômage, jadis inexistant, atteint 17 % de la population active.
Ankara a multiplié les provocations et les menaces. Des navires ont été plusieurs fois aperçus dans les eaux des blocs de la ZEE chypriote.

Etudes sismiques débutées

Mais, cette semaine, la tension est montée d'un cran encore. Le gouvernement turc a autorisé des recherches dans la ZEE chypriote jusqu'au 30 décembre et le mardi 21 octobre, le Barbaros, navire de la compagnie turque TPAO a réalisé dans le bloc 3 ses premières études sismiques. Il est aussi attendu dans le bloc 9, attribué par Nicosie à la société italienne ENI.

Appel à une réaction européenne et internationale

La réaction du gouvernement chypriote s'est voulue mesurée. Nicosie a émis un plan de réaction en huit points parmi lesquels elle réclame la réunion du conseil de sécurité de l'ONU, une réponse commune de l'UE, et l'annonce qu'elle refusera désormais toute ouverture d'un nouveau chapitre d'adhésion à l'UE de la Turquie tant que cette dernière n'aura pas reconnu la ZEE. Rien qui ne doit vraiment inquiéter Ankara, pour le moment. Néanmoins, le conseil européen de jeudi et vendredi devra sans doute prendre position.

Stratégies

L'affaire n'est pas aisée. L'UE n'entend pas se mettre à dos Ankara dans le contexte actuel de crise aux frontières turques d'Irak et surtout de Syrie. La Turquie tente de contraindre Nicosie à accorder une partie des bénéfices à la RCTN en menaçant la république d'un coup de force. Les Chypriotes préféreraient utiliser, pour leur part, ces richesses gazières pour attirer les Turcs dans un processus de réunification. Les deux stratégies ont pour le moment échoué. Depuis 1960, et plus que jamais, le problème chypriote semble inextricable... 

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1er octobre, Jour de l'Indépendance de Chypre.





Chypre s'est forgé une âme. Cette âme fut l'hellénisme. Vers 1230 avant J.C, les Mycéniens fuient la Grèce continentale, s'installent à Chypre. Des colons Achéens suivirent leurs traces quelques années plus tard. Ils introduisirent à Chypre la langue grecque qui fut adoptée par le peuple Chypriote. Dès le IIème siècle avant J.C, l'île était hellénisée. 
Les grandes catastrophes naturelles eurent lieu vers 1075 avant J.C. Le peuple Chypriote devait reconstruire de très nombreuses villes. Pour son bonheur et son malheur, le sous-sol de Chypre était riche en cuivre. Le commerce se développa avec les pays méditerranéens, des comptoirs commerciaux s'installèrent sur les côtes de l'île. Cette richesse excita l'envie des grandes puissances de l'époque, il était plus intéressant de conquérir le pays que d'acheter le cuivre.
Vers 1900 avant notre ère, les Phéniciens s'installent à Chypre, étendent leur pouvoir sur tout le pays, pour mettre sous leur contrôle les mines de cuivre. Vers 750-745 avant J.C, les Assyriens font la conquête de Chypre, puis vers 570 avant notre ère, le pays est conquis par le Roi d'Egypte : Amasis. Face à l'oppression égyptienne, les Chypriotes deviennent plus conscients de leur identité Grecque.
En 545, les Egyptiens cèdent Chypre aux Perses qui opprimèrent sans merci le peuple Chypriote. Leur domination durera deux cents ans. La majorité des Chypriotes firent de leur culture grecque le symbole de la résistance au despotisme oriental. Le goût de la lutte naquit en eux. En 499, les Chypriotes se sont révoltés contre les Perses. La victoire leur échappe et les Perses firent payer cher au peuple, par des crimes et des destructions à grandes échelles.



Les Chypriotes ont acquis le sentiment de leur identité grecque



Au cours des 5ème et 6ème siècles avant notre ère, les Chypriotes qui avaient alors acquis une conscience nationale et le sentiment de leur identité grecque, combattirent vaillamment contre les Perses pour reconquérir leur liberté. 

C'est au milieu de toutes ces luttes que les Rois pro Grecs de Chypre adoptèrent les principes de la démocratie grecque, le mode de vie et l'art grec. Une vague immense d'hellénisme recouvrit Chypre. La domination perse prit fin, Alexandre le Grand fit sa célèbre expédition en Orient, il fut soutenu par les Rois du pays.
En 332, la victoire d'Alexandre assura la suprématie grecque en Méditerranée orientale et Chypre fut enfin libérée. L'époque romaine 50 avant jusqu'à 330 après J.C, Chypre fut intégrée à la province de Cilicie. Les Romains exploitent au maximum les richesses de l'île. Ce fut aussi le temps où le christianisme fut introduit à Chypre.
C'est sous la domination de Byzance qui dura près de huit siècles que l'hellénisme et le christianisme se développèrent à cette époque. D'importantes constructions, églises, basiliques, furent réalisées. La prospérité régnait sur l'île. 
Vers le milieu du 8ème siècle, les Arabes du désert firent irruption en Méditerranée orientale. Chypre, bien que bien protégée par la mer, ne fut pas épargnée. Les Arabes pillèrent les villes, détruisant au nom du prophète Mahomet, les basiliques, et toutes représentations religieuses. Ils massacrèrent un très grand nombre de Chypriotes, en dévastant tout sur leur passage.
Les Arabes se retirèrent de Chypre, à la condition que l'île leur paie un tribu annuel. Ainsi, les pauvres Chypriotes se trouvaient doublement taxés, à la fois par l'empire de Byzance et les Arabes. Dix ans plus tard, en 653, les Arabes envahissent une nouvelle fois l'île, et massacrèrent ceux des habitants qui ne s'étaient pas enfuis pour se cacher dans des cavernes ou des montagnes. La terrible occupation arabe durera trente ans. 
L'Empereur Byzantin, Nicéphore Phocas II en 965, reconquit Chypre, infligeant une défaite cuisante aux Arabes et aux Egyptiens. Ainsi, Chypre redevient une province byzantine à part entière. La troisième croisade menée par Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, et de Philippe Auguste, roi de France en 1191, modifia de nouveau les données politiques du pays.
C'est à cette époque que Richard Cœur de Lion se marie avec sa fiancée Bérangère à Limassol, après son débarquement à Chypre, il devient le maître de l'île, après avoir massacré quelques milliers de Chypriotes. Chypre fut vendue par Richard aux Templiers qui vendirent quelques mois après, le pays au Comte Guy De Lusignan, seigneur du Poitou. C'était le début de l'époque France en 1193, qui dura plus de trois siècles.
En 1499, les Génois, puis les Vénitiens envahissent eux aussi Chypre. Ses richesses et ses positions commerciales en Méditerranée sont la cause de nouveaux malheurs. Le peuple est terriblement opprimé. En dépit de la longue présence de la dynastie latine, les Chypriotes restent fidèles à leur identité.


1571-1878, l'époque turque

Chypre est demeurée trois cents ans sous la domination ottomane. C'est à cette époque, que les conquérants turcs s'établirent dans l'île, ainsi que des Turcs venant d'Anatolie. Les Chypriotes turcs, demeurant à Chypre actuellement, sont les descendants de l'envahisseur de l'époque. Trois siècles de domination qui ont apporté, misères, catastrophes au peuple chypriote, de nombreuses destructions d'églises et de monuments d'une incomparable richesse.
En 1877, un nouvel épisode de la guerre qui opposait la Russie à la Turquie, la Grande Bretagne accepte de protéger la Turquie en échange de quoi, Chypre lui fut cédée. Elle passa ainsi très paisiblement de la domination Turque à celle de la Grande Bretagne. Les Chypriotes étaient heureux, espérant inaugurer une ère de liberté et de progrès. Mais, l'île était dépeuplée et misérable.
Au cours de la seconde guerre mondiale, les Chypriotes se rangèrent aux côtés de l'Angleterre et furent nombreux à s'engager comme volontaires dans l'armée anglaise. L'aspiration du peuple pour l'indépendance de leur pays était grande. Devant le refus britannique de leur accorder, ce qu'elle accordait aux autres pays de l'empire, ils prirent les armes dès le ler avril 1955 pour conquérir leur indépendance. Après cinq ans de lutte, l'Angleterre accepta devant une situation qui empirait, de négocier.
L'Angleterre, la Grèce, la Turquie, se réunirent en février 1959 pour aboutir aux accords de Zurich en vertu desquels fut fondée la République de Chypre. Le drapeau de Chypre fut hissé sur les édifices publics, dans la nuit du 15 au 16 août 1960. Chypre devenait indépendante après des siècles de soumissions. 


Mgr Makarios III, Sir Hugh Foot et le Dr Küçük, lors de la signature du traité de Londres en février 1960.



Le gouvernement chypriote a fixé le 1er octobre pour fêter le début de l’indépendance de l’île.
Conclusion

En 1960, la République est née, comptant 80% de Grecs (450 000), 16% de Turcs (125 000) et 4% d’Arméniens, de Maronites et de Latins. Les Grecs sont arrivés à Chypre vers 2 000 avant Jésus Christ. Les Turcs sont arrivés en 1571 après Jésus Christ. Beaucoup de Chypriotes turcs sont de d'ascendance grecque et sont devenus musulmans pour éviter les massacres.
La Grèce, durant 400 ans d’esclavage pendant lesquels elle fut rayée de la carte, jusqu’à son soulèvement le 25 mars 1821 pour libérer une partie de la terre grecque en créant l’Etat grec en 1828. Beaucoup de régions grecques se sont unies à la Mère Patrie, la Grèce, plus tard comme le Dodécanèse, la Macédoine, la Thrace, l’île de Crète, les îles Ioniennes mais pas encore Chypre. Chypre a été occupée pendant 800 ans. C’est grâce à la lutte armée de l’E.O.K.A qu’elle a obtenu son indépendance en 1960.
Quand la lutte de l’E.O.K.A contre les Britanniques commença en 1955 pour la liberté et l’union avec la Grèce, les Turcs, les 6 et 7 septembre, massacrèrent les Grecs à Constantinople. Les Britanniques trouvèrent le moment opportun pour convoquer la Turquie et la Grèce qui tomba dans le piège. Le Royaume Uni donna des droits à la Turquie sur Chypre, tout en violant le traité de Lausanne.
En 1923, la Turquie renonce, lors de la signature du traité de Lausanne, à tous ses droits sur Chypre qui sera déclarée colonie de la couronne britannique, en 1925. C’est à ce moment que la Turquie a commencé son plan d’envahissement de l’île de Chypre, lequel a eu lieu en 1974.
Mais cette lutte pour l’Enosis (l’union) n’a pu aboutir et, le 11 février 1959, Chypre devient un Etat indépendant suite à la signature du traité de Zurich. Huit jours plus tard, les deux représentants respectifs des Chypriotes grecs et turcs, l’archevêque de Chypre, Mgr Makarios III et le Dr Fazil Küçük, acceptent la naissance de la République indépendante de Chypre.
Un traité est signé à Londres entre le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie, en février 1960, et ces trois pays se portent garants de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de Chypre. La domination britannique prend définitivement fin, le 15 août à minuit, et la république est officiellement proclamée le 16 août. 
En 1960, les Anglais quittent l’île de Chypre qui devient alors une République, avec, pour Premier Président, l’Archevêque Makarios III et, pour vice-président, le Chypriote turc, le Dr Küçük.


Une photo explosive du journal anglais en 1964, montrant des manifestants à Londres
 brandissant déjà le panneau « La seule solution est la répartition de Chypre » !


La République de Chypre est née.
Les Chypriotes grecs, malgré leur lutte pour l’union avec la Grèce, ont fini par accepter, tout doucement, la République de Chypre car ils n’ont pas eu le choix, suite à la signature du traité de Zurich : c’était soit la République de Chypre, soit la répartition de l’île.
A partir de là, la Turquie a poursuivi son plan et l’objectif fut de dresser les Chypriotes turcs contre les Chypriotes grecs. Nous avons plusieurs exemples en ce domaine mais, nous allons vous en citer un témoignage d’un officier de l’armée turque qui avait pour ordre de se rendre à Chypre afin de provoquer l’explosion de minarets. De 1960 à 1974, les deux communautés ont rencontré des problèmes.
Les Chypriotes turcs, qui vivaient en parfaite harmonie depuis des années avec les Chypriotes grecs, après l’invasion de 1974, sont devenus, eux aussi, les otages de la Turquie car ils sont devenus minoritaires à cause des colons venus de Turquie. D’ailleurs, de nombreux Turcs ont fait savoir que, même s’il n’y avait pas de Chypriotes turcs à Chypre, l’invasion aurait eu quand même lieu.
La lutte de tous les Chypriotes est la liberté de leur île et de sauvegarder la REPUBLIQUE DE CHYPRE.
La Turquie, en revanche, poursuit son plan qui consiste à dominer Chypre. Les Chypriotes ne sont pas les seuls à devoir se méfier de la Turquie. Très nombreux sont ceux qui pensent que la Turquie sera bientôt un pays très puissant qui dominera au Proche Orient et même en Europe. 
Le souhait des Turcs est le retour de l’Empire Ottoman.

BON ANNIVERSAIRE A CHYPRE ET VIVE LA REPUBLIQUE !

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FAMAGOUSTE NOSTALGIE

 Victoria Hislop se tient devant le filet qui scelle les hôtels et les immeubles dans le centre touristique de Famagouste


Famagouste sur la côte est de Chypre, était autrefois l'une des stations les plus glamours de la Méditerranée. Ses kilomètres de sable clair et sa mer turquoise en faisait une destination pour la jet-set des années soixante-dix, attirant des milliers de visiteurs chaque année. 

Avec les touristes, la population forte de 40.000 habitants connaissait une vie riche en culture, art, musique et théâtre qui était la meilleure de l'île. Avec le port plus profond de Chypre, Famagouste traitait plus de 80 pour cent de la cargaison de l'île, dont une grande partie composée d'un vaste tonnage d’agrumes cueillis dans les vergers locaux.

Le quartier moderne, où se trouvaient les hôtels et appartements de luxe était habité principalement par les Chypriotes grecs, tandis que la ville fortifiée qui contenait les trésors historiques de Famagouste - y compris de nombreuses églises byzantines et une spectaculaire cathédrale du 14ème siècle, de l'époque franque - était habitée par les Chypriotes turcs. 

Mais il y aura 40 ans ce mois-ci, le règne de Famagouste comme paradis pour les insulaires et les touristes s’est interrompu d’une manière abrupte et prématurée.

Suite à un coup d'Etat militaire grec en Juillet 1974 les forces turques ont envahi Chypre, sous le prétexte de rétablir l'ordre constitutionnel et de protéger la minorité chypriote turque. Après une brève période de cessez-le feu, Famagouste a été bombardée et les chars turcs ont alors avancé. 

Le 14 Août, la population chypriote grecque a fui dans la terreur, dans des voitures, des autobus, à pied, en n'emportant que les vêtements qu'ils portaient. Ils s'attendaient à l'aide d'une puissance étrangère, mais rien n’est venu, et leur exil a duré des semaines, puis des mois, puis des décennies. 

Ma première visite à Chypre c’était quatre étés après la guerre. J'avais répondu à une petite annonce dans Time Out pour un voyage par voie de terre à Chypre, ne réalisant pas que j'allais dans une zone sous occupation de l'armée. J'avais 18 ans et j’étais très naïve. Il a fallu la vue des bâtiments grêlée de balles pour que je me me dise que ça allait être une fête étrange. Il y a 40 000 soldats turcs dans le nord de Chypre aujourd'hui, mais en 1978 il y avait beaucoup plus. 

Je me suis retrouvée sur une île où les Turcs avaient effectivement tiré un trait sur ​​Chypre divisant le nord du sud, coupant Famagouste et d'autres villes de leurs populations chypriotes grecques. Lors d’un de mes voyages à travers le nord de l'île avec des soldats qui étaient en congé, je me souviens avoir vu au loin une grande ville moderne et l’on m’a dit que c'était là qu’étaient les plus belles plages. J'ai demandé si nous pouvions y aller. « Non, m’a-t-on dit. C'est hors de limites. » 

Cette ville était Famagouste, une ville qui est devenue un symbole de la division de l'île. 

L'année de ma première visite, la frontière a été entièrement scellée, et elle est restée ainsi pendant encore 25 ans. Puis, en 2003, les autorités turques ont ouvert pour permettre aux gens de visiter leurs anciennes maisons. Beaucoup les ont trouvé occupées par les Chypriotes turcs ou des colons venus de Turquie. Cela a été une expérience traumatisante dans tous les sens, nombreux sont ceux qui ont trouvé leurs maisons détruites ou modifiées jusqu’à être rendues méconnaissables.

Aujourd'hui, une partie de Famagouste encore reste entièrement bouclée par des barbelés rouillés, farouchement gardée par les troupes turques. Connue sous le nom de Varosha, cette partie représente environ 20 pour cent de Famagouste : c’était une zone touristique de premier ordre, comprenant l'étendue de sable doré, derrière laquelle se dressent des squelettes d'hôtels et d’appartements bombardés et abandonnés, et des rues avec des magasins, des restaurants, des hôtels pillés. 

La ville fantôme est fortement gardée par des soldats, et des panneaux agressifs qui indiquent clairement que c'est une zone interdite. Grâce à d'énormes trous dans le filet plastique il y a une vue montrant de manière provocante la déréliction qui se trouve derrière. Les mauvaises herbes poussent entre les pavés, les vitres sont brisées, l'atmosphère y est étrange et sinistre. 

Les deux dernières années, je suis allée au nord et au sud de Chypre régulièrement à la recherche d'un roman. Pendant cette période, j'ai vu d'importants travaux de construction en cours dans la région environnant Varosha, ce la qui rend méconnaissable aux anciens habitants. Une importante population de colons de la Turquie continentale y vivent, en suivant leur mode de vie et leur culture très différente, même de celle des Chypriotes turcs. 

l est douloureux pour les Chypriotes grecs de voir leur ville en cours de reconstruction. Il y a à propos de Cette situation suscite beaucoup de colère, mais aussi de la tristesse. La plus grande tristesse, bien sûr, est que des dizaines de milliers de personnes ont perdu tout ce qu'ils avaient. Mais il y a également le regret que l'harmonie dans laquelle Chypriotes grecs et turcs ont vécu a été détruite. Erato Kantouna, fille de l'ancien maître du port de la ville, rappelle que son père était très ami avec de nombreux Chypriotes turcs. Ils étaient collègues, me dit-elle. »Et certains d'entre eux ne parlaient que grec.

Beaucoup de Chypriotes turcs que j'ai rencontrés ont exprimé leur frustration de façon semblable. Serdar Ataï, qui fait partie d'une société commune civique qui encourage la coopération entre les deux communautés, m'a dit comment il se sent vivre à Famagouste. "Nous sommes en captivité, comme otages", dit-il, ils ont promis que tout serait OK, mais notre avenir est captif. Pouvez-vous imaginer ce traumatisme? C'est poids très lourd pour les gens qui vivent ici. Ils se réveillent à un horizon sombre. "

Nous sommes allés à la boutique de Serdar pour récupérer la clé de la belle église du 14ème siècle de Agios Georgios Exorinos. A l'intérieur, plusieurs choses ont attiré mon attention - plus évidemment les fresques défigurées, avec les visages et la croix atrocement rayées. Il y a eu de nombreux cas de vandalisme culturel dans les églises grecques orthodoxes du nord. 

Mais quelque chose d'autre se distingue: dans le coin était un "epitafios", que l’on transporte dans les rues le vendredi saint. Cette année, pour la première fois depuis 1958, un office orthodoxe a eu lieu dans l'église. Des milliers de Chypriotes grecs ont traversé la frontière pour participer à ce moment profondément symbolique. 

Le Week-end dernier, j'ai assisté à un rassemblement pour célébrer les 40 ans depuis que les gens de Famagouste ont perdu leurs maisons. Pour rejoindre l'événement, j’ai pris une route qui est parallèle à la ligne de démarcation divisant Chypre. Tous les quelques kilomètres il y avait un poste de garde sur une colline, à partir duquel les soldats turcs regardaient vers le bas pour nous surveiller.

Une occasion semblable a eu lieu chaque année depuis la division de l'île et se déroule dans Dherynia, un village dans le district de Famagouste à proximité de la "frontière". De là, la ville fantôme est clairement visible dans la lumière du jour, ses hôtels de plusieurs étages se détachant sur la ligne d'horizon. La nuit, il disparaît. Il n'y a pas de lumières à l'intérieur de ces bâtiments. 

Dans la nuit de la journée du Souvenir de Famagouste, je marchais à côté d'une foule de plusieurs centaines de personnes du centre culturel de Famagouste occupé à travers le village pour présenter une déclaration au poste de contrôle des Nations Unies. Une lettre, adressée au Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui demandait le retour de Famagouste à ses habitants légitimes. Avec leurs drapeaux flottant au vent, ils ont chanté des chansons sur leur ville perdue pour les troupes de l’ONU. C'était une manifestation pacifique, mais empreinte d’amertume et de chagrin. 

De retour au centre culturel, 1200 d'entre nous (y compris un certain nombre de Chypriotes turcs et trois membres du groupe parlementaire britannico-chypriote de tous les partis) a écouté les discours, d’entre autres, le président de Chypre, Nicos Anastasiades. Il a souhaité la bienvenue aux Chypriotes turcs pour l'événement et a déclaré que la solution à la question chypriote ne devrait pas avoir de gagnants ou de perdants, mais seulement des citoyens européens heureux. Il leur a demandé de travailler avec les Chypriotes grecs afin d'avoir un pays libre. 

«Le temps est contre nous, a-t-il dit. Non seulement pour les Chypriotes grecs mais pour les Chypriotes turcs.» Ces derniers sont maintenant une minorité par rapport aux colons venus de Turquie. 

Des spectateurs désabusés m'ont dit que les mêmes choses sont dites chaque année, et que les négociations vont certainement durer pendant très longtemps. La découverte de vastes réserves de gaz dans les eaux de Chypre pourrait toutefois s'avérer un catalyseur pour une sorte de règlement.

La soirée s'est poursuivie, avec des chansons extrêmement émouvantes sur la ville dont la silhouette se dessinait sous le clair de lune, et je me demandais si les amplificateurs les portaient aussi loin que les soldats qui gardaient la ville. 

« Nous sommes partis avec la certitude que nous allions bientôt revenir, croyant que le monde civilisé ne saurait jamais accepter ce crime contre Chypre » m’a dit Alexis Galanos, le maire en exil, et il a ajouté « Nous avons eu tort. »

Famagouste est connu pour les Grecs sous le nom Ammohostos, qui signifie «enfouie dans le sable ». J'espère que la question de son retour légitime ne rencontrera pas ce sort. 

Le roman de Victoria Hislop, "The Sunrise", est publié le 25 Septembre par Headline (£ 19,99)
(version  française par Maxime le minime de la source)
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La carte qui provoque l'hystérie de la Turquie !


C'est dans la partie portant le numéro 12, appartenant à Chypre, que les Chypriotes vont commencer les forages à la recherche de gaz naturel au début du mois d'octobre.

Ankara peste contre Israël depuis l’affaire de la flottille interceptée par les forces israéliennes. La Turquie exige des excuses de la part d’Israël.
En même temps, Ankara menace Chypre au cas « où Nicosie empiéterait dans les eaux territoriales turques !!! ».
« Nous n’hésiterons pas à envoyer des bâtiments de guerre au cas où des bateaux chypriotes pénètreraient dans les eaux turques à la recherche de gaz naturel en Méditerranée » menace le Ministre turc aux Affaires européennes, Egemen Bagis, qui précise « que tout peut arriver en cas d’incident ». Il a rajouté « que la Turquie n’entretiendra aucun contact avec Chypre l’an prochain, pendant la période où cette dernière tiendra la Présidence tournante de l’Union Européenne ».
La Turquie se comporte comme un pirate. Faisant abstraction du droit international, elle refuse non seulement de reconnaitre Chypre, mais elle lui refuse le droit d’avoir une zone économique exclusive ! C’est comme si l’île de Chypre n’existait tout simplement pas !
Les relations entre Ankara et Nicosie sont très mauvaises depuis l’invasion et l’occupation de la moitié nord de l’île par la Turquie en 1974. La Turquie a cessé de reconnaître Chypre et a reconnu en 1983 un régime sécessionniste dans cette partie de Chypre, au mépris du droit international.
Le Ministre turc a également réitéré ses menaces contre l’Union européenne en durcissant le ton à son égard et en insistant sur le refus de la Turquie de poursuivre les relations avec l’Union durant la Présidence chypriote du Conseil au deuxième semestre de 2012. La Turquie se comporte de manière arrogante à l’égard de l’Union européenne, continue à ne pas reconnaitre tous ses états membres et veut imposer ses conceptions des relations internationales. Ce comportement pose problème lorsque l’on pense que la Turquie souhaite devenir membre de l’UE…
Egemen Bagis a fait ces déclarations au quotidien turc Zaman daté du dimanche 4 septembre. Ces déclarations font suite aux déclarations similaires du Ministre des Affaires Etrangères Ahmet Davutoglu et du Premier Ministre Erdogan lui-même, le 19 juillet 2011 dans la partie occupée de Nicosie .
(article extrait du site  http://diaspora-grecque.com/)
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J’ai hérité la guerre (1) extraits du Blog "les carnets éphémères"



"Hériter de la guerre, s’approprier un clivage dont on n’a pu être le témoin,
 se forger sa propre opinion, mais pas complètement par soi-même.
 Voilà ce qui pourrait relier ces dix jeunes, encore ados, déjà adultes."


Ils parlent de leur guerre
Georges Anthonio est chrétien maronite et  étudiant en science politique à Beyrouth.
Shadi est musulman sunnite. Il travaille pour Greenpeace à Beyrouth.
Farah est musulmane chiite.
David vit à Jérusalem, il vient d’avoir son bac et va commencer la fac.
Irit vient de Yavné, au sud de Tel-Aviv. Elle vient d’effectuer ses deux ans de service militaire
Or est prof d’hébreu pour les étrangers, à Jérusalem. 
Cristina grec-orthodoxe a grandi à Chypre mais vit désormais à Londres
Andri grec-orthodoxe commence des études d’art.
Christos grec-orthodoxe est serveur du Starbucks Coffee de la rue Ledra de Nicosie
Maria grec-orthodoxe  est la patronne de Christos




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Européens et Turcs : trois mille ans d'opposition

  


"Durant tout le premier millénaire avant notre ère, la poussée constante vers l'Ouest (de la Mandchourie septentrionale au lac Balkhach) des populations brachycéphales, proto-turques et proto mongoles, contribue au glissement des populations dolichocéphales indo-européennes vers l'Europe centrale et occidentale. De ce premier choc turco européen, racial bien avant d'être religieux, résulte, pour des siècles, l'établissement de la carte des peuples d'Eurasie. Jusqu'au moment où de nouveaux Turcs, les Huns, installés dans la région de la basse Volga, entament leur marche vers l'Ouest. Passant le Don et le Dniepr, ils attaquent les Germains et provoquent le reflux de ceux-ci en direction des territoires romanisés de l'Ouest. L'hiver 451, Attila pénètre l'Empire romain à hauteur de Mayence. Partout en Gaule, des saints chrétiens naissent sous les pieds des cavaliers huns. La politique de destruction massive de ces hordes sorties des steppes restera gravée dans la mémoire du christianisme franc. Puis, surgit l'islam...."



Lire la suite de cet article passionnant et lumineux
du spécialiste de renommée internationale de Géopolitique
Aymeric Chauprade
>>ICI<<
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Eglises pillées de Chypre


Extrait de l'émission Enquête exclusive du 14 mars 2010 sur M6.
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Nouveau témoignage d’un massacre de 320 Chypriotes- Grecs en 1974

Un autre témoignage sensationnel de de massacre de prisonniers chypriotes-grecs pendant l'invasion turque de 1974 est publié le 31 août dans la presse turque. Le journal « Afrika » a publié le témoignage oculaire d’un chypriote-turc, témoin selon lequel 320 prisonniers chypriotes-grecs se trouvant dans huit bus, ont été massacrés avec des lances et des baïonnettes par des soldats turcs.
L'incident, conformément au témoignage, s’est produit au moment où les 320 prisonniers Chypriotes- grecs sont parvenus avec les autobus à la plage de Keryneias où ils devaient embarquer sur le bateau afin qu’ils soient transportés en Turquie. Au même moment, un bateau transportant des soldats turcs est arrivé. Ces derniers, lorsqu’ils ont appris qu’il s’agissait de prisonniers grecs, les ont attaqués avec les lances et les baïonnettes sur la plage.
Du sang des prisonniers la mer s’est teintée de rouge, mentionne de façon caractéristique le témoin lequel a admis qu'il a craint, lui aussi, pour sa vie en raison de la détermination des soldats turcs.
Le témoin oculaire, qui ne veut pas que soit révélé son nom, a déclaré que les prisonniers chypriotes-grecs sont probablement enterrés près de l’hôtel Maremonte à Keryneia.
Ce massacre a eu lieu à la fin du mois d'août 1974.
Νέα μαρτυρία για ομαδική σφαγή Ελληνοκυπρίων το 1974. ( Δείτε εδώ ΚΑΝΤΕ ΚΛΙΚ )
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