Nostalgie de la puissance d'un côté / Nostalgie de la liberté de l'autre...

Beaucoup de peuples sur cette terre vivent dans la nostalgie de leur gloire passée, de leur puissant empire perdu... Ces peuples généralement vantent les mérites de la pacification du territoire qu'ils avaient conquis et de la civilisation dont le monde aurait bénéficié grâce à eux. Par certains côtés les beaux restes qui subsistent de cette expansion pourraient nous faire admirer le passé des conquérants... Mais il ne faut surtout pas oublier : 1. Un peuple conquis est toujours un peuple soumis. 2.Un peuple soumis est humilié en permanence directement et indirectement. 3. A cette humiliation s'ajoute la persécution quand ce peuple refuse d'être humilié. 4. Si la persécution ne suffit pas à écraser l'énergie de ce peuple, elle peut se poursuivre en génocide...

La nostalgie de la liberté disparue est d'un autre ordre...
Ce blog veut témoigner pour Chypre. Il se composera d'articles glanés ci et là sur le web soit en français soit que j'aurais traduits Puissent les lecteurs francophones en prendre connaissance !
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À l'attention de Madame Jennifer Lynn Lopez




(Née le 24 juillet, 1969)
Chère Madame Lopez,
Je vous écris en ma qualité de Présidente des Mères Déplacées de Chypre, en tant qu’une femme et pardessus tout en tant qu’une mère. Depuis cette partie du monde nous suivons et admirons votre carrière à succès, mais aussi votre étonnante force à élever vos enfants et votre détermination à leur offrir les justes valeurs de la vie.
Néanmoins, nous fûmes réellement attristées et choquées en apprenant que vous visiterez la région de la République de Chypre occupée par l’armée turque, pour prendre part aux célébrations de l’anniversaire de l’invasion illégale de notre pays par la Turquie, qui nous a privées de nos foyers et de nos droits fondamentaux au sein de notre propre pays. Depuis le 20 juillet 1974, lorsque laTurquie envahit notre île, un tiers de la population de l’île de Chypre, c’est à dire 200.000 personnes – probablement la proportion de personnes Déplacées Internes/Réfugiées la plus élevée dans un seul pays – furent chassées par la force de leurs foyers et 37% du territoire souverain de la République de Chypre passa sous occupation militaire turque. En contravention de toutes les Résolutions des Nations Unies et de toutes les Décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme condamnant la Turquie pour sa présence illégale sur l’île, les Chypriotes grecs furent empêchés de retourner dans leurs foyers et propriétés depuis leur expulsion massive.
Les personnes déplacées qui devinrent en fait des refugiés dans leurs propre pays, subirent en plus de la perte de leurs propriétés et leurs biens, la perte de leurs êtres chers, nombreuses desquelles sont encore portées disparues, vue que la Turquie refuse de rendre des comptes concernant leur sort. Certains membres de notre mouvement, qui à l’époque étaient adolescentes, furent violées par les soldats turcs et capturées comme prisonnières de guerre – quant aux autres membres, nous fûmes violées à même notre âme et en souffrons toujours.
La Turquie a déraciné notre enfance et nos rêves, pourtant nous ne perdons pas espoir. Nous avons à présent nos propres familles et enfants et nous luttons pour les élever avec les moyens limités dont nous disposons loin de nos foyers. MAIS NOUS N’OUBLIONS PAS LA TRAGÉDIE DU 20 juillet 1974.
Sur votre site internet vous dites: «Quant à moi, je suis Catholique,» (Lopez dit sur Southern Florida’s NBC 6); nous aimerions vous informer qu’au mois de juin de l’année courante, Sa Sainteté le Pape Bénédicte XVI visita la République de Chypre, toutefois il refusa de visiter les régions occupées par l’armée turque, ne pas donnant suite à une invitation «officielle» qui lui fut adressée. Ceci devrait être instructif sur ce que cet « état » représente pour la Chrétienté et l’humanité. Nous, en tant que Chrétiennes et en tant que femmes ayant souffert des atrocités commises par la Turquie, vous exhortons à ne pas réaliser ce voyage à Chypre et à ne pas participer à ces célébrations.
Le fait que vous êtes mondialement célèbre, transforme cette « fête pour votre anniversaire » en un piège adroitement camouflé au profit de la Turquie et produira un impact négatif direct au détriment de mon pays et de nous-mêmes, dans la mesure où la propagande turque vous utilise dans un effort de se forger une fausse « normalité » et une fausse « légitimité » pour le pseudo-état hors la loi qui n’est reconnu que par la Turquie.
Lors de Votre Décision, NOUS VOUS PRIONS de considérer QUE:
Le 20 juillet 1974 la Turquie envahit et occupe depuis une partie de Chypre, et, de ce fait, de l’Europe elle-même;
La Turquie perpétra une épuration ethnique et des crimes de guerre contre les Chypriotes grecs.
Nous, les Mères Déplacées Internes et Réfugiées, revendiquons la restauration de nos Droits Humains et le retour en Sûreté à nos FOYERS et PROPRIÉTÉS.
Nous exigeons la détermination du sort et la localisation des personnes portées disparues ainsi que la responsabilisation de la Turquie.
Ces faits constituent la vérité souvent omise dans les discussions au sujet de Chypre pour des raisons de tact et ignorée par les Dirigeants Mondiaux, qui se présentent comme des Défenseurs des Droits de l’Homme. Nous faisons appel à votre qualité de femme, de mère et de chrétienne et nous vous demandons de respecter nos souffrances et ne pas fêter votre anniversaire en compagnie des pilleurs de notre histoire, de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Nous comptons sur votre sensibilité contre les violations des Droits de l’Homme à travers le monde et nous aimerions solliciter votre soutien actif dans notre combat contre l’impérialisme et dans nos efforts de restaurer nos Droits Humains, de la même manière que vous vous étiez battue pour la sensibilisation au sujet des femmes mexicaines assassinées à Ciudad Juarez et en Chihuahua.
Je me mets personnellement à votre disposition pour vous fournir toute information utile de façon objective et pour coopérer avec vous de toutes les manières possibles dans le but d’informer le monde au sujet de ces crimes impunis, perpétrés à Chypre depuis 1974. Nous sommes confiants que vous prendrez la décision juste.
Dans l’espoir de votre réponse,
Sincèrement votre,
Markella Isaïa-Chakka
Présidente
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Interview de Ioannis A. Eliades du Musée Byzantin de Nicosie






Ioannis A. Eliades : « Beaucoup de vols, de subtilisations illégales d’œuvres d’art ont donné à l’Eglise de Chypre l’idée de faire circuler, dans les grandes villes, des avis demandant à ce que toutes les icones importantes soient récoltées pour être ensuite toute regroupées dans un Musée. Hélas, cela n’a pas été possible durant la période anglaise (première et seconde guerre mondiale, et puis la guerre de libération de Chypre). Avec l’archevêque, Mgr Macario, l’idée refait surface en 1960 avec la restauration des icones. En 1973 un grand atelier de restauration est créé, prêt à accueillir un grand nombre d’icones pour la formation du Musée. Mais la guerre en 1974, et l’invasion turque qui dure encore, a tout bloqué. Le Musée ne verra le jour qu’en 1982, soit 5 ans après la mort de l’archevêque. A la Fondation Archevêque Macario ont trouve également une grande bibliothèque, une galerie d’art moderne contemporain et un centre d’éditions. Mais la grande ambition du Musée est de pouvoir donner un abri au plus grand nombre possible d’œuvres dont le nord de Chypre s’est emparé ».

– 550 est le nombre d’églises du nord détruites ou abandonnées, transformées pour divers usages. Et l’on estime à plus de 20.000 le nombre de pièces volées. Un énorme patrimoine que le trafic illégal a disséminé partout dans le monde...

Ioannis A. Eliades : « Dernièrement on a retrouvé deux grandes icones de Trichome dans les mains d’un trafiquant russe qui les tenaient en Suisse à Zurich. Un procès est d’ailleurs en cours pour pouvoir les rapatrier ».

– Publications, catalogues, expositions … le Musée est engagé dans une fine opération d’étude et de recherches pour retrouver les œuvres disparues.

Ioannis A. Eliades : « C’est pourquoi notre Musée a eu l’idée d’organiser des expositions à l’étranger. Nous avons déjà participé aux deux éditions du meeting de Rimini, en 2008 et 2009. La première année nous avons présenté la destruction des Eglises de Chypre, montré leur état de conservation, demandant de pouvoir faire quelque chose. Alors qu’en 2009 nous avons illustré le cas d’œuvres se trouvant en Allemagne (« Otages en Allemagne »). On a retrouvé dans les appartements d’un trafiquant turc en Allemagne plus de 300 œuvres provenant de Chypre. Placées sous séquestre depuis plus de 11 ans, elles sont encore en Allemagne. Nous demandons à ce que les toutes les œuvres puissent de nouveau être ensemble ».


Ioannis Eliades nous raconte la triste histoire d’églises comme celle de saint Barnabé transformée en Musée (mais d’icones il n’y en a plus) et que les moines ont été obligés de quitter. On perçoit encore chez lui une grande émotion quand il repense à la restauration de ces fresques retrouvées en Allemagne après tant d’efforts.

Ioannis A. Eliades : « L’Eglise de Chypre a payé une somme pour chercher à savoir où se trouvaient les appartements du trafiquant turc. Puis il y a eu la mise en vente, entre septembre et octobre 1997, et ces fresques ont été récupérées. Quand ces trois fresques que vous voyez là ont retrouvé leur place sur le mur, nous étions très émus. Nous avons l’espoir que cette même opération puisse un jour se faire dans l’église d’origine »

Mais en réalité la valeur de ces œuvres, qui n’en restent pas moins précieuses, va bien au-delà de leur qualité artistique. En les sauvant et en les reconstituant c’est la forte identité chrétienne du peuple chypriote, lié à sa terre et sa foi, qui est sauvée et reconstruite. Cette foi même qui habitait toutes ces personnes contraintes à quitter leurs maisons dans les années 70 et qui ont réussi à sauver quelques unes des icones les plus prisées, jetant au milieu de leurs quelques effets personnels emportés à la hâte, ce qu’elles avaient de plus précieux à sauver. Ce fut le cas de cette icône…

Ioannis A. Eliades : « Cette icône est un exemple du patrimoine perdu du nord de Chypre. Elle provient de l’Eglise de Panakia Avracida. Les turcs l’ont abattue 15 ans après la guerre en 1989. Probablement après avoir arraché les fresques qui se trouvaient à l’intérieur de l’église, construite au XVIème siècle. Ils ont abattu l’église et ont laissé les cellules du monastère qui l’entouraient, ceci pour faire comprendre que leur seul but était de détruire l’Eglise, rien d’autre. Et cette icône-ci est l’unique témoignage, l’unique objet qu’il nous reste de cette église. Elle a été sauvée par des réfugiés, en 74, et a été rapportée ici à l’archevêché ».


– Une cinquantaine d’églises environ se trouvent à l’intérieur de camps militaires non accessibles, nous explique Ioannis, et celles que l’on a pu visiter sont en piteux état. Le directeur du Musée byzantin de Nicosie espère en des conditions de sécurité qui permettront aux réfugiés de rentrer chez eux et aux églises d’être restaurées. « Aidez-nous à faire quelque chose, nous dit dit-il avec force, autrement il ne restera bientôt plus rien de cet immense patrimoine ». Son cri est également un appel pressant au Pape.

Ioannis A. Eliades : « Nous demandons au pape de faire ce qu’il peut pour ce patrimoine culturel du nord, qui s’écroule jour après jour. Par l’intermédiaire du président de Chypre, mort l’année dernière, nous avons présenté au pape un album de photos des églises occupées, de leur état, afin qu’il puisse apporter son aide, faire quelque chose. Cette aide au Pape, Chrysostome II l’a sollicitée lui aussi lors de sa visite officielle en 2007. Cette année, nous avons bon espoir que la visite de Benoit XVI fasse progresser les choses, que nous puissions obtenir la permission de restaurer nos églises, car il ne nous est même pas autorisé de restaurer nos églises avec nos propres fonds ».

(extrait de http://www.h2onews.org/index.php?option=com_content&view=article&id=224445169)
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Les maronites de Chypre, un trésor menacé de disparition





extrait du site :




Jeunes maronites en tenue traditionnelle.

Jeunes maronites en tenue traditionnelle.

Par Fady NOUN | 07/06/2010

Assises aux premières rangées de la cour de l'école maronite primaire de Nicosie, couverte de rangées de chaises blanches, une cour toute nue, sans arbres et sans préau, une quinzaine de vieilles paysannes maronites assistent samedi à la rencontre du pape Benoît XVI avec les communautés catholiques de Chypre. Elles sont habituées au soleil et viennent de villages aux noms chantants : Aya Marina, Courmagiti, Assomatos ou Carpasha. Des villages dont elles ont été chassées en 1974, il y a 35 ans, au moment de l'invasion de l'île par l'armée turque.

C'est le pape lui-même qui a demandé qu'elles soient assises en bonne place. La cérémonie leur est en grande partie destinée. Les catholiques de Chypre, aujourd'hui, ce sont d'abord elles. Certes, il existe aussi dans l'île une communauté latine liée à la Custodie de Terre sainte et composée en majorité d'expatriés et de travailleurs étrangers. Mais des deux minorités dans ce pays largement orthodoxe, la plus fragile, la plus menacée, celle qui a vraiment besoin d'être secourue, c'est la communauté maronite, au nombre de quelques milliers de personnes.
La sollicitude portée à la petite communauté maronite de Chypre rappelle irrésistiblement celle que Jean-Paul II a manifestée à l'égard du Liban. On a l'impression qu'à travers eux, l'Église universelle veut sauver un modèle menacé de disparition. Car il existe un risque réel de voir disparaître les maronites de Chypre. Chassés de leurs villages, les familles ont réagi différemment au drame. Dans les villages mêmes, le temps s'est arrêté. Quelques anciens sont restés, farouches, mais d'un autre âge. Certaines des familles qui ont fui languissent après leurs terres, leurs maisons et leurs églises. La jeune génération, elle, s'est adaptée à ce malheur et a commencé à regarder ailleurs.
Selon le député Antonis Hagi Russos, représentant au Parlement de la communauté maronite de Chypre, 80 % des mariages de jeunes maronites sont désormais des mariages « mixtes », de sorte qu'à la prochaine génération, ces personnes se seront assimilées à la population chypriote-grecque, ou contaminées par le sécularisme ambiant, perdant ainsi tout sentiment d'identité maronite. Le député a offert au pape un plat en argent sur lequel sont incrustés les noms des villages maronites en zone turque, et dans lequel il exprime le désir de la population « de renouer avec ses racines ».
Le pape a cru pouvoir promettre du concret aux Chypriotes maronites qui l'ont acclamé samedi. « Je connais vos désirs et vos souffrances, leur a-t-il dit. J'espère qu'avec l'assistance des instances concernées une vie meilleure vous sera assurée rapidement. » D'où vient pareille assurance, nul ne saurait le dire.
Certes, grâce à l'énergique action de Mgr Boutros Gemayel, son évêque aujourd'hui remplacé pour avoir atteint la limite d'âge, la communauté maronite semble s'être redressée. D'intensives démarches diplomatiques ont conduit les autorités turques à assouplir les conditions d'accès des villageois à leurs terrains, de sorte que, dans trois de ces derniers, des messes sont à nouveau célébrées le dimanche. Par ailleurs, quelques vieux restés sur place ont pu à nouveau exploiter leurs terrains et les récoltes d'olive sont assurées. Pas pour Aya Marina, interrompent les personnes concernées. Ce village, en effet, est considéré comme zone militaire, et toutes ses maisons sont occupées par l'armée turque.
Toutefois, ce redressement, pour salutaire qu'il ait été, doit se poursuivre, pour devenir irréversible. Cette tâche revient désormais à Mgr Youssef Soueif, successeur de Mgr Gemayel, omniprésent lors des cérémonies d'accueil du pape. « À défaut de revenir au village, c'est le village qu'il faut faire parvenir aux jeunes », assure Maria Koikkonnou, une maronite de Chypre engagée dans les préparatifs de la visite.
En d'autres termes, la jeune génération doit être reconquise aux valeurs du village, c'est-à-dire évangélisée à nouveau. D'où peut-être l'importance cruciale que le pape a donnée, lors de sa visite, aux prêtres, éducateurs chrétiens et personnes consacrées. Dans l'homélie prononcée lors de la messe dans la chapelle de la Sainte-Croix, il les a exhortés à rester fidèles à la Croix du Christ, à être des modèles de constance face aux adversités, même si cela signifie, dans certains cas, donner leur vie. « Imaginez ce que serait le monde sans la Croix ? » leur a-t-il lancé. La question, en effet, a de quoi faire trembler.
Dans la cour chauffée à blanc de l'école primaire maronite, après les discours échangés et les présents, des tableaux de la vie de village, merveilleusement dansés et chantés, ont, par leur créativité et leur sincérité, fait oublier le soleil.
Saint Maron, l'ermite du IVe siècle devenu père d'une communauté humaine de quelque 7 millions de personnes répandues de par le monde, a construit sa première église sur le site d'un temple païen. Telle est bien, semble-t-il, la destinée de la communauté maronite : substituer progressivement la lumière de l'Évangile aux ténèbres de la superstition, même quand cette lumière est tamisée et nous vient sous l'apparence de la plus humaine, de la plus simple des joies. 
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Les minorités chrétiennes à Chypre

Extrait du site du Patriarcat latin de Jérusalem : http://www.lpj.org/

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La Constitution de 1960 reconnaît que Chypre est formée des deux ethnies grecque et turque. Trois minorités sont également reconnues : les Maronites, les Arméniens et les Latins (catholiques latins). Au moment de l'indépendance, ces trois groupes minoritaires ont été invités à choisir auquel des deux groupes ethniques ils souhaitaient appartenir ; les trois ont choisi le grec. Maronites, Arméniens et Latins ont le droit d'élire un représentant au Parlement. Ce représentant n'a pas le droit à la parole, si ce n'est en commission ou lorsqu'il y est invité.
1. Les Maronites
Les Maronites ont débarqué à Chypre aux VIIème et VIIIème siècles. Dans le passé, ils formaient une part importante de la population de l'île, comptant jusqu'à soixante villages, avec leur église et leurs institutions. Puis leur nombre a diminué peu à peu, jusqu'à n'atteindre guère plus de cinq mille personnes.
À l'heure actuelle, Chypre ne compte plus que quatre villages maronites, situés dans le nord-ouest et en partie occupés par les Turcs : Kormakiti, Assomatos, Karpasha Ayía et Marina.
Au cours de l'invasion de 1974, la plupart des Maronites, en particulier les jeunes, ont fui leurs villages et se sont installés dans le sud de l'île où ils ont peu à peu refait leur vie. Ne sont restés dans les villages que les plus âgés, à l'exception d'Agia Marina qui a été complètement abandonné. Jusqu'à la division de l'île, ceux qui s'étaient installés dans le sud ont eu la permission de retourner dans leurs villages, les Turcs les considérant comme une communauté à part. Aujourd'hui, le passage est beaucoup plus facile pour tout le monde.
Depuis 1988, Chypre des Maronite est un diocèse appartenant au Patriarcat maronite du Liban. S.E. Mgr Joseph Soueif est l'archevêque maronite actuel de Chypre. Né en 1962, il a été élu archevêque de Chypre des Maronites le 29 octobre 2008, et consacré le 6 décembre suivant. Il a succédé à Mgr Boutros Gemayel.
Les paroisses maronites sont actuellement au nombre de huit : trois dans le nord, trois à Nicosie, une à Larnaca et une à Limassol. Elles sont desservies par cinq prêtres diocésains (quatre Chypriotes et un Libanais) et trois moines Antonins (deux Chypriotes et un Libanais). Ces derniers ont leur monastère à Kotsatis, village situé à environ 15 km de Nicosie où vivent de nombreux Maronites ; ils ont aussi la charge de la paroisse locale. Trois moniales Antonines libanaises sont au service de l'archevêque. Elles vivent dans un couvent qui vient d'être construit.
A Chypre, la liturgie maronite est célébrée en arabe et en araméen, mais aujourd'hui de nombreuses parties sont traduites en grec.
2. Les Arméniens orthodoxes
Les Arméniens ont vécu à Chypre pendant des siècles. Ceux qui y vivent actuellement sont venus de l'Arménie et de la Turquie après le génocide de 1915-1923. Ils sont environ deux mille et vivent principalement à Nicosie, Larnaca et Limassol.
Avec l'occupation turque de l'île, ils ont perdu à Nicosie l'église, le couvent, l'école et les maisons situées derrière l'église de la Sainte-Croix. Ils avaient aussi un monastère sur les pentes de la montagne Pentadattilo, dans le nord de l'archipel du même nom. Il y a deux ans environ, les Turcs ont voulu en faire un hôtel ou un établissement du même genre. Il a fallu de nombreuses protestations et jusqu'à l'intervention du Saint-Siège pour que les travaux soient suspendus.
Actuellement, les Arméniens orthodoxes possèdent trois églises et trois écoles à Nicosie. Depuis 1997, un évêque arménien vit à Nicosie : Mgr Varoujan Hergelian, vicaire du Catholicossat de Chypre pour la Cilicie, avec siège à Beyrouth. Avant lui, un prêtre était le vicaire général.
À Nicosie, les Arméniens possédaient l'école Melkonian, célèbre non seulement à Chypre et au Moyen-Orient, mais aussi aux Etats-Unis. Cet établissement, financé par les deux frères Melkonian, a été construit en 1924-1926. En 2005, l'UGAB (Union Générale Arménienne de Bienfaisance), dont dépend l'école, a décidé de la fermer, vraisemblablement pour estimer le terrain qui, se trouvant au centre de Nicosie, a une très grande valeur. En presque quatre-vingt ans, plus de 1500 jeunes Arméniens ont été diplômés de l'école Melkonian.
Le représentant des Arméniens au Parlement est M. Vartkes Mahdessian, Chypriote arménien.
3. Les Latins
Les catholiques latins ont une longue histoire à Chypre. Elle commence avec l'occupation de l'île par les Templiers à la fin du Xe siècle, se poursuit avec l'établissement du Royaume de Lusignan (1191-1489) puis la domination vénitienne (à partir de 1489). La présence latine se termine brutalement avec l'invasion ottomane de l'île en 1571. Les Turcs n'autorisèrent à rester sur l'île que les orthodoxes et les maronites. Par conséquent, tous les religieux et religieuses latins furent forcés d'abandonner leurs monastères et leurs églises, qui furent soit convertis en mosquées, soit occupés par les orthodoxes. De nombreux fidèles latins quittèrent l'île. Parmi ceux qui restèrent, beaucoup devinrent orthodoxes et même musulmans, en raison des pressions et difficultés en tous genres.
En 1593, les Franciscains de Terre Sainte obtinrent du sultan d'Istanbul le droit de retourner à Chypre. Ils s'installèrent dans l'île après le passage de saint François, lorsque celui-ci alla rencontrer le sultan d'Egypte (1219). La tradition veut que le saint ait laissé deux ou trois frères sur l'île. Ce qui est certain, c'est que les Franciscains vivaient à Chypre à la fin du XIIIe siècle. Pendant des siècles, Chypre a été pour les Frères de la Custodie de Terre Sainte un lieu de refuge.
Les Latins natifs de Chypre sont peu, et leur nombre est en baisse continuelle, principalement en raison des mariages mixtes. Mais vers la fin du XXe siècle, l'Église latine, a été enrichie de nouveaux fidèles en provenance de l'Asie : Philippins, Sri lankais, Indiens, etc. Il s'agit surtout de femmes, qui travaillent dans les familles chypriotes, auprès des ambassades ou à l'ONU. S'y ajoutent de nombreux étudiants en provenance d'Asie, et plus récemment d'Afrique, en particulier du Nigeria et du Cameroun.
Le tourisme, surtout européen et moyen-oriental, est en plein essor dans île. Naturellement, les établissements et sites touristiques se trouvent le long de la côte sud. Les paroisses de Limassol, Paphos et Larnaca sont directement concernées par le phénomène. Chypre reçoit entre 2.5 et 3 millions de touristes chaque année.
Il est difficile de déterminer le nombre exact des fidèles latins de Chypre. Essayons de donner ici quelques chiffres :
1. Les Chypriotes autochtones latins sont au nombre de 350, semble-t-il.
2. D'après les listes électorales, les Latins pouvant voter sont au nombre de 600. Il y a donc des Chypriotes autochtones qui ont acquis la citoyenneté du pays. Selon les calculs officiels, aux 600 électeurs latins, il faut ajouter au moins 300 ou 400 membres de leur famille. On atteint le chiffre d'un millier de personnes environ.
3. A cela il faut ajouter un groupe important – sans doute 2000 personnes – de techniciens, professeurs et hommes d'affaires occidentaux installés à Chypre pour quelques années.
4. Beaucoup de retraités, en provenance de Grande-Bretagne généralement, vivent en permanence à Chypre. Ils sont installés principalement le long de la côte à Paphos, Limassol, Larnaca, mais aussi dans le nord, à Kyrenia. La majorité appartient à la Communion anglicane, mais il y a aussi beaucoup de catholiques parmi eux. Il est difficile de proposer un chiffre.
5. Il y a enfin les travailleurs étrangers. Ceux-ci viennent principalement des Philippines, du Sri Lanka et de l'Inde. Les Philippins, au nombre de 7000 environ, sont presque tous catholiques. Les Sri lankais sont généralement bouddhistes, mais Chypre étant un pays chrétien, de nombreux catholiques arrivent de cette autre île. Ils sont environ 1500. La communauté catholique indienne n'est pas très grande : peut-être 200 ou 300 personnes. Ceux-ci viennent principalement du sud de l'Inde, région où les catholiques sont nombreux. Le nombre de clandestins ne peut être évalué. Dernièrement, de nombreux Africains en provenance du Cameroun, du Nigeria et du Congo ont commencé à arriver à Chypre. Beaucoup d'entre eux sont catholiques, mais il n'est pas encore possible de savoir leur nombre exact. En conclusion, on peut dire que le nombre de travailleurs étrangers catholiques est de 9000 ou 10000 personnes, peut-être plus.
La communauté latine dispose d'un représentant au Parlement. De 1960 à 1976, il s'agissait de John Pietroni ; de 1976 à 1991, de Félix de Cirilli Nores ; depuis 1991, c'est Benito Mantovani.
Fra Umberto Barato, o.f.m.
Vicaire patriarcal à Chypre
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DIFFÉRENTS POINTS DE VUE SUR LA VISITE DU PAPE



Les minorités chrétiennes à Chypre - Jérusalem et religions


Chypre fait partie du diocèse du Patriarcat Latin de Jérusalem. Le pape Benoît XVI se rendra à Chypre du 4 au 6 juin dans la perspective du synode des ...
Les maronites de Chypre mettent tous leurs espoirs dans la visite ...
nouvelobs.com
KORMAKITIS, Chypre (AP) — Au café de Kormakitis, village maronite sur la côte nord de Chypre, les derniers membres d'une communauté en voie d'extinction ...


Chypre : Pour l'ambassadeur près le Saint-Siège, le voyage du pape ...
ZENIT.org
ROME, Mardi 1er juin 2010 (ZENIT.org) - Pour l'ambassadeur de 
Chypre près le Saint-Siège, M. Georgios F. Poulides, la visite de Benoît XVI les 4-6 juin 2010 ...



Chypre : un entretien avec le métropolite de Kykkos
Orthodoxie.com (Blog)
En outre, pour lui, le primat de l'Eglise de 
Chypre ne doit pas exclure du Synode des hiérarques qui seront absents lors de l'accueil du pape, ...

Le Salon Beige - blog d'actualité par des laïcs catholiques: Le ...
par Michel Janva 
"Le primat de l'Eglise orthodoxe de 
Chypre, l'archevêque Chrysostome II de Néa Justiniana (siège à Nicosie), a mis en garde, le 25 mai dernier, les membres du clergé chypriote opposés à la visite du pape de Rome Benoît XVI, ...

Mgr Soueif, archevêque de Chypre des Maronites, accueillera le Pape
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L'écrasante majorité des chrétiens de 
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Orthodoxie: "Les enjeux du voyage de Benoit XVI à Chypre"
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A la rencontre des paroisses de Chypre (2) : Limassol, Larnaca et ...
Le web site officiel du Patriarcat Latin de Jérusalem: news, homélies, discours, photos.

Les patriarches Sfeir et Delly nommés présidents délégués du ...
L'Orient-Le Jour
Les voici : - l'archevêque de 
Chypre des maronites (Chypre) Joseph Soueif, secrétaire spécial. ce sera l'occasion de remettre aux chrétiens du Moyen-Orient ...

Visite de Monseigneur Ephrem à Chypre et en Grèce « Paroisse ...
par La Rédaction 
Le site de l'Archidiocèse de Tripoli, Koura et dépendances relate la visite accomplie par Son Éminence le Métropolite Ephrem (Kyriakos) à 
Chypre le 20 avril pour vénérer les reliques du Saint et Juste Lazare, l'ami du Christ ainsi que .

La religion à Chypre « Infochypre.com
par admin 
L'Église orthodoxe de 
Chypre est une juridiction autocéphale de l'Église orthodoxe depuis 431. Le primat de l'Église porte le titre d'Archevêque de la Nouvelle Justinienne et de tout Chypre. Actuellement : Sa Béatitude Chrysostome II ...




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Entretien avec Mgr Athanase Métropolite de Limassol sur la visite de Benoît XVI à Chypre





La plupart des gens savent que le célèbre Père Maximos du livre de Kyriacos C. Markides La Montagne du Silence: À la recherche de la spiritualité orthodoxe  est le Métropolite de Limassol, Athanase. Il était moine du mont Athos, où il a eu l'occasion de passer beaucoup de temps avec  de saints hommes comme les anciens Paisios, Ephraïm de Katounakia et d'autres. Il était, au moment de l'écriture du livre, l’higoumène du monastère de la Panagia Machera. Depuis, il a été consacré Métropolite de Limassol.


par Drousiotou Solomonidou Antigone 

Le Métropolite Athanase de Limassol s'est désolidarisé de la position officielle de l'Eglise de Chypre concernant la visite du Pape Benoît à Chypre. Il affirme clairement son opposition, au motif que le papisme est une hérésie et que la visite du Pontife de l'Église catholique scandalisera les âmes des chrétiens pieux innocents. Dans le même temps, il souligne que ne doivent être commis aucune inconvenance, aucune grossièreté, aucun mauvais comportement. Il a cependant précisé qu'il ne voulait pas assister à l'événement. 

Pourquoi la prochaine visite du Pape Benoît XVI à l'île scandalise l'Église et son troupeau? 

Je pense que la visite du pape à Chypre va causer plusieurs problèmes dans la conscience de beaucoup de chrétiens pieux. Il aurait été préférable pour lui de ne pas venir parce que je crois que nous n’en aurons aucun bénéfice, en cela que je n'ai pas encore vu la moindre intervention positive de la part du Vatican au sujet de nos problèmes nationaux. Il a déjà suscité une grande inquiétude dont nous n'avons pas besoin en ce moment. 

Sommes-nous en danger de quelque chose? 

Je ne dis pas que nous sommes mis en danger par la venue du Pape ; nous ne trahirons pas notre foi et l'Eglise orthodoxe ne s’effondrera nullement. Simplement cela créera une bonne affaire pour les différents groupes Vieux-Calendaristes qui nous accusent d'être soumis, de nous être retranchés des principes de la foi orthodoxe et d’avoir créé de nombreux problèmes à beaucoup de gens. Bien sûr, le pape a été invité par le Président de la République et l'archevêque a donné son consentement. 

De quoi avez-vous discuté au Saint-Synode? 

Lors du dernier Saint-Synode s’est posée la question de savoir si nous devrions ou non être présents lors des événements avec le Pape. J'ai refusé d'y assister et j’ai dit que jusque là nous n’étions pas au courant de cela. Nous avons en effet appris la nouvelle de la venue du pape dans les journaux. 

Avez-vous l'habitude d'apprendre les nouvelles de la presse? 

L'archevêque de Chypre a accru ses prérogatives et nous ne voulons certainement pas le faire descendre à notre propre niveau. Nous nous réservons cependant un droit personnel, celui de dire que nous ne savions pas que le pape devait venir et que, s'il nous l’avait demandé, j'aurais personnellement exprimé mon opposition, au motif que cela pourrait créer un scandale dans l'esprit des pieux chrétiens orthodoxes  innocents, ce que nous voyons maintenant se produire. 

Ne faudrait-il pas qu’il y ait de communication entre les Eglises? Après tout, nous vivons au 21e siècle et nous appartenons à l'Union européenne. 

Nous pouvons organiser un dialogue avec n’importe qui, et encore plus avec les hétérodoxes et les personnes d'autres religions. C'est une chose d'avoir un dialogue et une autre de recevoir le pape comme un évêque canonique, qui, pour nous orthodoxes est un hérétique, éloigné de l'Eglise, et donc même pas un évêque. 

Est-ce à cause du schisme? 

Il s’est séparé de l'Église depuis dix siècles maintenant, il n'est pas un évêque canonique et n'a aucun rapport avec la réalité de l'Église une, sainte, catholique et apostolique Églisedu Christ. C'est une chose de le recevoir comme évêque canonique et une autre chose que de parler avec lui en tant qu’hétérodoxe afin de lui révéler la vérité de la Foi orthodoxe et la Tradition. 

Le patriarche œcuménique a rencontré le pape et commencé un dialogue entre les Eglises. 

Comme je l'ai dit, le dialogue n'est pas en soi une mauvaise chose quand il a lieu avec les présupposés corrects, mais il est faux de dire à ces gens que nous les reconnaissons comme une Église, que nous reconnaissons le pape en tant qu'évêque, qu’il est notre frère en Christ dans le sacerdoce et dans la foi. Je ne peux pas accepter cela parce que c'est un mensonge, puisque tous les saints Pères enseignent exactement le contraire. Le Papisme est une hérésie et la source de plusieurs autres hérésies qui, aujourd'hui, agitent le monde entier. Saint Justin Popovitch, un contemporain Saint, a dit qu'il y avait trois tragiques tombe dans l'histoire de la race humaine: celle de la première a créé Adam, celle du disciple du Christ Judas, et du pape, qui en tant que premier évêque de l'Église, par défaut de la foi des Apôtres, se détacha de l'Eglise canonique et traîné des multitudes de gens avec lui depuis lors. 


Que dit le Pape sur les Orthodoxes ? 


Le Pape dit que nous sommes une Eglise incomplète. 



Dieu est un


Oui, Dieu est un et Son Eglise est une. C'est pourquoi nous disons dans le Symbole de la Foi "en l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique". Cette unique Église est l'Église orthodoxe, il n'ya pas plusieurs Églises. 

N'est-ce pas de la vaine gloire que de penser que nous sommes l'Église? 

Cela n'est pas cela. Lorsque, par exemple, vous dites que les Italiens ne sont pas des Grecs, ce qui est la vérité, vous n'êtes pas en train de les offenser. 

Pourquoi est-ce que l'Église est la nôtre et non celle du pape? 

Parce que l'Église orthodoxe conserve la foi apostolique et l'expérience des prophètes inchangée jusqu’à ce jour. Les papistes, malheureusement, après avoir s'être séparés de l'Église, ont inclus de nombreux dogmes hérétiques dans leurs croyances; ils ont changé le symbole de foi et surtout, ils ont élevé le pape à la position du seul et unique représentant de Dieu sur la terre. 
Ils disent que le pape est infaillible, et que quiconque n’est pas en communion avec le Pape n’est pas en communion avec Dieu. Ils ont officiellement déclaré ces enseignements dans leurs synodes. 
Lorsque vous avez ajouté des choses au Symbole de la Foi, qui n'y ont pas été écrites par les saints Pères, ainsi que de nombreux autres mensonges, cela constitue une hérésie. Telle est la réalité. 

Quelle est la position de l'Église orthodoxe face à des hérétiques? 

Avec beaucoup d'amour. Nous aimons le Pape, nous aimons les papistes comme on aime tous les hommes, nous ne les méprise pas, nous ne sommes pas les rejeter comme personnes, mais nous n'acceptons pas leur hérésie, nous n'acceptons pas les mensonges, nous n'acceptons pas les déceptions. Parce que nous les aimons, nous devons leur dire la vérité. 

Bien sûr, chacun a sa propre vérité. 

C'est pourquoi nous avons un dialogue de sorte qu'il soit prouvé, par des preuves historiques des sources, que l'Église orthodoxe a conservé la foi apostolique et l'expérience apostolique des saints. 

Croyez-vous que ce dialogue sera couronné de succès? 

Il pourrait, s'il était fait correctement et avait eu lieu avec des présupposés corrects. Mais, malheureusement, tel qu'il est aujourd'hui, il ne porte pas de fruit. C'est la raison pour laquelle il dure depuis de nombreuses années sans que rien n'ait été atteint. 

Est-ce chacun  ne parlent pas que pour soi-même? 

On doit parler, équipé de l'Ecriture Sainte, avec humilité et amour, visant à prouver la vérité du Christ. Alors tout peut arriver facilement. 

Le dialogue n'a-t-il pas lieu avec une humilité et d'amour? 

Je ne sais pas. Je ne participe pas à ces dialogues, mais je n'ai pas vu de résultats concrets découlant de leurs conclusions. Tout simplement, ce n'est pas parce que je suis en désaccord, que cela signifie que je suis indisicipliné et à l'extérieur de l'Église. 

Il ya un mouvement qui écrit des livres contre le pape et se prépare protestations. 

Je ne suis pas d'accord avec tout cela. Aucune inconvenance ne doit avoir lieu, aucune grossièreté, aucune inconduite. Mais c'est une chose est d'exprimer notre opinion, hélas, nous vivons dans une démocratie, et une autre de mal se conduire. J'ai clairement et publiquement exprimé mon opposition à la visite du pape et déclaré de toute mon âme que le pape est un hérétique, il n'est pas un évêque, il n'est pas un chrétien orthodoxe, ces choses sont déclarées par les Pères de l'Église.

Si je me trompe, je suis prêt à la censure, mais cela doit être fait sur la base des saints Pères, et non sur la base de la mondialisation. Cela ne signifie pas que, parce que je suis en désaccord, que je suis dans l'indiscipline  et ne fait pas partie de l'Eglise. 

Ne pensez vous pas que vos déclarations seront s'enflamment plus scandale dans l'esprit de ceux qui sont déjà scandalisé? 

Nous disons ce que nous avons à dire en toute honnêteté et responsabilité, nous n’allumons pas d’incendie, je ne veux pas être présenté comme approuvant et acceptant en toute conscience la présence du Pape à Chypre. Lors de la réunion du Saint-Synode l'archevêque lui-même a traité nos objections d'une manière très démocratique. 


Avez-vous d'accord avec visite de l'archevêque au Vatican? 

Cela  ne nous a pas été demandé et il n'était pas obligé de nous le demander. Nous avons découvert des comptes-rendus dans les journaux. 

Quel fut le résultat de sa visite au Vatican? 

Je ne sais pas. 

Ne vous a-t-il pas informé ? 

Il l'a fait, mais personnellement je n'ai pas montré beaucoup d'intérêt. Le pape parle toujours d'une manière formelle, comme cela va se passer maintenant, quand il va venir à Chypre, mais il ne fera rien de substantiel, parce qu'il n'est pas un chef de file de l'Eglise, mais une personne politique.Il ne peut entrer en conflit avec l'establishment politique et du système. 

Quand le pape a-t-il défendu l'Église orthodoxe? Nous avons été sous occupation tant de fois, quand nous a-t-il défendus ? Sans oublier que notre situation a été très mauvaise pendant l'occupation franque, à cause des différents papes et de leurs décrets, par lesquels ils voulaient nous faire disparaître. Ce soir, nous avons commémoré les 13 martyrs de Kantara, qui ont été assassinés sous les ordres du Vatican. 

Nous avons vécu 400 ans d'occupation franque difficile. Cela a été pire que la domination turque. Mais je ne veux pas revenir sur ces choses, je présente aujourd'hui des objections fondées sur des raisons purement théologiques. Quand nous sommes devenus Évêques, ordonnés, nous avons fait le serment de préserver la foi orthodoxe. 

Est-ce que les prêtres qui accueilleront le pape ne conservent pas la foi orthodoxe? 

Saint Paul dit que celui qui ne consomme pas de viande sacrificielle ne doit pas critiquer ceux qui le font. Je ne condamne pas ceux qui seront présents, mais je ne veux pas être condamné pour ne pas participer. 

Une encyclique a été lue à l'église dimanche dernier délivré par le Saint-Synode dans lesquelles les évêques, qui participeront, ont été nommés, un par un, et cela a fait une impression sur les gens. 

Nous avions tous décidé de publier une encyclique aux gens pour qu'ils restent unis dans l'Eglise, et qu'ils ne se laissent pas influencer par les Vieux-calendaristes qui veulent les séparer de l'Eglise canonique. Ce qui n'a pas été précisé dans l'encyclique, cependant, c'est que nous n'avons pas tous  été informés de l'invitation faite au pape et que nous n'avons pas tous donné notre agrément. 


Pourquoi pensez-vous que le pape est en visite à Chypre? 

Comme vous le savez, les papistes traversent une grave crise avec tous les scandales qui ont éclaté contre l'Église catholique. 

En ce qui concerne la pédophilie? 

Je ne veux pas parler de cela, mais la presse publie des choses inquiétantes tous les jours. Je ne condamne pas, mais le pape lui-même se considère comme le premier et seul Vicaire du Christ sur la terre et c'est la raison pour laquelle il fait ces voyages. 

Il a mentionné qu'il voulait faire un pèlerinage pour suivre les pas de Saint Paul. 

Sauf que Saint Paul ne se trouvait pas dans une voiture blindée valant 500.000 euros. J'ai lu que le gouvernement chypriote a acheté cette voiture juste pour sa visite de deux jours. Personnellement, j'ai été assez scandalisé par ces nouvelles et je l'ai dit : une voiture blindée ne convient pas à un Vicaire du Christ, et le peuple ne devrait pas porter le fardeau d'un tel coût au vu de la crise économique actuelle. 

Les représentants du Pape ont annoncé qu'il vient à Chypre pour promouvoir les principes humanitaires et les valeurs chrétiens et qu'il veut suivre les traces de Saint Paul, ainsi que rencontrer les représentants de l'Eglise orthodoxe dans un esprit de fraternité et de bonnes intentions. 

Nous ne contestons pas sa bonne intention. Je voudrais qu'il soit comme ça et qu'il ressemble à Saint-Paul et se familiarise avec les trésors de l'Eglise orthodoxe. Nous souhaitons, qu'il revienne à l'Eglise orthodoxe et devienne un évêque orthodoxe à nouveau comme il l'était avant le schisme. C'est la seule réunion qui convient.

Que pensez-vous qui se cache derrière cette visite? 

Le Vatican ne fait rien au hasard ni n'entreprend des déplacements sans intentions. Tous ses voyages ont pour but de le présenter comme un leader du monde chrétien. Alors qu'il n'est ni un évêque canonique, ni orthodoxe, et, par conséquent, il n'est pas en mesure de vouloir se présenter comme le premier évêque. 

Pensez-vous qu'il pourrait y avoir des intérêts politiques derrière tout cela? 

Je ne sais pas, mais je crois que nous n'allons pas tirer un avantage politique de cette visite, seuls des coûts incroyables et une grande confusion dans les consciences des fidèles. 

L'archevêque a déclaré que ceux qui s'opposent à la visite sortent eux-mêmes de l'Eglise. 

Je ne connais pas les déclarations de Son Eminence, mais je ne pense pas que quiconque est en désaccord avec l'arrivée du Pape se place lui-même en dehors de l'Eglise. Je suis en désaccord et je le dis délibérément, et je ne suis pas en dehors de l'Eglise. 

Attendez! 

L'Église, l'archevêque lui-même le souligne, est une institution démocratique. C'est une chose que d'exprimer nos objections d'une façon polie et une autre chose de mal se conduire. L'archevêque connaît ses limites très bien. 

Le Saint-Synode accepte-t-il un point de vue différent? 

L'archevêque est un homme démocratique et qui respecte nos points de vue. Il s'occupe de nous avec beaucoup d'amour. [...]

Quel est le but de votre vie? 

D'être sauvé, d'être avec Dieu, d'aimer Dieu et nos frères. [...]
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CHYPRE, une île aux frontières de l'héllenisme et de l'Orient - CHRONOLOGIE



extrait du site de CLIO


« Morceau isolé du Taurus surgi de la mer » selon la belle formule de Paul Morand, Chypre est par sa superficie la troisième île de Méditerranée, après la Sicile et la Sardaigne. Étendue sur 9 250 km2, l’île se trouve à 65 km des côtes turques de Cilicie et à 85 km de celles de Syrie. Avec des côtes longues de 648 km, Chypre présente une forme irrégulière et s’étend d’oust en est sur environ 225 km, du cap Arnauati au cap Andreas. Sa largeur maximale, du cap Gata au sud au cap Kormakiti au nord, est d’environ 97 km. Deux grands massifs montagneux allongés d’ouest en est encadrent la plaine centrale de la Messorée qui constitue le grenier de l’île. La chaîne méridionale est la plus élevée et atteint 1 920 m d’altitude au mont Olympe. Le climat méditerranéen constitue, par sa douceur, un atout précieux mais l’agriculture dépend de la régularité des précipitations. Dans l’ensemble, l’île dispose de sérieux atouts naturels, notamment à cause des richesses de son sous-sol qui fait de cette terre l’une des premières régions productrices de cuivre dès les débuts de la métallurgie. Située à proximité de l’Asie mineure, de la Syrie et même de l’Égypte, proche de la Crète et des archipels égéens, Chypre a disposé dès l’Antiquité d’une situation « géostratégique » privilégiée et les empires qui s’affrontèrent en ces régions cherchèrent toujours à en prendre le contrôle, la lutte opposant Ptolémées et Séleucides apparaissant sur ce point particulièrement révélatrice. Plus tard, quand viendra l’expansion musulmane, elle sera un avant-poste byzantin puis, une fois devenue latine, la base arrière des États francs de Terre sainte. Plongée pour trois siècles dans la nuit ottomane, elle retrouve tout son intérêt dans le jeu des grandes puissances du XIXe siècle, à proximité de Suez et de « l’homme malade » ottoman, mais l’Angleterre – qui en fit l’un des points d’appui de sa grande politique méditerranéenne – devra finalement l’abandonner quand viendra le temps de la décolonisation. L’existence sur l’île de deux communautés, grecque (majoritaire à 78 %) et turque, a compliqué, depuis l’indépendance, la vie de ce petit pays transformé en enjeu et en symbole par la Grèce et la Turquie, pourtant alliées au sein du camp atlantique. L’adhésion à l’Europe permettra peut-être de surmonter la crise ouverte en 1974, lors de l’invasion turque du nord de l’île mais la réaction de la majorité grecque au référendum organisé à propos de la réunification et les réticences manifestées en Europe face au processus d’adhésion turque à l’Union laissent planer encore de lourdes incertitudes.

Aucun site paléolithique ou mésolithique n’a encore été découvert à Chypre et les plus anciens vestiges révélés par l’archéologie remontent au Néolithique précéramique. Cette culture est surtout connue à partir d’un village de maisons de pierre rondes identifié à Khirokitia et daté par le C14 de -5700 avant J.-C.. Les habitants y vivaient de l’agriculture et de la chasse et ont laissé de curieuses figurines d’andésite qui constituent les plus anciens témoignages de sculpture chypriote. Cette phase du Néolithique ancien se termine brusquement et la première période suivante bien identifiée correspond vers -3500 au Néolithique récent, caractérisé par des poteries peintes trouvées également à Khirokitia mais aussi à Sotira et Kalavassos.


  • IVe millénaire avant J.-C. : Apparition d’une culture chalcolithique sur le site d’Erimi proche de Limassol. [...]
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